La doucette sauvage

Doucette sauvage / Une jardin dans le Marais poitevin.

Boursette, blanchette, clairette… Qu’importe le nom, la doucette sauvage est une véritable gourmandise à l’approche de l’hiver.

Doucette sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.S’il est une plante sauvage très bienvenue au jardin, c’est à coup sûr la doucette ! L’ancêtre de la mâche cultivée abonde dans les prairies alentours. Les oiseaux aidant, ses graines font florès dans la terre meuble du potager. En cette saison, les larges rosettes s’épanouissent ici et là sur les planches qui n’ont pas reçu un couvert de feuilles mortes ou d’engrais vert.

Est-il besoin de préciser que le désherbage les épargne soigneusement ? Evidemment, éparses, elles sont moins abondamment disponibles que celles de la mâche semée à l’automne. Raison de plus pour les bichonner. 

Car la texture et la saveur de la doucette sauvage sont incomparables ! Pas question de la récolter à la va-vite. Une cueillette minutieuse, juste au dessus du collet, permettra une nouvelle pousse. La gourmandise se mérite.

Doucette sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.

Mâche / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une couleur nettement plus soutenue. Une saveur plus relevée aussi. La mâche est la salade de l’automne par excellence. Et de l’hiver ! Comme la doucette, un même pied peut en effet supporter deux à trois récoltes. Alors, pourquoi pas un mélange ? Couleurs, textures et saveurs à la fois si proches et différentes. Une salade royale !

 

La Noctuelle en deuil

Noctuelle en deuil sur inflorescence de Cirse des marais.

Pluies interminables, vent et, déjà, premières gelées… Qui mieux que la Noctuelle en deuil pour sonner le glas des beaux jours ?

Noctuelle en deuil sur inflorescence de Cirse des marais.Quelques taches blanches éclatantes certes. Et une frange grise. Mais c’est le noir et de multiples nuances de brun qui dominent. Avec une telle livrée, la Noctuelle en deuil (Tyta luctuosa), il est vrai, n’est pas bien gaie. Au point qu’un de ses noms vernaculaires enfonce le clou : la funèbre ! 

Nocturne, comme la plupart des noctuelles, il n’est cependant pas rare de la voir  butiner au soleil. Elle sirote ici le nectar d’une des dernières inflorescences de Cirse des marais. Mais il lui faut se faire une raison : c’est bientôt la fin.

En attendant le prochain printemps, la relève patientera tout l’hiver sous terre. Rien à craindre cependant de ces chenilles de noctuelles là au potager ! Elles se développent plutôt aux dépens de nombreuses plantes sauvages. Comme celles du Ptérophore blanc, elles apprécient tout particulièrement le liseron. Mais aussi la mauve et le plantain.

Noctuelle en deuil sur inflorescence de Cirse des marais.

En pause sur une feuille de liseron, une des plantes hôtes favorites de ses chenilles.

Sur une inflorescence de centaurée.

La livrée de la funèbre est un peu tristounette mais, sous le soleil, la Gaillarde fait ce qu’elle peut pour la réchauffer !

Un autre insecte dont la lugubre livrée inspire un nom vernaculaire qui ne l’est pas moins : le Drap mortuaire, cousin de la Cétoine dorée.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Noctuelle en deuil en le site quelestcetanimal.com
  • La Noctuelle en deuil avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza

 

La Criorhina ranunculi

Criorhina ranunculi sur fleur de prunellier.

Dans la série des syrphes jouant les gros bras, la Criorhina ranunculi se donne des airs de bourdon. Simple costume dissuasif.

Criorhina ranunculi sur fleur de prunellier.Au bal costumé des mouches, l’imitation du Bourdon des pierres ne manque pas d’émules. Il est vrai que la panoplie est a priori assez simple. Il suffit d’être de belle taille, très velu, entièrement noir, sauf… le « cul roux » ! À ce jeu-là, la Criorhina ranunculi coche toutes les cases. 

Petit effet garanti au printemps parmi les premiers butineurs des prunelliers. Elle s’y distingue en outre par de solides fémurs, des ailes fumées marquées de fines bandes sombres et une face triangulaire proéminente ici toute barbouillée de pollen.

Contrairement à la Volucelle bourdon, championne toutes catégories de la discipline, la Criorhina ranunculi ne met pas à profit son mimétisme pour aller installer sa progéniture dans le nid des bourdons. Ses larves préfèrent le bois mort en décomposition. Mais alors, à quoi lui sert ce déguisement ? Simple costume dissuasif. Pour butiner tranquille. Et tenir paisiblement en respect d’éventuels prédateurs. 

Sources : 

Criorhina ranunculi sur fleur de prunellier.

Volucelle bourdon.

La Volucelle bourdon, ici dans sa forme « Cul roux » : un mimétisme au service d’un comportement parasite.

Bourdon des pierres.

Le « vrai » Bourdon des pierres : évidemment, la « copie » est assez sommaire. Mais, pour la Volucelle comme pour la Criorhina, la simple « évocation » (silhouette, couleurs) suffit à l’effet recherché.