Madame Sympétrum strié

Sympétrum rayé, femelle.

Pour ses parties de chasse à l’affût, Madame Sympétrum strié a ses habitudes sur les hautes herbes de la périphérie du potager.

Sympétrum rayé, femelle.

Longueur maxi : 44 mm. Visible de mai à novembre.

Comme les nombreuses autres libellules du jardin, le Sympétrum strié (Sympetrum striolatum) y vient chasser en voisin. Il n’a que le halage et la haie à passer depuis la Sèvre niortaise.

Il s’agit ici d’une femelle dont le corps brun clair se teinte parfois de jaune, notamment sur les grandes plaques thoraciques. Nettement soulignées d’une ligne noire, les sutures de celles-ci ont donné son qualificatif à l’espèce. Un aspect « rayé » renforcé par la succession de traits longitudinaux noirs de l’abdomen.

Un soupçon de rouge apparaît à l’attache des ailes. Il rappelle la couleur rougeâtre du mâle dont la livrée est cependant bien moins éclatante et uniforme que celle du Sympétrum rouge-sang. Les deux sexes présentent des pattes épineuses noires aux tibias et fémurs marqués d’une ligne claire, plutôt jaune, bien distincte.

Pour ses affûts, le Sympétrum strié apprécie les piquets des tomates ou les outils qui « traînent » au potager. Mais pas que. Il fréquente aussi les fleurs et, mieux encore, les grandes herbes des bords de haies ou de clôture. Sans doute les proies de passage y sont-elles plus nombreuses…

Sympétrum rayé, femelle.

Femelle, ligne dorsale rouge. Bain de soleil automnal sur une feuille morte de peuplier.

Début juin. Jeune femelle à l’affût sur un épi déplumé de Brunelle commune.

Un outil qui traîne au potager ? Allons donc ! En cette saison, la binette est mieux dehors que dedans ! Accessoirement, voilà un confortable poste d’observation pour Madame Sympétrum rayé, en chasse au jardin.

À l’affût au bord du halage.

Rouge délavé nuancé d’orangé : sauf sur le thorax où de vifs contrastes animent la marqueterie emblématique de Monsieur Sympétrum strié.

En savoir plus  : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, collectif, Poitou-Charentes Nature (Ed).
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza 

 

Le Souci à contre-jour

Le Souci à contre-jour sur inflorescence de Menthe sauvage.

Certains papillons aiment étaler leurs ailes au soleil. Pas le Souci. Les occasions sont alors rares d’en apprécier la face dorsale…

Il faut la complicité d’un contre-jour pour percevoir -un peu- l’éclat orangé du Souci (Colias crocea), pointé et largement bordé de noir.

Car le superbe papillon, cousin des Piérides, n’a qu’un seul défaut. Il n’ouvre jamais les ailes au repos ou lorsqu’il butine. Par contre, il se laisse volontiers approcher. Et admirer.

La dominante de la face ventrale est verdâtre, marginée d’un brun rouille que l’on retrouve sur le dessus velu de la tête, mais aussi les antennes et les pattes. L’ensemble s’illumine d’une large plage jaune d’or rehaussée de taches noires sur les antérieures.

L’attention est également retenue par une marque blanche doublement cerclée de roux au centre des postérieures. Avec un chapelet de tirets ou de points également roussâtres rayonnant autour d’elle. Comme les stigmates d’une maladie foliaire déjà rencontrés chez le Citron.

De son vol rapide, le Souci passe régulièrement au jardin. Zinnias et Cosmos y font alors son ordinaire; Sans oublier les capitules jaunes de la Crépide capillaire ou de la Picride fausse-vipérine. Sinon, ses yeux verts sont en quête d’Eupatoire chanvrine, de Pulicaire et de Menthe aquatique dans les prairies voisines. Il suffit de le suivre.

Au fil des saisons

Fin octobre 2019. Le Souci n’a pas dit son dernier mot. Au moindre rayon de soleil, le voilà de retour au jardin !

Début août 2020. Moins de soleil. L’occasion de mieux percevoir les nuances jaune-vert et jaune-orangé.

Mi septembre 2020. En bordure d’un fossé, sur le capitule jaune du Bident feuillé.

Début septembre 2021. Ton sur ton sous le soleil avec le capitule jaune de la Picride fausse-vipérine.

Mi août 2022. Ton sur ton avec la pulicaire sur les prairies humides du marais !

Mi août 2022. La lumière rasante du soleil soulignent nervures et taches colorées.

Mi août 2022. Madame Souci arbore une livrée plus claire au décor estompé.

Fin août 2022. Sur les délicates inflorescences de l’Eupatoire chanvrine.

Mi septembre 2022. Sur les zinnias du jardin, rescapés des canicules de l’été.

Début octobre 2022. Si le Souci n’ouvre jamais les ailes lorsqu’il se pose, un large accroc (souvenir d’une attaque de prédateur peut-être) permet ici d’entr’apercevoir la dominante jaune orangé et la marge noire de la face dorsale.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

La Naïade aux yeux bleus

Naïade aux yeux bleus, mâle.

Elle tient son nom de la divinité grecque des fleuves et des rivières. La Sèvre niortaise en l’occurrence pour la Naïade aux yeux bleus du jardin !

Naïade aux yeux bleus, mâle.

Longueur maxi : 36 mm. Visible de mars à septembre.

Naïade aux yeux bleus, femelle.

Outre ses trois couleurs (vert, bleu, brun clair), la femelle se distingue par une ligne dorsale noire assez large, en lieu et place des marques lancéolées du mâle.

Les agrions plus ou moins bleus sont aussi nombreux que variés. Pas toujours facile de les distinguer les uns des autres lorsqu’ils passent au potager. Encore moins de les identifier avec précision. Sauf pour la petite Naïade aux yeux bleus (Erythromma lindenii) !

Ce ne sont pas lesdits yeux qui font la différence. Ils ne sont bleu vif en effet que chez le mâle quand ceux de la femelle sont plutôt jaune verdâtre. À l’unisson, à vrai dire, de la couleur dominante d’un sexe l’autre.

Le mâle se singularise encore par deux cerques bien saillants et recourbés à la pointe de l’abdomen. Ce qui vaut à l’espèce un de ses autres noms, l’Agrion à longs cercoïdes. Mais c’est surtout à l’arrière de la tête de Madame comme de Monsieur que se situe « le » signe distinctif : trois tirets assez épais. Bleus pour le mâle. Verdâtre pour la femelle bien entendu.

En cette saison, le ballet de la Naïade aux yeux bleus est incessant au jardin. Dès que le soleil est suffisamment haut. De courtes pauses sur fleurs et légumes. Elle ne tient guère en place. Toujours en chasse.

Naïade aux yeux bleus, femelle.

Ici sur fond de l’abondant feuillage des cosmos, le verdâtre domine à l’avant, y compris les yeux, chez la femelle qui présente néanmoins quelques zones bleues sur l’abdomen. Et une pointe abdominale  brun clair.

Pause sur l’épi d’une graminée. Les longs cerques recourbés du mâle sont ici bien visibles.

Dégustation d’une éphémère sur une feuille de rhubarbe.

En savoir plus :

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, Poitou-Charentes Nature éd.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Naïade aux yeux bleus, avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza