Turricules : vivent les vers de terre !

Lombrics et turricules / Un jardin dans le Marais poitevin.

En automne, les lombrics remontent des profondeurs du sol et travaillent pour nous les couches superficielles. Les turricules sont autant de bons signes !

Lombrics et turricules / Un jardin dans le Marais poitevin.Évidemment, sur un gazon anglais ou un green de golf, cela peut faire un peu désordre. Mais dans les allées du jardin, ils sont tout compte fait plutôt les bienvenus ! La multiplication des turricules est en effet bon signe : les vers de terre sont à l’oeuvre ! 

Ces tortillons de terre noire, amassés ici et là, témoignent d’un réseau de fines galeries souterraines en construction. Une aubaine pour un sol comme celui-ci, qui a tendance au compactage et s’engorge vite en cas de forte pluie.

Mais les lombrics ne sont pas de simples excavateurs ! En digérant la terre, ils l’enrichissent au passage et participent au bon équilibre du potager. Bref, pour être sans doute assez peu esthétiques, les turricules sont tout le contraire des crachats de lune. Autant ces derniers sont l’indice d’un sol asphyxié, autant les petits tortillons témoignent d’une terre en belle santé !

Lombrics et turricules / Un jardin dans le Marais poitevin.

Peu esthétiques les turricules ? Patience, les pluies d’automne ne tarderont pas à les « dissoudre ». Sinon, un coup de râteau à feuilles les dispersera sans difficulté. Mieux, collectez-les pour les mélanger à la terre de vos prochaines potées fleuries !

Mi octobre. Avec l’automne, voici revenu le temps de terricoles. Mine de rien, les vers de terre travaillent pour nous !

Autant les turricules sont l’indice d’un sol en bonne santé, autant le Nostoc, alias le Crachat de lune, est le symptôme d’un sol compact et mal drainé. En dormance par temps sec, il se « réveille » sous la pluie pour constituer de petits amas d’une substance gélatineuse assez peu ragoûtante.

Photos JF Irastorza

 

L’Eucère troussée

Eucère troussée sur capitule de pulicaire.

Outre les yeux verts, l’Eucère troussée se distingue notamment par une épaisse brosse tibiale. Pour récolter ici le pollen de la pulicaire.

Eucère troussée et Pulicaire dysentérique.

Taille maxi : 11 mm. Visible de juillet à septembre. Pas de pourpoint roussâtre : le thorax est quasi glabre

Sa cousine l’Eucère dentée (Tetraloniella dentada) a abondamment fréquenté le jardin cet été. Des cosmos aux rudbéckias en passant par l’origan et la scabieuse. En ce début d’automne, voilà donc une petite abeille sauvage assez semblable. Presqu’exclusivement sur les capitules jaunes de la Pulicaire dysentérique. Des rives de la Sèvre niortaise aux prairies humides du marais alentour.

Sans doute s’agit-il de l’Eucère troussée (Tetraloniella alticincta). Rondelette elle-aussi, noire rayée de blanc-crème, les yeux également émeraude, la brosse tibiale tout autant généreuse… Son allure est toutefois moins échevelée.

Comme toujours chez les eucères, les mâles se distinguent par leurs longues antennes. Et, dépourvus de brosses collectrices, par leur butinage en dilettante. Passé le temps des amours, en effet, seules les femelles s’activent dans une incessante récolte de nectar et de pollen. Pour garnir le garde-manger souterrain de leur progéniture. À voir la couleur joliment dorée de leur épais manchon, on devine combien ces dames sont, sinon inféodées, du moins très fidèles aux fleurons de la pulicaire.

Eucère troussée et Pulicaire dysentérique.

Courtes antennes et épais manchon aux pattes arrière pour les femelles.

Longues antennes et butinage en dilettante : les mâles apprécient aussi la Pulicaire dysentérique.

Deux cousines

Une proche cousine, l’Eucère dentée, ici sur le coeur noir d’un rudbéckia.

Les eucères sont souvent difficiles à identifier. Avec un point commun d’une espèce l’autre : les très longues antennes des mâles.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Les eucères avec le site aramel.free.fr
  • Tetraloniella alticincta avec la galerie du site insectes.org

Photos JF Irastorza 

 

La Cétoine marbrée

Cétoine marbrée sur capitule de dahlia.

Sombre, finement maculée de blanc, la Cétoine marbrée apprécie le nectar des fleurs comme les écoulements de sève des arbres blessés.

Cétoine marbrée sur capitule de dahlia.

Taille maxi :25 mm. Visible d’avril à septembre.

Plus rare que sa cousine la Cétoine dorée. Et davantage trapue qu’elle encore. La discrète Cétoine marbrée (Liocola marmorata) est plutôt sombre. Presque noire. Avec des reflets ni verts ni cuivrés. Mais bronze. Un réseau de lignes et de fines taches blanchâtres animent par ailleurs ses élytres. Et se prolonge sur le pronotum.

On peut penser à la Cétoine grise, alias le Drap mortuaire, alias la funèbre. Mais la taille de cette dernière est toutefois bien plus modeste et son décor plus moucheté que marbré.

D’une manière générale, les Cétoines ne survivent guère aux premières gelées automnales. Qu’importe. Leur progéniture est déjà à l’abri. Et à l’oeuvre. Souvent dans une cavité d’arbre mort. Mais également dans la tiédeur d’un tas de compost ! Les gros vers blancs – à ne pas confondre avec le ver du hanneton, ravageur de racines – passeront ainsi l’hiver à digérer les rebuts du potager. Et à préparer vos futurs apports organiques.

Cétoine marbrée sur capitule de dahlia.

Ici en exploration d’un capitule de dahlia, la Cétoine marbrée est d’ordinaire plutôt arboricole. Elle raffole en effet de la sève qui s’écoule sur les troncs ou les branches blessées.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza