Le Grémil pourpre bleu

Grémil bleu pourpre et Bourdon des champs.

Une belle et graphique sauvageonne : le Grémil pourpre bleu court et dresse ses lumineuses étoiles au pied des haies. Sur les talus ensoleillés.

Grémil bleu pourpre et Aurore.Quel superbe bleu ! Intense, profond. Puis discrètement violacé au centre. Par petites grappes au pied des haies, les coroles étoilées du Grémil pourpre bleu (Buglossoides purpurocaerulea) ont quelque chose de fascinant pour les butineurs. La promesse de nectar semble aussi grande que l’entrée du calice est étroite !

Grémil bleu pourpre et Tircis.La couleur pourpre évoquée par le nom vernaculaire tient aux fleurs encore en bouton mais aussi au long tube nectarifère à l’arrière de la corole. Quant aux fines feuilles lancéolées, d’un joli vert bien franc, elles concourent à la présence très graphique de cette sauvageonne printanière. Elles étaient jadis récoltées et séchées en vue d’une infusion. D’où l’appellation populaire de « thé d’Europe ».

En fleurs tout le printemps, le Grémil drageonne de toutes parts et finit par constituer un magnifique (mais envahissant) couvre-sol. Il s’acclimate très bien au jardin où il apprécie les expositions ensoleillées. Actuellement, au bord des chemins, il fait bon ménage avec la Stellaire hollostée, le Gléchome lierre terrestre et la Bugle rampante.

Visite tout en délicatesse de la petite Piéride de la moutarde.

Grémil bleu pourpre et Anthophore à pattes plumeuses.

La longue langue de l’Anthophore à pattes plumeuses est parfaite pour aller puiser le nectar au creux du tube nectarifère du Grémil bleu pourpre.

Mais gare à la Mélecte commune, abeille-coucou de l’Anthophore à pattes plumeuses, qui, sans surprise, rôde au long du même talus fleuri !

Monsieur Eucère sp. et ses très longues antennes.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • Le Grémil pourpre bleu avec le site flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza 

 

Les amours de la Charpentière

Abeilles charpentières in copula.

Dans le mirabellier en fleurs, l’heureux élu de l’Abeille charpentière se déclare sans ambages. Quitte à commencer de façon acrobatique…

Abeilles charpentières in copula.L’amour ne tient parfois qu’à un fil… En l’occurence, le long style verdâtre d’une fleur de mirabellier ! Madame Abeille charpentière (Xylocopa violacea) y accroche ses mandibules. Le temps de se décider.

Car ce n’est pas le premier mâle qui tente là sa chance. Vite éconduits. Cette fois, ce pourrait être le bon. Oui mais, comment faire, dans cette improbable position ? Le tandem s’envole bientôt. Toujours accolés, Monsieur et Madame ne vont pas très loin. Le premier bouquet de fleurs venu fait l’affaire. Pourvu qu’il soit possible de s’y agripper confortablement.

Après une étreinte plus expéditive que romantique, le butinage reprend ses droits. C’est que Madame va plus que jamais avoir besoin d’énergie. Creuser un nid dans le bois d’un arbre mort. Y aménager les cellules des futures larves. Les approvisionner en nectar et pollen… Pour un passage de relais prévu en fin d’été. Et la nouvelle génération passera alors l’hiver en dormance. À l’abri de quelque terrier de rongeur abandonné ou d’un tas de bois. Jusqu’en mars-avril.

Abeilles charpentières in copula.

Entièrement noire, avec des reflets bleu violacé sur les ailes relevées pendant le butinage.

En savoir plus :

  • Bellmann 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • La Charpentière avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

La Mallota fusiforme

Mallota fusiforme sur fleur de mirabellier.

Avec son allure de petit bourdon, la Mallota fusiforme se distingue facilement sur le mirabellier en fleurs. Une active butineuse.

Mallota fusiforme sur fleur de mirabellier.

Taille maxi : 14 mm. Visible de mars à mai.

Encore une mouche qui se prend pour un bourdon ! La maligne Mallota fusiforme (Mallota fusiformis) pousse l’illusion jusqu’à multiplier les bandeaux contrastés – jaune, gris, roux – sur son abondante fourrure noire.  Sans oublier un épais toupet entre ses deux gros yeux globuleux noirs.

Comme un petit fuseau rondelet ! La Mallota n’a pas l’envergure de l’imposante Volucelle bourdon. Sa silhouette évoque plus le petit Bourdon des prés que ses lourds cousins, Bourdon des pierres ou Bourdon terrestre !

Outre les longues soies noires de ses tibias, la Mallota fusiforme se distingue par les reflets roux de ses ailes fortement nervurés. On y remarque le zigzag d’une ligne transversale assez sombre. Et, plus discrète, la nervure en V de la famille des éristales.

Inoffensive, la jolie mouche bourdonnante est une active butineuse. Son costume coloré lui donne fière allure. Et semble lui procurer quelque considération dans la bousculade printanière des fruitiers en fleurs.

Mallota fusiforme sur fleur de mirabellier.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.

Photos JF Irastorza