Intimité garantie !

Iris / Un jardin dans le Marais poitevin.

Il fallait bien que les iris suivent le mouvement. Les premières fleurs viennent d’éclore. Qu’on se le dise chez les butineurs.

Iris / Un jardin dans le Marais poitevin.Et voilà sans doute les fleurs les plus sensuelles de ce début mars. Comme brusquement et prématurément réveillés, les longs tépales bleu-violacé des iris ont encore un petit air chiffonné. 

Ils ne s’en préparent pas moins à accueillir abeilles et bourdons. Légèrement alangui sous le soleil, l’un d’entre eux semble fin prêt. Il expose déjà sans ambages le réseau de veines blanches qui pointe vers l’entrée du calice. L’invitation n’est pas assez claire ? Rehaussée de jaune, une fine ligne de barbe blanche balise donc le chemin.

Intimité garantie ! Un petit tépale sommital mettra ainsi la pollinisation à l’abri des regards sous son léger auvent…  Pourtant, dans les étages du dessous, les longs boutons hésitent. Est-ce vraiment l’heure ? L’hiver n’est peut-être pas terminé. Prudents, ils semblent temporiser, sagement enveloppés dans leur mousseline de soie mauve.

Iris / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

Un air de Carnaval !

Chenille du Bombyx du chêne, masque facial / Un jardin dans le Marais poitevin.

La chenille du Bombyx du chêne compte-t-elle effrayer les prédateurs avec son masque facial ? Cela ne l’empêche pas de faire l’autruche en se lovant à la moindre alerte.

Chenille du Bombyx du chêne, enroulée sur elle-même / Un jardin dans le Marais poitevin.Clin d’oeil à la chenille du Bombyx du chêne en ce jour de Mardi gras. Elle est là dans un stade intermédiaire, déjà de bonne taille mais pas encore replète comme on a pu la voir en juin dernier. Elle perdra bientôt l’éclat de ses longues soies beiges et roussâtres pour prendre une tonalité générale plus brune. C’est alors qu’elle deviendra véritablement vorace.

Mais ce qui retient évidemment l’attention ici, c’est cet étrange masque grimaçant aux allures d’Art premier. Simple illusion d’une pigmentation beige sur fond noir, noyée dans un halo de poils clairs. En vérité, les chenilles n’ont en effet ni yeux ni narines… 

Elle chemine dans l’herbe rase et, comme toutes les chenilles, ne tarde pas pas à se lover à l’approche trop pressante d’un intrus. Allez donc lui faire comprendre qu’on ne lui veut aucun mal. Sinon admirer sa face de Carnaval !

Sources :

Chenille du Bombyx du chêne / Un jardin dans le Marais poitevin.

Si la chenille du Bombyx du chêne est imposante, son parasite ne l’est pas moins : l’Échinomye corpulente. Corps noir hérissé de soies épaisses, tête jaune orangé : une des plus grosses mouches européennes.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

Il suffit de le laisser vivre sa vie

Poliste gaulois / Un jardin dans le Marais poitevin.

Actif butineur mais également carnivore : le Poliste gaulois est aussi tranquille qu’utile auxiliaire au jardin.

Plus élancé qu’une guêpe commune. Moins massif qu’un frelon. Le Poliste gaulois butine ici les fleurs de laurier tin, dans la petite cour près de la maison. On le reconnait aisément à ses longues pattes jaune-orangé et, surtout, à ses solides antennes franchement orangées en forme de massue. Fortement nervurées, le plus souvent relevées lorsqu’il butine, ses longues et fines ailes retiennent également l’attention par ses reflets roussâtres. Le Poliste gaulois n’est pas seulement butineur. Ses puissantes mandibules ne dédaignent pas chenilles et larves de rencontre… Il n’en est que plus utile au jardin. Impressionnant sans doute, il est pourtant parfaitement inoffensif. A condition de ne pas approcher trop près son nid alvéolé. Il l’installe où il peut. Pour ne pas dire n’importe où. Sous le débord de la toiture du cabanon ou accroché à une branche. A vrai dire, ses bruyantes allées-et-venues ne passent pas inaperçues. Il suffit de le laisser vivre sa vie.Plus élancé qu’une guêpe commune. Moins massif qu’un frelon. Le Poliste gaulois (Polistes dominula) butine ici les fleurs de laurier tin, dans la petite cour près de la maison. On le reconnait aisément à ses longues pattes jaune-orangé et, surtout, à ses solides antennes franchement orangées en forme de massue (pour la femelle) ou enroulées (pour le mâle).

Fortement nervurées, le plus souvent relevées lorsqu’il butine, ses longues et fines ailes retiennent également l’attention par ses reflets roussâtres.

Le Poliste gaulois n’est pas seulement butineur. Ses puissantes mandibules déchiquettent volontiers chenilles et larves de rencontre. Surtout pour alimenter le couvain. Voilà donc un utile auxiliaire au jardin. Parfaitement inoffensif. A condition de ne pas approcher trop près son nid alvéolé qu’il installe où il peut. Pour ne pas dire n’importe où. Sous le débord de la toiture du cabanon ou accroché à une branche. A vrai dire, ses allées-et-venues ne passent pas inaperçues. Il suffit de le laisser vivre sa vie.

Un ou une Poliste ?

Poliste / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les deux genres sont en usage. Quand au sexe, femelle et mâle se distinguent facilement, notamment à leurs antennes. Massues ou tire-bouchons. Il s’agit ici d’une jeune reine, fécondée l’automne dernier.

Début juillet 2020. Au sortir d’une corolle de bignone, un des péchés mignons du Poliste.

Les mâles (antennes enroulées) émergent en fin d’été. Ils meurent avec les premières gelées. Leur mission : féconder les futures reines qui, seules, passent l’hiver pour fonder de nouvelles colonies au printemps.

Mi octobre 2021. Femelle « stylopisée » : les larves parasites (petits insectes de la famille des Stylopisae) se sont insinuées sous les plaques abdominales pour s’y incruster et s’y développer. Au point de déformer et soulever lesdites plaques. La guêpe délaisse alors sa colonie. Elle butine et chasse pour subvenir aux besoins des intrus qui siphonnent ses fluides internes.

Début septembre 2022. D’une couronne de petites fleurs l’autre, sur une tige de Lycope d’Europe.

En savoir plus : 

  •  Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Poliste gaulois avecd le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza