L’Anthophore fourchue

Anthophore fourchue sur fleur de ronce commune.

Aussi vive que discrète, l’Anthophore fourchue est en avance cette année. À l’unisson d’un été qui grille la politesse au printemps !

Anthophore fourchue sur fleur de ronce commune.Avec une carrure tout aussi « ramassée » que sa cousine l’Anthophore plumeuse, elle est cependant bien plus petite. À pleine plus d’un centimètre. L’Anthophore fourchue (Anthophora furgata) fréquente déjà le jardin depuis quelques semaines. Particulièrement les haies où elle récolte l’abondant pollen de la Ronce commune.

Sa dense fourrure grisâtre, nuancée de brun et de fauve, évoque celle d’un petit bourdon. D’autant mieux que la pointe abdominale s’illumine de roux. Mais si son vol est plutôt sonore, il est surtout très vif. Au point qu’il est souvent difficile de la suivre du regard.

L’Anthophore fourchue creuse elle-même son nid dans le bois plus ou moins pourri des branches mortes. Elle y aménage une demi-douzaine de cellules où elle répartit ses oeufs. Et une bonne réserve de miel pour ses futures larves. Celles-ci resteront calfeutrées bien au-delà de l’hiver dans leur nid. L’émergence a généralement lieu en juin. Plus tôt cette année tant le mois de mai a été estival ! 

Anthophore fourchue sur fleur de ronce commune.

N’était l’absence de collier et de ceinture jaunes, on songerait au petit Bourbon des prés.

La cousine plumeuse

L’Anthophore plumeuse, une cousine plus précoce et hyper active au jardin. Un mâle ici avec ses tarses intermédiaires pourvus des longues soies noires qui ont inspiré le nom de l’espèce.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza 

 

L’Osmie rousse

Osmie rousse sur fleur de bourrache.

On la repère facilement à sa brosse ventrale orangé. Toujours en mouvement, l’Osmie rousse n’est pas pour autant facile à observer lorsqu’elle butine.

Osmie rousse sur fleur de bourrache.

Taille maxi : 12 mm. Visible de mars à juin.

Aussi petite que trapue, l’Osmie rousse (Osmia rufa), alias l’Osmie à deux cornes (Osmia bicornis), frise tout au plus le centimètre. Comme sa cousine, l’Osmie cornue (Osmia cornuta), elle porte deux étranges petites cornes sur une tête entièrement noire. Entre antennes et mandibules. 

Osmie rousse sur fleur de bourrache.La confusion entre les deux cousines est cependant impossible. L’Osmie cornue est en effet plus imposante (1,5 cm). Elle présente surtout une fourrure plus voyante et tranchée. Rouge brique sur l’abdomen, noire intense sur le thorax et la tête. Celle de la petite Osmie rousse est plus sobre.

Au gris jaune du pourpoint succèdent le brun orangé de l’abdomen puis le noir le l’extrême pointe. Finalement, c’est la face ventrale qui se repère le mieux, avec une brosse collectrice de pollen dense et franchement rousse.

Sans surprise, le mâle est un peu plus petit encore. Et plus discret. S’il présente des antennes plus longues que celles de la femelle, sa livrée est globalement plus terne. Et, comme chez Osmia. cornuta, il ne présente pas de cornes mais une toupet grisâtre au front.

Sur l’un des pommiers en fleurs du jardin.

Sur le Genêt des teinturiers en fleurs.

Toupet facial et livrée gris roux : petit mâle sur fleur de bourrache.

Solide cousine

Une taille plus imposante, une fourrure noire et brique plus tranchée pour l’Osmie cornue.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Les osmies avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

La Nomade rousse

Nomade rousse.

Une abeille coucou printanière. La Nomade rousse : abdomen rayé de jaune, thorax et tête rougeâtres, le reste à dominante rouille.

Elle a un look de petite guêpe. Mais c’est bien une abeille sauvage. À peine 12 mm. Avec un abdomen rayé de jaune vif. Sauf la première bande, à l’unisson d’une étrange dominante rouille. Des pattes aux antennes. Et jusqu’aux yeux ! La Nomade rousse (Nomada lathburiana) est presque glabre, sauf thorax et tête qui présentent une fine pilosité rougeâtre.

Elle vient d’émerger au jardin. En même temps que les Andrènes. En particulier les Andrènes cinéraires. Normal. Puisqu’elle se reproduit à leur dépend. La Nomade rousse est en effet une « abeille coucou ». Autrement dit, elle installe sa progéniture dans le nid d’un hôte involontaire.

À cette fin, elle cible et surveille quelques entrées de terriers. Un sixième sens semble l’avertir des pontes récentes. Elle profite alors de l’absence de la maîtresse des lieux pour entrer dans le nid et y pondre à son tour. Ses larves dévoreront le couvain puis les réserves de nectar et de pollen… Cela n’empêche pas la Nomade rousse de butiner. Mais pour son seul propre compte !

Début mars 2021. Sur capitule de pissenlit.

La cible favorite de la Nomade rousse 

Deux cousines 

Nomade commune sur Ficaire fausse renoncule.

La Nomade commune  parasite de l’Andrène noir bronze.

La Nomade fardée (N. fucata), parasite de l’Andrène à pattes jaunes .

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Nomada lathburiana avec la galerie du Monde des insectes.

Photos JF Irastorza