L’Andrène agile

Andrène agile en pause sur pétale de tulipe.

Quelques instants magiques auprès de l’Andrène agile. Réputée d’une grande vivacité, elle se laisse ici volontiers approcher. Et photographier.

Andrène agile en pause sur feuille d'hortensia.En pause sur un pétale de tulipe rouge puis sur une feuille d’hortensia. Par cette matinée frisquette, l’Andrène agile (Andrena agilissima) semble recharger ses batteries au soleil de Pâques. Le temps de se faire admirer. Pas si fréquent pour cette abeille solitaire dont le qualificatif latin suggère à juste titre une hyper activité.

Elle ressemble à sa cousine l’Andrène cinéraire. Mais avec une fourrure thoracique noire et cendrée moins dense. Des touffes grises latérales à la pointe de l’abdomen, des brosses de collecte blanches et, surtout, des ailes fumées aux reflets métalliques bleutés.

L’Andrène agile émerge ordinairement en avril lorsque les arbres fruitiers du jardin amorcent leur floraison. Cela dit, pour garnir généreusement le garde-manger des nids creusés au sol, elle a aussi un faible pour la moutarde blanche. Ne l’appelle-t-on pas parfois l’Andrène des crucifères ?

Andrène agile en pause sur pétale de tulipe.

Andrène agile en pause sur feuille d'hortensia.

À noter le dessus du thorax, nu et granuleux, ainsi que les petits toupets gris faciaux, de part et d’autre des antennes.

Avec les petits mâles…

Andrène agile, mâle.

Petit mâle (pas de brosse blanche de collecte) sur un poirier en fleurs.

La Moutarde blanche fait coup triple : couvert hivernal du jardin, engrais vert au printemps et source de nectar pour les premiers butineurs. Notamment pour Andrena agillisima, parfois appelée l’Andrène des crucifères.

L’Andrène agile apprécie talus et vieux murs pour aménager son nid : elle creuse ici un joint de mortier, au parement du mur nord de l’église Sainte-Catherine de Magné (Deux-Sèvres).

Ne pas confondre avec…

Ne pas confonfondre avec l’Andrène cinéraire,  ici une femelle, fourrure thoracique noire et cendrée bien fournie, brosses de collecte noires, ailes  hyalines.

En savoir plus :

 

L’Andrène dorsale

Andrène dorsale sur Moutarde blanche.

La bagatelle ne s’éternise pas avec l’Andrène dorsale. Voilà déjà venu le temps d’aménager et approvisionner les nids. Les mâles devront se faire une raison !

Andrène dorsale sur Moutarde blanche.

Le mot Andrène est réputé masculin. Mais l’usage tend à le féminiser.

Voulez-vous faire plaisir à l’Andrène dorsale (Andrena dorsata) ? Semez-lui une planche ou deux de Moutarde blanche ! Chaque début de printemps, immanquablement, elle fera honneur au généreux couvert hivernal en fleurs. Entre deux parades nuptiales mouvementées !

Cette abeille solitaire de taille moyenne (environ 1 cm) se distingue notamment par un dense pourpoint roux. Et ses fines bandes abdominales blanc crème s’interrompent plus ou moins en leur milieu. La première étant le plus souvent quasi inexistante.

Les femelles arborent une brosse finement peignée aux tibias arrière. Ici, la collecte vient de commencer. Alors, avec un manchon bien garni de pollen jaune pâle, fini le badinage ! Tant pis donc pour les mâles qui poursuivent leur sarabande effrénée… Fondant brusquement sur chaque belle de rencontre, parfois à plusieurs, ils sont désormais vertement éconduits ! 

Car il y a un temps pour tout. Voici déjà venu celui de la ponte et de l’approvisionnement des futures larves. Au fond d’un puit creusé au sol. La nouvelle génération émergera en juillet. Faute de Moutarde blanche, elle n’aura que l’embarras du choix avec les fleurs sauvages ou cultivées du jardin. Pour butiner et batifoler à son tour.

Andrène dorsale sur Moutarde blanche.

On voit bien ici l’estompage central progressif des fines bandes abdominales, de l’arrière vers l’avant, au point de quasi disparaître sur le premier segment.

Furtif accouplement. Plus petit, la fourrure moins orangée, le mâle profite de l’inattention de la femelle, occupée à lécher le nectar de la Moutarde blanche, pour fondre sur elle.

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La Nomade commune

Nomade commune sur Ficaire fausse renoncule.

Dans la série des « abeilles-coucous », la Nomade commune est aussi précoce que la plupart des andrènes. Et pour cause !

On dirait une petite guêpe. Mais la Nomade commune (Nomada goodeniana) est bien une abeille sauvage. Avec une livrée noire et jaune, mâtinée de rouille sur les ailes, les pattes et les antennes. Plutôt replet, l’abdomen présente de larges bandes jaunes, une par segment, sensiblement rétrécies au centre.

Comme tous les membres de la famille Nomade, voilà une « abeille coucou » dont les pattes sont dépourvues de brosses de collecte. À quoi bon ! Pas besoin de récolter de pollen, en effet, quand il suffit d’aller pondre dans un nid déjà aménagé et approvisionné…

En cette fin mars, Madame Nomade patrouille ainsi à la recherche d’un terrier-nurserie en cours d’installation. Avec une préférence pour ceux des Andrènes. Elle profite de l’absence de la maîtresse des lieux pour s’y introduire. Et y déposer ses oeufs. Les larves ne se poseront pas de questions. Elles détruiront le couvain pour profiter d’un garde-manger bien garni !

Restera à l’usurpatrice la peine de butiner… pour elle-même ! Actuellement, on la rencontre surtout sur les fleurs de pissenlit, de ficaire et de bouton d’or.

En savoir plus :

La cible favorite de la Nomade commune

L’Andrène noire-bronze (A. nigroaenea).

Deux cousines

La Nomade fardée (N. Fucata), parasite de l’Andrène à pattes jaunes.

La Nomade rousse (N. lathburiana) parasite de l’Andrène cinéraire