L’Herbe au charpentier

Encore une sauvageonne bienvenue pour les butineurs. Et qu’importe si la corole de la Bugle rampante, alias l’Herbe au charpentier, semble tronquée…

En ce début de printemps, elle voisine avec le Gléchome lierre terrestre au bord des chemins. La Bugle rampante (Ajuga reptans), alias l’Herbe au charpentier, lui ressemble d’ailleurs un peu dans son allure et son comportement de couvre-sol. Toutefois, en épis mauves ponctués de bractées empourprées, les fleurs sont assez différentes.

Contrairement à celles de la Bugle rampante, les fleurs du Gléchome lierre terrestre présentent deux lèvres superposées : la piste d’atterrissage des butineurs, également trilobées, et un auvent plus court, auquel sont soudées les étamines, au dessus de l’entrée du calice.

À bien y regarder, il y manque en effet quelque chose. Pas de lèvre supérieure ! Du moins est-elle à peine esquissée, comme atrofiée. La corole se résume dès lors à une lèvre unique, fortement trilobée, veinée de violet. Mais pas le moindre auvent pour protéger style et étamines, à l’entrée du calice. Les butineurs n’en trouvent pas moins le chemin du nectar. Sans encombre.

Réputée comestible, la Bugle rampante reste cependant plutôt insipide tant crue que cuite. La belle sauvageonne compte surtout au nombre des médicinales. Sa principale vertu lui vaut d’être dédiée « au charpentier » dont elle est censée cicatriser les plaies.

Les petites corolles mauves de la Bugle rampante semblent incomplètes, comme si on en avait coupé la lèvre supérieure. Une exception dans la famille des Labiacées qui comptent habituellement deux lèvres superposées.

Deux lèvres ou pas, le Grand bombyle ne se pose pas de question : en vol stationnaire, les pattes à peine posées sur la « piste d’atterrissage », le nectar, c’est droit devant !

Même les papillons dits de nuits sont au rendez-vous. Ici Madame Phalène picotée.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

 

 

Le Cresson des prés

Aurore sur Cardamine, alias Cresson des prés.

C’est la pleine saison de la Cardamine, alias le Cresson des prés. Très appréciée des butineurs, elle relève également salades et crudités.

Grand bombyle sur Cardamine, alias Cresson des prés.Elle partage avec sa cousine la Cardamine hérissée, les sobriquets de Cressonnette et de Faux-cresson. La Cardamine des prés (Cardamine pratensis), alias encore le Cresson des prés, est actuellement en fleurs sur les prairies humides du marais.

En touffes légères, elle forme çà et là d’élégantes colonies prises d’assaut par les premiers butineurs, abeilles sauvages et papillons. À commencer naturellement par la petite Aurore qui lui est inféodée et lui doit son nom latin, Anthocharis cardamines.

Quant aux noms populaires de cette jolie herbacée, ne vous bercez pas trop d’illusions ! Le goût épicé de la Cardamine – dont on ne récolte que les petites rosettes basales – rappelle certes le cresson. Mais il est trop puissant pour en faire un légume à part entière. Voila cependant un bon condiment qui donne du peps aux salades. De la même manière, avec parcimonie, les petites fleurs rose violacé, légèrement veinées, apportent couleurs délicates et saveurs piquantes aux crudités du printemps…

Andrène blonde sur Cardamine, alias Cresson des prés.

Aurore sur Cardamine, alias Cresson des prés.

Cardamine des prés / Un jardin dans le Marais poitevin.

Cressonnette, Cardamine hérissée / Un jardin dans le Marais poitevin.

Comme avec sa cousine, la Cardamine hérissée, la récolte s’effectue au stade de la rosette basale, avant que la hampe florale ne se développe. Et si les fleurs peuvent se consommer, c’est avec parcimonie, compte tenu de leur saveur corsée…

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

 

La Viole rouge

La Viole rouge (Spilostethus pandurus)

La Viole rouge. Joli nom pour une punaise. Le potager n’a pas grand chose à en craindre. Tant qu’elle y vient en touriste. Et en solitaire.

La Viole rouge (Spilostethus pandurus).

Taille maxi : 15 mm. Visible en deux génération avec un pic printanier puis automnal.

Dans la série des punaises rouges et noires du jardin, voici la Viole rouge (Spilostethus pandurus). Impossible à confondre avec sa cousine la Punaise de la Jusquiame. Et plus encore avec le Gendarme. Elle s’en distingue notamment par sa taille respectable. Un bon centimètre et demi. Hors antennes.

Fleurs et plantes sauvages : elle a des goûts très éclectiques. On la rencontre surtout dans les prairies et les haies alentour. Finalement assez rarement au jardin. Elle est ici en touriste. Seule. Et c’est très bien comme ça.

Pourquoi la Viole rouge ?

Peut-être en raison des deux bandes verticales noires, fortement échancrées, qui marquent son corselet. La tache centrale rouge qui en résulte évoque la silhouette de l’instrument de musique.

Peut-être aussi pour le côté baroque de son agencement coloré. Profusion de détails, courbes, contre-courbes : un savant désordre fait de contrastes et d’estompes. Depuis les hémélytres jusqu’à la petite tête pointue.

Mais la Viole rouge sait aussi faire preuve de sobriété. Elle porte une simple tache blanche sur la membrane de ses ailes sombres. Pas si difficile à identifier finalement. Un point, c’est tout.

La Viole rouge (Spilostethus pandurus).

Au nombre des insectes piqueurs suceurs, la Viole rouge est réputée pour ses ravages dans les cultures vivrières d’Asie notamment. Elle n’est ici présente qu’en petit nombre, sans grande conséquence pour le jardin et le verger.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Viole rouge, alias la Punaise à damier, avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza