Le Lychnis fleur de coucou

Aurore mâle sur Lychnis fleur de coucou / Un jardin dans le Marais poitevin.

Spectaculaire et gracile à la fois : les pollinisateurs tombent sous le charme du Lychnis fleur de coucou dans les prairies humides du marais.

Grand bombyle sur Lychnis fleur de coucou / Un jardin dans le Marais poitevin.C’est un cousin du Silène latifolia, alias le Compagnon blanc des pieds de haie. Le Lychnis fleur de coucou fait allusion à l’oiseau squatter de nid dont les premiers chants saluent la floraison printanière. Avouons que, de ce point de vue, c’est un peu abusivement que la Primevère officinale, plus précoce, lui a chipé le sobriquet. Surtout cette année.

Légère et aérienne, la colonie voisine ici avec l’Orchis incarnat dans l’ancienne prairie humide devenue peupleraie. A deux pas du jardin. Rose vif veiné de pourpre, ses ravissantes corolles se signalent de loin. Même si leurs cinq pétales se réduisent à quelques fines lanières.

Certaines versions horticoles sont disponibles sur le marché. Il est vrai que la rusticité du Lychnis fleur de coucou, sa facilité à se ressemer aussi, plaident pour une contribution aux massifs fleuris d’allure sauvage. Pour peu que le sol y soit suffisamment humide et bien ensoleillé.

Aurore mâle sur Lychnis fleur de coucou / Un jardin dans le Marais poitevin.

Comme leur petite cousine Aurore, les différentes Piérides ne résistent pas au nectar du lychnis.

La nuit comme le jour avec la Goutte d’argent, une noctuelle remarquable par la tache blanche qui orne ses ailes antérieures.

Le petit Bourdon des prés engoufré dans le calice. Ici un mâle déjà émergé en avril !

Les coléoptères aussi ! Ici avec le Cardinal à tête rouge.

La petite Rhingie champêtre et son drôle de « nez » ne résiste pas au charme dépenaillé du Lychnis fleur de coucou.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Orchidées de Poitou-Charentes et Vendée, Jean-Claude Guérin, Jean-Michel Mathé, André Merlet, Maryvonne Lorgeré, 1995, Éd. Méloé.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • La « Silène fleur de coucou » avec le site flore-en-ligne.fr

 

  • Photos JF Irastorza 

 

Monsieur et Madame Libellule fauve

Libellule fauve, femelle.

Essentiellement printanière, la Libellule fauve parade au potager. Jaune orangé pour Madame. Bleu clair pour Monsieur.

Longueur maxi : 45 mm. Visible de mai à début août.

C’est une des premières libellules du jardin. Elle y chasse dès la mi mai. Puis la Libellule fauve (Libellule fulva) disparaît progressivement en début d’été. Après la ponte dans un fossé du marais. Une existence assez brève. Essentiellement printanière.

Il s’agit ici d’une femelle. Le thorax roux, l’abdomen orange vif, souligné d’une ligne dorsale brun foncé. Finement nervurées, tachées de noir à leur attache, plus discrètement à leur pointe, les ailes se distinguent surtout par leur bordure jaune.

Le mâle est bien différent. Largement recouvert d’une fine pruine bleu clair. À l’unisson de ses yeux pâles. Principal point de comparaison avec la femelle : l’épais triangle noir à l’attache des ailes, surtout arrière, et, plus ou moins marquée, la petite tache sombre de l’apex. Mais pas de bordure jaune chez l’adulte.

Libellule fauve, femelle.

Une tache triangulaire noir à l’attache des ailes, surtout arrière et, en plus du ptérostigma rectangulaire noir, une tache sombre plus ou moins marquée à l’apex.

Mâle à l’affût sur une fleur fanée d’hémérocalle.

À l’émergence, femelle et mâle immature se ressemblent, avec une lumineuse livrée orangée marquée d’un large ligne dorsale s’amenuisant vers le thorax.

Libellule fauve, mâle.

Pruine abdominale bleue et deux derniers segments noirs : mâle en pause sur un épi de Brunelle commune.

Libellule fauve, mâle.

Fin juillet : la pruine bleu clair s’est largement estompée chez ce mâle vieillissant en pause sur une structure de bambou du jardin. Les yeux sont restés bleus mais la dominante vire peu à peu au brun.

En savoir plus :

  • Guide des libellules de France et d’Europe,2007, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux et Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, Laurent Pressigout, Éd. Poitou-Charentes nature, Fontaine-le-Comte, pp 176-177.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Libellule fauve avec le site nature22.com

Photos JF Irastorza 

 

L’apprentissage du merleau

L'apprentissage du merleau.Leçon numéro un : faire voler les feuilles mortes / Un jardin dans le Marais poitevin.

Pas de Tanguy chez les merles ! A peine sorti du nid, l’apprentissage du merleau commence. Car les vers ne tombent pas du ciel.

L'apprentissage du merleau. Leçon n° 2 : les vers, ce sera bientôt chacun pour soi ! / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergue maxi : 38 cm. Nidification en mars-avril.

La becquée tranquille au creux du nid, c’est fini ! Dans quelques jours, il faudra se débrouiller seul. En attendant, séance d’apprentissage ce matin pour un des rejetons. C’est le merle qui s’y colle.L'apprentissage du merleau. Leçon n° 3 : un petit dernier et c'est toi qui va chercher le prochain ! / Un jardin dans le Marais poitevin.

Pour commencer, la leçon va au plus facile. Les platebandes du jardin. Il suffit de faire voler les feuilles mortes pour déloger vers et insectes. Le petit regarde attentivement sans vraiment comprendre ce qu’on attend de lui. Dès qu’un ver apparaît, il le réclame à grands cris. Bon prince, le merle le lui donne. Une, deux, trois fois… Mais il se lasse vite. Alors, sous les yeux interloqués du merleau, il engloutit la gourmandise. A toi de jouer !

Le petit se lance, encouragé par les sautillements frénétiques du merle. Victoire ! Allez, encore, encore… Mais brusquement, sans crier gare, le merle s’envole. Tout penaud, l’apprenti en reste figé. L’apprentissage du merleau, c’est aussi celui de la solitude… Elle ne durera que quelques minutes. Bon, c’est assez pour aujourd’hui. On reprendra demain.

L'apprentissage du merleau, c'est aussi l'apprentissage de la solitude / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

  • Guide de la nature dans le Marais poitevin, Éric Rousseaux et Benoît Pétorin, 2010, Éd. La Geste.
  • Oiseaux du Marais poitevin, Thomas Brosset et Hélène de Saint-Do, 2023, Éd. La Geste.
  • Guide des oiseaux de France, R. Peterson, G. Mountfort, P.A.D. Hollom et P. Géroudet, 2014, Delachaux & Niestlé.
  • Le merle avec le site oiseaux.net

Photos JF Irastorza