La Corée marginée

Corée marginée sur feuille de rhumex.

Physique ingrat et mauvaise réputation pour la Corée marginée. Mais, en dehors de l’oseille et la rhubarbe, le potager ne craint pas grand chose.

Corée marginée sur feuille de rhumex.

Taille maxi : 16 mm. Visible toute l’année.

Elle est ici sur une feuille de rumex. Son péché mignon. Mieux vaut ainsi voir la Corée marginée (Coreus marginatus) sur l’oseille sauvage que sur celle du jardin.  D’autant qu’elle ne tarderait pas à trouver une autre de ses gourmandises : la rhubarbe ! Cela dit, les dégâts seront négligeables si la piqueuse-suceuse vient en solitaire ou en petit nombre. 

En cas d’invasion, la collecte est assez facile tant la grande punaise brune est peu farouche. Il suffit alors de l’inviter à aller voir ailleurs. Au bord des chemins ou sur les prairies humides alentour.

La Corée marginée ressemble un peu à la Punaise des noisettes rencontrée voilà quelques jours sur un pommier du jardin. Elle est cependant plus foncée et la pointe de ses antennes orangées est noire. Mais c’est surtout son abdomen qui retient l’attention. Plat, largement débordant, il forme une marge ovale et festonnée sur les côtés des élytres et de la pointe des ailes. D’où son nom.

Corée marginée au bord d'une haie.

L’extrémité noire des antennes orangées est ici bien visible. À noter également le pronotum élargi et pointu vers l’avant.

Une silhouette allongée, très contrastée entre les « épaulettes » pointues du pronotum et le large ovale débordant de l’abdomen.

Ce sont les adultes qui hivernent. Sous la litière de feuilles mortes. L’accouplement a lieu « en opposition », sitôt le « réveil » mi avril. La femelle pond alors sur ou à proximité des rumex surtout. Et l’éclosion a lieu en juin.

Accouplement « en opposition » aussi pour ces deux Punaises des noisettes. Avec une silhouette plus fine, une livrée claire, un pronotum également pointu mais un débordement abdominal nettement plus discret.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Corée marginée avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

Éristale tenace ou opiniâtre ?

Éristale opiniâtre sur inflorescence de crépis.

Éristale tenace ou opiniâtre ? Les deux sont d’excellents butineurs. De gros syrphes presque jumeaux. À la pointe des pattes près !

Taille maxi : 16 mm. Visible de mars à décembre.

Ils se ressemblent tant ! Éristale tenace ou Éristale opiniâtre ? Leurs noms eux-mêmes prêtent à confusion. Voilà malgré tout comment les distinguer…

D’abord ce qui rassemble ces deux gross syrphes. Le thorax velu brun roux, l’abdomen conique noir orné de deux taches triangulaires jaune orangé.

Outre une massive silhouette, leur comportement est très comparables. Vol bruyant, aisément stationnaire, ils ne sont guère farouches. Et si vous les dérangez pendant leur bain de soleil, leur toilette ou leur long butinage, ils s’éloignent pour… revenir exactement au même endroit. Obstinément. Tenace et opiniâtre !

Alors comment les distinguer ? L’Éristale opiniâtre a les tarses des pattes avant jaune orangé quant l’Éristale tenace les brun foncé. Le second présente une face claire. Celle du premier est plutôt sombre.

Comme tous les membres de la famille Éristale, leurs larves – les fameux vers à queue de rat ! – apprécient les eaux chargées en matières organiques en décomposition. De véritables petites stations d’épuration !

Mi mars. En pause sur la Moutarde blanche. L’occasion d’examiner le distinguo. Face sombre et tarses avant orangés pour l’Éristale opiniâtre…

… face blanchâtre barrée de noire et tarse avant sombre pour l’Éristale tenace. Autre caractéristique ici bien visible : de solides tibias arrière arqués.

Début février. Encore frisquet mais un ciel si lumineux ! Temps idéal pour les premières sorties de l’Éristale tenace.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Éristale tenace avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

L’Osmie rousse commune

Osmie rousse commune sur fleur de pommier.

Voilà quelques semaines déjà qu’inlassablement l’Osmie rousse commune passe et repasse sur les fleurs blanches des haies et des arbres fruitiers du jardin.

Elle est moins flamboyante que sa cousine l’Osmie cornue (Osmia cornuta) dont l’abdomen rouge-brique tranche sur un thorax d’un noir bien franc. Egalement plus petite (surtout le mâle qui frise tout juste le centimètre), l’Osmie rousse commune (Osmia bicornis) n’en est pas moins tout aussi hyperactive au jardin. 

Hélas, les pétales blancs des prunelliers puis des pruniers viennent de partir au vent. Heureusement, en attendant l’aubépine et le cornouiller sanguin des haies, vivent les pommiers ! 

Le gel du début avril n’en a pas eu raison. Des milliers de fleurs blanches nuancées de rose. De quoi donner le tournis à l’Osmie rousse commune. Elle ne tient pas en place.  À peine posée, aussitôt repartie. Comme si elle avait peur de manquer ! 

Sa robe toute en nuances mêle brun et fauve au thorax. Puis, rythmé de bandes de fourrures jaune-orangé sur les premiers segments, l’abdomen s’achève sur une sobre plage noire. Sans oublier la lumineuse brosse ventrale orangée, indispensable à la collecte du pollen.

Sources : 

Osmie rousse commune sur fleur de pommier.

Madame Osmie cornue sur fleur de romarin.

L’Osmie cornue (Osmia cornata) est un peu plus grande. Elle présente surtout une livrée très tranchée : tête et thorax noirs, abdomen d’un lumineux rouge brique. Les femelles des deux espèces présent, comme ici, deux petites cornes faciales. Les mâles en sont dépourvus et arborent plutôt un toupet blanchâtre au front.