La Morelle douce-amère

Bourdon sur fleurs de Morelle douce-amère / Un jardin dans le Marais poitevin.

De longues tiges rameuses, un feuillage joliment trilobé et d’éclatantes petites fleurs étoilées : elle court, elle court, la Morelle douce-amère…

Inflorescence et feuille trilobée de la Morelle douce-amère / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle n’a certes pas la hardiesse du houblon dans l’art de l’escalade. Mais elle grimpe comme elle peut. Dans les haies comme au bord du halage. En prenant appui sur une ronce ou une grande ombellifère. En s’enroulant autant d’un tronc. Sinon, la Morelle douce-amère (Solanum dulcamara) rampe et étale ses tiges rameuses sur la berge.

Les baies de la Morelle douce-amère en hiver / Un jardin dans le Marais poitevin.Ses superbes petites fleurs violettes, auréolées de petites taches vertes et blanches, ont un certain succès auprès des pollinisateurs. D’abord épanouis en fines et élégantes étoiles, les cinq pétales se retournent bientôt vers l’arrière. Comme pour mieux mettre en avant l’essentiel : les sacs de pollen jaune vif, réunis en un manchon saillant d’où émerge un fin style blanc-verdâtre.

La Morelle douce-amère produira ainsi de belles grappes de petites baies vertes puis rouge orangé qui régaleront des oiseaux l’hiver prochain. Car il faudra attendre leur pleine maturité, mieux encore une bonne gelée, pour qu’elles perdent leur toxicité. Mais attention, si les oiseaux s’en délectent, la morelle est toxique pour l’homme. Pour les confitures, il faudra trouver autre chose. Les baies de l’églantier par exemple.

La Morelle douce-amère fleurit jusqu’au bout de l’automne. Butinée ici par la Rhingie champêtre, fin octobre.

Fleurs étoilées de la Morelle douce-amère / Un jardin dans le Marais poitevin.

Ses longues lianes ne manquent pas de supports en bordure de Sèvre niortaise. Familier du Marais poitevin, plus coureur encore que la morelle, le houblon sauvage envahit aulnes et frênes, passe d’un arbre à l’autre, se laisse parfois aller à courir sur les berges. C’est, avec l’ortie, une des principales plantes hôtes du Paon du jour.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • La Morelle douce-amère avec le site flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza 

 

Le Leptis pointillé

Leptis pointillé mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Dans la série des auxiliaires du jardin, on dirait le Leptis pointillé monté sur ressorts, prompt à saisir ses proies au vol.

Leptis pointillé femelle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 14 mm. Visible de mai à août.

Dressé sur ses hautes pattes, le Leptis pointillé (Rhagio tringarius) est ici à l’affût. Au bord d’une haie ou sur les légumes du jardin, cette petite mouche orangée apprécie les postes d’observation ensoleillés. 

Ses énormes yeux verts (joints chez le mâle) lui « mangent » toute la tête d’où émerge une une large trompe. Pas de confusion possible au regard de son long abdomen jaune orangé à la pointe noire effilée, marqué de points noirs sur le dessus et d’une ligne pointillée noire sur le côté. D’où son nom.

Avec des ailes fortement nervurées, parfaitement transparentes, le Leptis pointillé n’est guère adepte des longues pérégrinations. Mais il a le vol vif et précis. Toujours prêt à fondre sur les minuscules diptères volant à proximité. Voilà donc un précieux auxiliaire au potager. À bon entendeur…

Leptis pointillé mâle à l'affût / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Oiliver Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Le Leptis pointillé avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

L’alternée

L'Alternée, Phalène du gaillet (Epirrhoe alternata) / Un jardin dans le Marais poitevin.

La Phalène du gaillet, ou du pied-de-lion, alias l’alternée, mérite qu’on s’arrête un peu sur son élégant décor.

L'Alternée, Phalène du gaillet (Epirrhoe alternata) / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 23 mm. Visible de mai à septembre.

C’est plutôt un papillon de nuit. Mais l’alternée, alias la Phalène du gaillet ou du pied-de-lion (Epirrhoe alternata), vadrouille encore au petit matin dans les fourrés et le bosquet proches du jardin. Peu farouche, elle se laisse assez facilement approcher. Cela en vaut la peine. Car son rapide vol grisâtre ne laisse rien deviner de ses élégants atours.

L'Alternée, Phalène du gaillet (Epirrhoe alternata) / Un jardin dans le Marais poitevin.Voilà en effet tout un luxe de couleurs et détails digne d’une livrée d’apparat. La belle semble ainsi avoir jeté sur ses épaules une écharpe de délicates dentelles. Certes, l’ensemble paraît comme estompé et manque singulièrement d’éclat. Mais, d’un feston l’autre, les nuances de blanc et de crème sont harmonieusement rehaussées d’ocre, de brun et de noir bleuté. Un charme suranné jusque les yeux beiges encanaillés d’une petite mouche noire.

La famille des phalènes est extrêmement nombreuse. La plupart arborent des ornements assez sophistiqués. Elles ont aussi en commun le comportement original de leur progéniture. Au moindre danger, comme celle-ci (indéterminée), les chenilles arpenteuses s’immobilisent « en mode brindille ». Faute de pouvoir fuir, comment mieux  tromper la convoitise des prédateurs ?

Chenille de Phalène (non déterminée) en mode brindille / Un jardin dans le Marais poitevin.

Chenille de phalène (indéterminée) en « mode brindille », accrochée à la pointe d’une épine de rosier.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza