La Campanule des murailles

Abeille sur fleur de Campanule des murailles / Un jardin dans le Marais poitevin.

La Campanule des murailles n’est pas difficile. Quelques fissures lui suffisent pour coloniser un trottoir ou un mur. Tant mieux !

Elle est venue là spontanément. En compagnie de l’Oxalis corniculé et la Violette. Les trois sauvageonnes ont pris leurs aises. Au pied des murs de la maison comme au long de la ruelle conduisant au port. Elles y voisinent avec la Belle de nuit en été et, au début du printemps, avec quantité de fleurs sauvages.

En cette saison, la Campanule des murailles prend évidemment le dessus. A vrai dire, elle ne disparait jamais vraiment. Après la canicule estivale, elle fait souvent un baroud d’honneur au milieu de l’automne. Et l’hiver dernier, intrépide, on l’a même vue refleurir à Noël !

Abeilles, syrphes et bourdons s’en donnent à coeur joie dans ce foisonnement bleu rosé. Et qu’importe si les petites clochettes fanent vite une fois fécondées : d’innombrables petits boutons violacés sont déjà prêts à prendre le relais.

La Campanule des murailles ne craint qu’une seule chose : la pluie battante qui malmène son port fragile et écrase ses touffes légères. Cela dit, la pluie peut venir. On ne va pas s’en plaindre !

En cette saison, la Campanule des murailles  prend évidemment le dessus.

La visite du petit Bourdon des prés.

Cinq étamines au fond de la corolle et un long style central porteur de trois stigmates enroulés.

Photos JF Irastorza

 

L’Acidalie dégénérée

L'Acidalie dégénérée (Idaea degeneraria) : un sobre décor à la fois tout en nuances et en forts contrastes / Un jardin dans le Marais poitevin.

Dans la série des noms peu flatteurs, le pompon va à l’Acidalie dégénérée ! Est-ce pour cela qu’elle se fait si discrète au creux des haies du jardin ?

L'Acidalie dégénérée (Idaea degeneraria) : une ligne orangée en bordure des ailes antérieures / Un jardin dans le Marais poitevin.L’Acidalie dégénérée (Idaea degeneraria) butine quand vous dormez et se repose discrètement le jour, les antennes sagement repliées. Ici au bord d’une haie. Ses chenilles n’apprécient guère les légumes. Elles préfèrent plutôt ronces, bourdaine et épiaires. Fanées voire sèches de préférence. Chacun ses goûts.

Oh bien-sûr, sa livrée n’a pas le charme suranné de l’alternée, sa cousine. Dans une dominante également un peu délavée, elle ne manque pourtant pas de raffinement. On a ainsi l’habitude de la distinguer à ses quatre petites taches noires. A peine visibles sur le large bandeau brun-roux des ailes antérieures. Très nets par contre dans une échancrure dudit bandeau sur les postérieures.

Tout est donc à la fois nuances et fort contrastes dans ce sobre décor qui fait se succéder lignes et bandeaux, foncés à l’avant, gris-beige à l’arrière. Avec une fine bordure orangée à l’avant. Subtile coquetterie pour une dégénérée !

L'acidalie dégénérée (Idaea degeneraria) au repos dans une haie du jardin / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Acidalie dégénérée avec le site des Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza

 

La Psyché lustrée

Chenille de la Psychée lustrée et son fourreau / Un jardin dans le Marais poitevin.

Un minuscule fagot d’herbes sèches. Étrange protection, étrange destinée pour la petite Psyché lustrée. Éphémère papillon.

Chenille de la Psyché lustrée trainant son fourreau / Un jardin dans le Marais poitevin.

Longueur maxi du fourreau : 12 mm. Envergure maxi du mâle : 15 mm.

Sitôt écloses, dans les haies et les fourrés, les chenilles de la Psyché lustrée (Psyché casta) n’ont qu’une hâte. Se tisser un cocon protecteur. De la soie douillette certes mais, pour plus de sécurité, l’extérieur est très vite garni de débris divers et de fétus d’herbes sèches. Leur « maison » pour la vie, agrandie et réaménagée au fur et à mesure de la croissance.

Chenille de la Psyché lustrée trainant son fourreau / Un jardin dans le Marais poitevin.Un fourreau confortable et sûr autant qu’un fardeau encombrant à traîner, tant bien que mal, d’une feuille dévorée à l’autre. À la moindre alerte, repli stratégique à la manière d’un escargot.  Pour le repos ou par mauvais temps, la Psyché lustrée « colle » son habitacle sur une tige ou un tronc. Ni vue ni connue !

Lorsque viendra le temps de la métamorphose, au bout de deux ans, Monsieur quittera son fourreau pour devenir petit papillon noir. Oh, pas longtemps ! Juste assez pour rencontrer Madame qui, elle, sortira à peine. À reculons. Sans ailes ni antennes d’ailleurs. A quoi bon. L’affaire faite, elle rentrera définitivement à la maison. Pour pondre. Les larves utiliseront bientôt les débris du fagot disloqué pour construire leur propre petit fourreau. Chacune le sien.

Monsieur et Madame Psyché lustrée se laisseront alors mourir. Mission accomplie. Place à un nouveau cycle. Fichue destinée !

Un autre exemple de Psyché, plus volumineuse et plus déguenillée. La Psyché du gramen (Canephora hirsuta). Son mode de vie est comparable à celui de la petite Psyché lustrée.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des Psychides avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza