Le Taupin sanguin

Taupin sanguin sur fleur de prunellier.

Tête et thorax noirs, élytres rouge vif : le Taupin sanguin apprécie nectar et pollen. Contrairement à d’autres taupins, ses larves épargnent le potager.

Taupin sanguin.

Taille maxi : 17 mm. Visible de mars à juillet.

Les premières fleurs de prunellier sont d’ordinaire pour les abeilles sauvages et les papillons. Notamment l’Azuré des Nerpruns. Mais, dans la haie voisine du jardin, le Taupin sanguin (Ampedus sanguineus) aura été le plus rapide cette année. À peine écloses et déjà consciencieusement broutées par le petit coléoptère !

Très proche cousin de l’Ampède sanglant (Ampedus sanguinolentus), il lui ressemble beaucoup. Notamment par le rouge vif de ses élytres fortement striés. Le large fuseau noir a cependant ici disparu, réduit à une simple lisière plus ou moins marquée à la suture.

Comme tous les membres de la famille, notamment le Taupin des jardins, ses larves sont tristement célèbres sous le sobriquet de « Fil de fer ». Mais rien à craindre en l’occurrence pour les racines des légumes et pour les pommes de terre ! La progéniture du Taupin sanguin préfère le bois mort et les racines des arbres. 

Mi mai 2021. Dégustation de nectar sur les premières fleurs du Cornouiller sanguin.

À ne pas confondre avec l’Ampède sanglant, reconnaissable à son large fuseau noir dorsal.

Plus terne, le Taupin des jardins est aussi discret que ses larves sont ravageuses au potager. Les « fils de fer » orangés s’en prennent notamment aux jeunes plants de salades et aux pommes de terre !

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, Vincent Albouy et Denis Richard, 2017, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • La famille des Taupins, avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

Les Dents-de-lion en salade !

Jeunes rosettes de pissenlit.

Première récolte au jardin ! Avec une des plantes sauvages printanières les plus savoureuses. Le pissenlit. Alias les Dents-de-lion.

À chacun sa manière d’apprécier le pissenlit ! Pour syrphes, bourdons et abeilles sauvages, c’est déjà l’heure des premiers bains de pollen. Sans oublier la visite des centaines de petits fleurons périphériques, jaune d’or, regorgeant de nectar…Mais quand les pissenlits sont en fleurs, c’est trop tard pour la salade !

Inutile d’attendre donc. Même si, en théorie, nous ne sommes qu’au coeur de l’hiver : la cueillette des fines rosettes des « Dents-de-lion » peut commencer ! 

À chaque saison ses trésors dans les parties enherbées du jardin. Il n’y a qu’à se baisser, un couteau en main, pour préparer le déjeuner. Parée et rincée à grande eau, la récolte s’accommode d’une simple vinaigrette, relevée d’une échalote ciselée et d’une pointe d’ail nouveau. Les premiers brins arrivent justement à disposition !

Évidemment, quelques lardons rissolés et une pincée de piment d’Espelette ne gâtent rien. Avec, suprême gourmandise, un oeuf mollet au milieu.

Cueillir uniquement les petites rosettes. Avant que les boutons floraux ne s’élèvent. Les feuilles deviennent ensuite assez vite dures et amères.

Mouron des oiseaux / Un jardin dans le Marais poitevin.

Pour varier les plaisirs, pourquoi ne pas inviter d’autres plantes sauvages du jardin ? Ajouter aux pissenlits quelques petites feuilles de Mouron des oiseaux et/ou quelques rosettes de Cardamine hérissée par exemple.

Pollen et nectar à volonté pour les premiers butineurs. Dès début mars ici avec l’Halicte de la Scabieuse.

En savoir plus :

JF Irastorza

 

Bienvenue à la Cigogne blanche !

Cigogne blanche, parade nuptiale.

Claquements de bec et contorsions du cou pour de longues parades nuptiales haut perchées !

Le temps des amours, façon Cigogne blanche, à quelques encablures du jardin. Construction du nid et parades nuptiales au programme.

Envergure maxi : 215 cm. Ponte en avril-mai. Naissance un mois après la ponte. Élevage au nid : 2 mois.

Familière du Marais poitevin, la Cigogne blanche apprécie plutôt les paysages ouverts. Particulièrement les vastes prairies humides des marais desséchés. À l’ouest de la Venise verte. L’exception confirmant la règle, c’est pourtant là qu’un couple vient d’élire domicile, dans le marais boisé des Épineaux, entre Magné et La Garette.

La construction du nid va bon train. Au sommet d’un vieil arbre mort décapité par la tempête. Pas besoin d’aller chercher les matériaux très loin. Un récent chantier d’émondage de frênes têtards a laissé une multitude de branchettes à disposition.

La collecte est rapide. Monsieur et Madame ont ainsi tout leur temps pour explorer leur nouveau terrain de chasse. Entre deux parades nuptiales.

Le jeu n’est pas très discret. Avec de longs claquements de becs qui s’entendent loin à la ronde. Et d’étranges contorsions énamourées du cou… Tout cela à proximité d’une piste cyclable rejoignant Coulon. Heureusement, les prairies alentour sont encore gorgées d’eau après les inondations du début février. Impossible de s’approcher. Tant mieux. De quoi préserver quelque temps l’intimité des tourtereaux !

Cigogne blanche, envol.

Prière de ne pas déranger. Mieux vaut observer l’installation du couple depuis le chemin avec une bonne paire de jumelles…

Si la Cigogne blanche préfère d’ordinaire les horizons plus amples pour nicher, elle ne dédaigne pas pour autant les marais boisés pour une simple halte. Ici en août 2019, justement dans le marais des Épineaux, non loin du nid actuellement en construction.

Inondation hivernale / Un jardin dans le Marais poitevin.

Particulièrement bas, le marais des Épineaux est immanquablement envahi par les crues hivernales ou printanières de la Sèvre niortaise.

En savoir plus : 

  • Guide de la nature dans le Marais poitevin, Éric Rousseaux et Benoît Pétorin, 2010, Éd. La Geste.
  • Oiseaux du Marais poitevin, Thomas Brosset et Hélène de Saint-Do, 2023, Éd. La Geste.
  • Guide des oiseaux de France, R. Peterson, G. Mountfort, P.A.D. Hollom et P. Géroudet, 2014, Delachaux & Niestlé.
  • La Cigogne blanche avec la LPO
  • Reportage de FR3 Nouvelle-Aquitaine sur la nidification des cigognes en Charente.

Photos JF Irastorza