La Mante religieuse

Mante religieuse : un crochet acéré sur les tarses avant, en vis à vis des tibias épineux.

Dans la série des auxiliaires du jardin. Brin d’herbe parmi les brins d’herbe, la Mante religieuse est solidement armée pour saisir et immobiliser ses proies.

Mante religieuse : une tête très mobile pour scruter l'approche de proies potentielles.L’élégante Mante religieuse (Mantis religiosa) est à l’affût. Camouflée dans les broussailles en bord de haie. D’une taille impressionnante, six bons centimètres, elle est pourtant d’allure fluette. Un mâle sans doute. 

Dérangé, celui-ci toise l’intrus de ses grands yeux verts. Mais ne s’envole pas. Il passe plutôt d’une tige l’autre. Du bout des pattes. Précieusement. Tout en pivotant la tête pour ne pas perdre l’importun du regard.

Ce faisant, il dévoile son arme irrésistible. Un crochet acéré et recourbé sur chacun des tarses roussâtres avant. De quoi harponner n’importe quelle proie. Même les plus grosses. Puissamment pris en tenaille, entre tarses et tibias épineux, criquets, mouches ou araignées peuvent d’autant moins se dépêtrer que les mandibules sont aussitôt à l’oeuvre.

Allez, assez de dérangement. Laissons-le reprendre son affût. Le potager a tout à y gagner. Un auxiliaire de plus ! En attendant qu’il trouve bientôt l’âme soeur. Une belle congénère de rencontre. Plus grande que lui encore. Et qui le trouvera mignon à croquer.

En savoir plus sur la Mante religieuse avec le site conservatoire-nature.fr

Découvrir d’autres insectes auxiliaires du jardin

Début juin 2020. Mante religieuse surprise au jardin. Ni prière ni recueillement. À l’affût tout simplement.

Début septembre 2021. La Mante vient d’atterrir, tant bien que mal, sur une tige de graminée.

 

La Carte de géographie, saison 2

Au revers des ailes, le fameux réseaux de lignes claires de la Carte de géographie.

Il aura donc fallu attendre la fin août pour qu’arrive la seconde génération de la Carte de géographie… Sans risque de confusion avec la première !

Très présente au jardin au début du printemps, la Carte de géographie (Araschnia levana) avait disparu du paysage depuis plusieurs semaines. Comme si les canicules successives avaient anesthésié les chrysalides estivales. Les conditions étant sans doute plus favorables ces jours-ci, la seconde génération vient de faire son apparition.

La Carte de géo, saison 1 (mars 2019).

C’est toujours un étonnement de voir une telle différence d’une génération l’autre ! De mars à juin, c’est le fauve orangé qui dominait, avec de nombreuses taches noires et quelques blanches à la pointe des antérieures. Aujourd’hui, c’est plutôt l’inverse. La dominante est noire. Avec deux lignes de taches, l’une blanche assez large, l’autre plus fine et orangée, surtout aux postérieures.

Seules constantes : l’abdomen noir finement rayé de blanc et le revers des ailes. Fauve aux reflets rougeoyants en cette saison. Barré de blanc et de noir, il présente comme au printemps ce réseau de lignes claires qui lui valent son nom populaire. L’appellation latine (Araschnia) évoque d’avantage la toile d’araignée. Mais, à quelques jours de la rentrée scolaire, va pour la carte de géo !

D’un été l’autre

Début juin 2020. Les années passent et ne se ressemblent pas ! La seconde génération  vient d’émerger avant même le début de l’été.

Fin août 2020. Clin d’oeil à la rentrée des classes qui approche avec la Carte de géographie…

Fin août 2021. Après une présence clairsemée depuis la fin juillet, la génération estivale est maintenant incontournable…

… comme si elle avait attendue la pleine floraison de la menthe sauvage sur les prairies du marais pour émerger !

Début septembre 2021. Sur un capitule de Picride fausse-vipérine.

Début juillet 2023. Sur un capitule de Cirse des champs.

Mi août 2023. Belle harmonie de couleurs avec les rudbeckias.

Début septembre 2023. Sur un épi de menthe odorante.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

La belle envahissante

La jussie à grandes fleurs

Superbe et très mellifère. Mais ô combien invasive ! Rien n’arrête la Jussie à grandes fleurs dans les fossés du Marais poitevin.

C’est pourtant vrai qu’elle est belle. Hélas ! Car c’est bien pour les qualités ornementales de son feuillage et de son abondante floraison jaune vif que la Jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora) a été introduite en Europe au XIXe siècle. Originaire d’Amérique du sud, elle a fini par échapper aux bassins qui lui étaient destinés pour prendre ses aises dans la plupart des zones humides. Notamment dans le Marais poitevin.

Une calamité en vérité. La colonisation est telle en effet que toute autre végétation s’asphyxie. Dans les fossés plus ou moins envasés et même les « baisses » des prairies. 

Seule consolation, les éclatantes fleurs à cinq pétales sont très mellifères. Cela dit, la Jussie n’a pas vraiment besoin des abeilles pour proliférer. Elle compte surtout sur ses stolons et sa grande facilité de marcotage.

Et la belle n’a guère de « prédateur » pour en limiter l’expansion. Le ragondin peut-être en grignote-t-il un peu. Lui aussi a été introduit d’Amérique du sud au XIXe siècle. Avec le succès que l’on sait.

En savoir plus sur la Jussie à grandes fleurs avec le site abiris.snv.jussieu.fr

Découvrir le Plan de maîtrise de la prolifération des jussies dans le Marais Poitevin  par l’Institution interdépartementale du bassin de la Sèvre niortaise (IIBSN)

Fossé envahi par la Jussie à grandes fleurs.

Dans les fossés envahis, la jussie étouffe la végétation autochtone et, avec elle, la biodiversité animale s’étiole par manque de lumière.

La Jussie à grandes fleurs ne se contente pas des berges : amphibie et rampante, elle ne tarde pas à envahir les fossés plus ou moins envasés.

Photos Fernand © Août 2019