L’Orpin de Palmer

Orpin de Palmer / Un jardin dans le Marais poitevin.

C’est peu dire qu’il est peu exigeant. Subtil feuillage et éclatante floraison : l’Orpin de Palmer n’en est pas moins généreux.

Orpin de Palmner / Un jardin dans le Marais poitevin.Coup de chapeau au voisin ! A vrai dire, il n’est pas vraiment jardinier. Raison de plus. Il a fait le bon choix avec cette potée d’Orpin de Palmer. Un peu livrée à elle-même sur un muret, elle s’est simplement nourrie de soleil et de l’eau du ciel depuis l’été dernier.

Elle n’a été privée ni de l’un ni de l’autre ces derniers mois. Certes, elle semblait un peu mal en point fin septembre au sortir de la canicule. Mais ce drôle d’hiver lui a réussi. D’abord avec la multiplication de rosettes bien charnues, vert tendre, pointées de rose et de rouge. Un superbe effet à elles seules !

Depuis quelques jours, la potée s’enrichit d’une lumineuse floraison. Pétales, longues étamines, stigmates, le tout d’un jaune intense. Le feu d’artifice ne dure hélas pas très longtemps. Une à deux semaines seulement. Mais quel spectacle !

Cousin de l’Orpin blanc qui envahit les toitures des cabanons près de la maison, l’Orpin de Palmer est tout aussi somptueux que facile à vivre. Foi de voisin.

Orpin de Palmer / Un jardin dans le Marais poitevin.

Photos JF Irastorza

 

La Carte de géographie

Carte de géographie, première génération / Un jardin dans le Marais poitevin.

Au revers des ailes postérieures, un réseau de fines lignes blanches évoque celui d’une carte routière. D’où son nom.

Deux générations dissemblables pour la Carte de géographie, avec toutefois le même réseaux de lignes blanches qui lui vaut son nom.

Carte de géographie, première génération, mars 2019 / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 52 mm. Visible de fin mars à septembre. Ici livrée printanière.

La dernière fois qu’elle est passée au jardin, elle était à dominante noire, discrètement marquée de blanc et d’orange. C’était l’été dernier. Deux générations se succèdent en effet chez la petite Carte de géographie. L’une printanière. L’autre estivale. Semblables dans l’allure générale et le comportement. Très différentes dans le jeu de couleurs de leur livrée.

Livrée estivale.

C’est donc la première génération qui vient de faire son apparition. Une marge et un semi de taches noires, quelques filets et points blancs, comme pour rappel, mais c’est surtout l’orange brique qui éclate sous le soleil de mars ! 

D’une génération l’autre, le revers des ailes est plus semblable. C’est lui qui vaut son nom à la Carte de géographie ! Sur fond brun, plus violacé dans la seconde génération, un ensemble de fines lignes blanches, davantage concentré sur l’aile postérieure, évoque ainsi le tracé d’un réseau routier. Et pourquoi pas celui des conches et des rigoles du Marais poitevin ?

Sur un épi de menthe odorante.

Fin mars. Première apparition printanière sur une haie du jardin.

Fin avril. Sur le Cerfeuil sauvage, premières ombelles du printemps

Mi avril. Bain de soleil au pied d’une haie.

Début juin. C’est déjà l’été : la seconde génération de la Carte de géo vient d’émerger !

Fin mai. Quand la Carte de géo succombe aux leurres de l’Orchis pyramidal.

Début avril. Sur l’aubépine en fleurs.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Carte géographique avec le site quelestcetanimal.com
  • La Carte géographique avec le site insectes.net

Photos JF Irastorza

 

La Piéride de la moutarde

Elle ne s’éloigne jamais très loin et n’est guère farouche. La Piéride de la moutarde laisse assez facilement admirer ses yeux gris bleu !

Piéride de la moutarde sur fleur de Grémil pourpre bleu / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 24 mm. Visible de mai à août.

Un papillon blanc. Une Piéride. Oui mais laquelle ? Ni celle du chou ou du navet. Elle est bien trop petite. Guère plus de deux centimètres d’envergure. Avers des ailes, abdomen, pilosité de la tête : la Piéride de la moutarde (Leptidea sinapis) est blanche jusqu’au bout des pattes ! 

Trois exceptions cependant. D’abord le revers des ailes. De larges lignes grisées y forment un discret réseau, comme estompé, à peine perceptible sous le soleil. Ensuite les antennes. En forme de massue, on croirait leur pointe incandescente, brune puis roux orangé. Enfin les yeux ! Si ceux de la petite Aurore sont verts, ceux-ci n’en sont pas moins attendrissants. D’un étonnant gris bleu. Constellés de petits points plus sombres.

La Piéride de la moutarde affectionne les pieds de haie et les prés refermés du marais. Elle y butine notamment le Grémil pourpre bleu. En attendant la Moutarde noire qui ne devrait plus tarder à fleurir.

Piéride de la moutarde, réseau grisé au revers des ailes, pointe des antennes orangé, pattes blanches et yeux bleu-gris / Un jardin dans le Marais poitevin.

Deux à trois générations se succèdent en mai-juin puis juillet-août. Les chenilles se développent sur diverses légumineuses. La dernière génération passe l’hiver à l’état de chrysalide.

Une silhouette gracile sur un bouton d’oeillet d’Inde. La Piéride de la moutarde visite régulièrement le jardin de son vol lent et bas.

En savoir plus 

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Piéride de la moutarde avec les Carnets nature de Jessica
  • Leptidea sinapis avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza