A quoi sert le Céraistre ?

Inflorescence du Céraistre / Un jardin dans le Marais poitevin.

Dans le cortège des plantes sauvages du jardin, le Céraistre est sans prétention. Sa floraison n’en est que plus charmante.

La question des visiteurs revient souvent à propos de telle ou telle plante sauvage qui s’invite au jardin.  Et celle-ci à quoi sert-elle ? Pour le Céraistre, pas de saveur aillée ou poivrée, pas de petit goût de noisette ou de vertu médicinale. Avec son port gracile et ses petites feuilles velues, on ne peut même pas dire qu’il en impose. 

Il s’élève néanmoins tant bien que mal au dessus de la mêlée du pied des haies. Histoire de hisser son inflorescence à portée d’abeilles et de bourdons.

Poilus en diable, les boutons font bloc et percent un à un. Un peu à la manière de la Stellaire holostée, sans en avoir la prestance il est vrai, les charmantes petites fleurs étalent bientôt leur cinq pétales blancs échancrés pour mieux mettre en valeur dix petits sacs de pollen cernant de près les stigmates. La vie est parfois toute simple…

Alors, à quoi sert le Céraistre ? Autant demander au grillon quel est son rôle au jardin… A tenir compagnie au jardinier !

Fleur du Céraistre : cinq pétales blancs échancrés, cinq styles cernés par dix étamines / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

Fourmis et pucerons

Fourmis et pucerons, comme le berger et son troupeau / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le tandem infernal du printemps. Fourmis et pucerons renouvellent leur étrange alliance sur les pieds de fèves en fleurs.

Fourmis et pucerons, une protection intéressée / Un jardin dans le Marais poitevin.Bien-sûr, on peut compter sur les larves de Syrphes et de Coccinelles. Elles sont efficaces lorsqu’elles interviennent très tôt sur les colonies naissantes de pucerons. Mais quand les fourmis s’en mêlent, avec l’avantage du nombre et de l’organisation, il est souvent trop tard.

C’est le cas ce matin sur un pied de fèves. Un grand classique. Des centaines de pucerons noirs. La prolifération va bon train. Pas de prédateurs à l’horizon. Et pour cause ! Une dizaine de fourmis veillent au grain. Elles vont et viennent. Comme autant de bergers qui rassemblent et protègent le troupeau.

Une protection intéressée à vrai dire. Car, en retour, les fourmis attendent du miellat, cette excrétion sucrée que les pucerons produisent à foison après avoir sucé la sève des fèves. Alors, quand le troupeau est bien en mains, reste à le traire. Inlassablement. Quelques tapotements d’antennes bien placés et il n’y a qu’à se servir…

Il est temps de stopper ce jeu de maîtres à esclaves qui aurait tôt fait d’envahir tout le pied puis, de proche en proche, la planche de fèves. Aujourd’hui, seul un rameau est infesté. Il suffit de le sacrifier et de le brûler. Pour le reste, vigilance, vigilance !

Fourmis et pucerons, le troupeau est bien en main, il n'y a plus que le "traire" / Un jardin dans le Marais poitevin.

Quelques prédateurs :

La Malachie à deux taches apprécie le pollen autant que les petits insectes de rencontre, dont les pucerons.

Téléphore fauve sur feuille de marguerite / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le Téléphore fauve est parfois envahissant au jardin. Tant mieux. Comme ses larves, il est friand de pucerons.

Larve de coccinelle asiatique et pucerons / Un jardin dans le Marais poitevin.

Sa réputation n’est plus à faire : la larve de coccinelle a bel appétit !

Chrysope commune (Chrysopa perla).

La Chrysope commune n’a pas usurpé son surnom : le Lion des pucerons !

L'artichaut et le syrphe : ponte.

Syrphe ceinturé en ponte sur une tête d’artichaut. Ses larves sont grandes consommatrices de pucerons.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza 

 

Le Grillon champêtre

Grillon, nettoyage de l'entrée du terrier / Un jardin dans le Marais Poitevin.

Il n’a pas encore commencé à « chanter ». En attendant, le Grillon champêtre du jardin aménage et entretient son terrier. Avec beaucoup de soin.

Grillon, sortie à reculons pour évacuer les débris / Un jardin dans le Marais poitevin.Ça n’a l’air de rien mais l’aménagement et l’entretien d’un terrier digne de ce nom, c’est du boulot ! Depuis quelques jours, le grillon du jardin n’arrête pas. A l’intérieur évidemment mais aussi aux abords.

Creuser, façonner, consolider… Que de débris ! Le grillon a une technique Grillon, finitionbien éprouvée pour leur évacuation : la sortie à reculons. Les pattes arrière repoussent énergiquement les gravats jusque sur le seuil. Il faut bien avouer qu’elles sont solidement équipées pour pareille besogne. De véritables râteaux !

Pas question de laisser un monticule de terre à l’entrée. Chaque sortie est l’occasion de tout niveler en une sorte de petite esplanade. En fin d’après-midi, le chantier est bien avancé. Les brins de paille qui obstruaient en partie l’entrée ont disparu. Le terrassier a fait place nette. Seuls restent encore quelques petits cailloux rebelles.

Terminé ? Ce sera sans doute un travail de tous les jours. Tout l’été. Le désordre est si vite venu. Il suffit d’un orage, du passage de quelque animal nocturne, voire des bottes du jardinier ! Mais, c’est promis, il fera désormais attention où il met les pieds.

Grillon, le terrassier fait place nette devant l'entrée du terrier / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 26 mm. Visible de mai à août. Chant du mâle en mai-juin.

En savoir plus :

  • Sauterelles, grillons et criquets d’Europe occidentale, Bellmann, Rutschmall, Roesti et Hochkirch, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Guide la vie sauvage au jardin, Michael Chiney, 1997, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Le Grillon champêtre avec la site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza