Le Graphosome italien

Graphosome italien (Graphosoma italicum), alias l’Arlequin.

Des grandes ombelles du printemps au lierre en fleurs d’automne : le Graphosome italien, tour à tour grégaire et solitaire.

Graphosome italien (Graphosoma italicum), alias l’Arlequin.

Taille maxi : 1O mm. Visible toute l’année, pic printanier.

Le temps est déjà loin des exubérantes berces, ciguës et autres carottes sauvages… Finis l’abondance, les accouplements puis les grandes fratries au bord des haies. Avec l’automne, le Graphosome italien (Graphosoma italicum), alias l’arlequin, est désormais plutôt solitaire. 

Graphosome italien (Graphosoma italicum), alias l’Arlequin.

Deux bandes noires en V sur le fond rouge de la tête. Six sur le corselet. Quatre sur le large écusson couvrant ailes et abdomen dont la bordure saillante alterne également rouge et noir. Est-ce cette pimpante livrée qui lui vaut davantage de sympathie que les autres punaises ?

Il n’en a pas moins la même arme redoutable pour dissuader prédateurs et importuns. L’odeur ! Et son rostre est tout aussi efficace pour piquer les végétaux et en siphonner la sève… Mais il est vrai que potager et verger ne sont pas vraiment sa tasse de thé. Il semble y passer ici sans conviction. Avec la nostalgie sans doute des grandes ombellifères sauvages. Et du temps béni où leurs graines juste formées étaient encore juteuses. L’hiver sera long.

Les grandes ombelles seront bientôt le théâtre des accouplements puis de l’émergence des fratries. Les jeunes arlequins y resteront tant qu’il y aura des graines à siphonner.

Les graines fraîches et juteuses du Cerfeuil des bois : le péché mignon du Graphosome italien.

En été au jardin sur une inflorescence de panicaut.

Et en automne sur le lierre en fleurs.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Graphosome italien avec la site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

La Brocatelle dorée

Brocatelle dorée.

La Brocatelle dorée, dans la végétation basse, comme un tissu de soie rehaussé de motifs d’or et d’argent.

Brocatelle dorée.

Envergure maxi : 30 mm. Visible de mai à septembre.

Son nom évoque les précieux tissus brochés de la Renaissance. La Brocatelle dorée (Camptogramma bilineata) présente en effet une livrée donnant une impression de relief dans un camaïeu de motifs ocres. Parfois nuancé de rosé, l’ensemble est parcouru de plusieurs lignes blanches sinueuses, soulignées de noir. Jusque sur l’abdomen.

Voilà un membre de la grande famille des phalènes. Ses chenilles vertes appartiennent ainsi au club si caractéristique des « géomètres ». Cela dit, elles n’arpentent pas le potager. Plutôt les prairies et fourrés alentour où elles se nourrissent volontiers de plantains, liserons et rumex, notamment l’oseille sauvage.

La silhouette triangulaire, les fines antennes rabattues vers l’arrière au repos, c’est un papillon de nuit. Cependant, comme l’alternée, il n’est pas rare de la rencontrer voletant au jardin dans la matinée. Dérangée, elle va se réfugier sur une feuille voisine. Et le plus souvent dessous. Ni vue ni connue.

Brocatelle dorée.

Ce sont les chenilles qui passent l’hier, calfeutrées dans la litière, au pied des liserons et  rumex, notamment l’Oseille sauvage, leurs plantes-hôtes.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza

 

Le Conocéphale bigarré

Il grignote quelques fleurs. Rien de bien méchant. Le Conocéphale bigarré participe surtout à la limitation des petits insectes ravageurs du jardin.

Voilà une sauterelle familière des zones humides. Madame Conocéphale bigarré (Conocephalus fuscus) pond d’ailleurs sur les carex des prairies et des rives. Elle est bien armée pour cela. De solides mandibules pour inciser la gaine foliaire. Et un long oviscapte roussâtre, en forme de poignard, pour injecter les oeufs. 

Elle présente bien sûr la tête conique caractéristique de la famille des conocéphales. Et se distingue par la bande brun foncé couvrant nuque et sommet plat du pronotum. Comme un prolongement, les ailes brun clair dépassent assez nettement la pointe de l’abdomen.

Le reste est vert clair assez vif. À l’exception roussâtre des yeux, de la pointe et des articulations des pattes. Ainsi que des antennes, très mobiles, trois fois plus longues que le corps !

Pas de laîches au jardin. Le Conocéphale bigarré lui rend néanmoins visite de temps à autre, en voisin. Omnivore, il grignote quelques fleurs, notamment les dahlias, sans rechigner sur les petits insectes de rencontre. Il apprécie ainsi tout particulièrement les pucerons.

Conocéphale bigarré, mâle, sur feuille de frêne.

Un mâle ici sur une feuille de frêne. La petite sauterelle verte (un centimètre et demi environ hors antennes) est très présente dans le Marais poitevin où, sur les prairies humides comme au bord des fossés, elle voisine avec le Criquet ensanglanté.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza