La Decticelle bariolée

Decticelle bariolée, mâle.

Les ailes atrophiées de la Decticelle bariolée ne lui permettent pas de voler. Mais, au moindre danger, elle saute vite et loin !

Decticelle bariolée, mâle.On rencontre parfois cette petite sauterelle aux très longues antennes dans les parties enherbées au jardin. Mais elle préfère les hautes herbes de la prairie voisine. La Decticelle bariolée (Roeseliana roeselli) y grignote les graminées sans rechigner pour autant devant quelques pucerons et autres petits insectes.

Avec une dominante brun foncé, voire chocolat ici et là, elle se distingue facilement par les couleurs contrastées de son pronotum. Les lobes arrondis, noirs, sont en effet bordés d’une ligne claire, passant du vert au blanc crème. Parfois au jaune. Des nuances acidulées que l’on retrouve sur la face ventrale et, plus atténuées, sur les côtés de l’abdomen. 

À noter encore les ailes atrophiées, les longs cerques du mâle – armés d’une solide épine interne – et l’oviscapte de la femelle, en forme de court sabre. Elle l’introduit à l’intérieur d’une tige percée à coup de mandibules pour y déposer ses oeufs.

Decticelle bariolée, femelle.

Une silhouette plutôt trapue et de fines antennes plus longues que le corps !

Une cousine plus sobre, à la livrée brun gris sans la moindre fantaisie : la Decticelle cendrée.

En savoir plus :

  • Sauterelles, grillons et criquets d’Europe occidentale, Bellmann, Rutschmall, Roesti et Hochkirch, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • La Decticelle bariolée avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

L’Anthidie interrompue

Anthidie interrompue, mâle, sur scabieuse.

Territoriale et belliqueuse : l’Anthidie interrompue n’échappent pas aux lois de la famille. Sauf pour la disposition de ses marques abdominales jaunes.

Anthidie interrompue sur capitule d'artichaut en fleurs.

Taille maxi : 14 mm. Visible en juin-juillet.

Comme la plupart de ses cousines anthidies, la tolérance n’est pas le trait de caractère dominant de l’Anthidie interrompue (Trachusa interrupta) ! Ainsi, au jardin, lorsqu’elle « s’approprie »  ici une touffe de Scabieuse, là quelques capitules d’Artichaut en fleurs, pas question de les partager… 

Si les femelles s’admettent plus ou moins entre elles, les gros mâles voient facilement rouge ! Reconnaissables à leur clypéus et leurs mandibules blanc nacré, ils évincent toute concurrence avec brutalité. Les butineuses d’autres espèces en font rapidement les frais. Et surtout les autres mâles, priés sans ménagement d’aller conter fleurette ailleurs.

Brosse ventrale blanche (chez la femelle), ailes fumées, yeux bleutés, pattes jaune orangé et noires, thorax brun ceint d’une légère fourrure grisée… L’Anthidie interrompue présente en outre un abdomen rondelet, noir, marqué de jaune. Les trois bandes postérieures sont continues avec une échancrure centrale caractéristique. Les suivantes s’interrompent largement. D’où peut-être le qualificatif donné à l’espèce.

Une abeille sauvage peu velue, avec une petite tache jaune à l’arrière des yeux bleutés.

Et toujours le bleu avec les épineuses inflorescence de la Cardère ! Une femelle ici dont on perçoit bien la brosse ventrale blanchâtre.

Une infidélité au bleu violacé pour le rose vif du Cirse commun.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Les anthidiies avec le site aramel.free.fr

 Photos JF Irastorza 

 

L’Hermine du chardon

Comme une longue cape blanche mouchetée de noir : une allure sobrement princière pour l’élégante Hermine du chardon.

Hermine du chardon.

Envergure maxi : 33 mm. Visible de mai à juillet.

Ouf ! À première vue, on jurerait la Teigne du pommier. Ou quelque papillon nocturne du même acabit. Un autre membre de la famille des hyponomeutes dont les chenilles grégaires sévissent au verger ? Non. La Phycide du chardon (Myelois circumvoluta), alias l’hermine, leur ressemble certes beaucoup. Mais elle est nettement plus grande.

Elle ne manque d’ailleurs pas d’élégance. Au repos, les ailes antérieures enveloppent ainsi étroitement abdomen. À la manière d’une longue cape blanche piquetée de taches noires. Celles des hyponomeutes sont plus nombreuses et plus fines.

Autre différence d’importance : l’hermine ne pond pas sur le feuillage des arbres fruitiers ! Ses chenilles préfèrent chardons, cirses et bardanes. Et pas seulement les feuilles. Elles ne rechignent donc pas devant les fleurs voire les graines. Le moment venu, elles pénètrent dans les tiges où elles s’installent pour passer l’hiver.

Hermine du chardon.

Pas de taches sur le dessus de la tête et du thorax. De gros yeux globuleux bien noirs. Marge des ailes frangée et pointillée de noir.

Hermine du chardon.

De longues antennes annelées, blanches dessus et noires dessous. Une tache noire à la jointure des tibias et des tarses.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des pyrales dont l’Hermine du chardon dans le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza