Le Hérisson d’Europe

Le hérisson et les feuilles mortes.

Isolant thermique autant que garde-manger : la litière de feuilles mortes est précieuse pour le Hérisson d’Europe qui la fouille de son long museau pointu…

Taille maxi : 30 cm. Visible de mars à novembre.

Le bruit des feuilles mortes brassées est caractéristique. Au pied des haies, le Hérisson commun, alias le Hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus)  est assuré d’en trouver une bonne couche. Et, avec elles, qualité de limaces, escargots, insectes et larves diverses dont il se délecte.

Il furète également au potager, essentiellement la nuit, dès le crépuscule, en quête de chenilles notamment, sans jamais s’en prendre aux légumes ou aux fruits, sinon parfois lorsqu’ils sont tombés au sol et qu’il n’y a rien d’autre à se mettre sous la dent.

Le jour, le Hérisson d’Europe se cache au creux d’une haie, d’un tas de bois ou d’un fourré qu’il aménage à l’approche des gelées, en accumulant feuilles mortes et débris végétaux divers pour s’y abandonner de novembre à février.

Deux accouplements peuvent se succéder dans l’année. La première sitôt la fin de l’herbernation, en mars, la seconde en août-septembre, chaque portée comptant 4 à 5 petits que la femelle prend seule en charge.

Parmi les cachettes et abris du hérisson dans un coin du jardin.

En savoir plus : .

  • Guide nature : 100 traces et empreintes, Bernard Loyer, 2004, Nathan.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • Le Hérisson d’Europe avec la LPO

Photos JF Irastorza

 

Au nez et à la barbe de l’épeire !

Mouche scorpion chipant la proie d'une Épeire diadème.

Une Tipule piégée par la toile d’une Épeire diadème mais convoitée par une Mouche-scorpion : à votre avis, qui va la manger ?

Mouche scorpion chipant la proie d'une Épeire diadème.

D’ordinaire si prompte, l’Épeire diadème hésite, intriguée, peut-être, par l’audace de la Mouche scorpion. Malgré tout prudente, celle-ci semble prendre la tipule comme bouclier !

La Mouche-scorpion (Panorpa vulgaris) n’est pas vraiment une chasseuse. On l’a ainsi vue en automne se délecter de la pulpe sucrée des mûres. Pour autant, elle est avant tout carnassière et friande surtout de cadavres d’autres insectes. Elle furète donc en permanence dans la végétation pour jouer les équarrisseuses.

Mouche scorpion chipant la proie d'une Épeire diadème.

Finalement, l’araignée préfère renoncer et regagne sa cachette.

Mais elle sait aussi se montrer opportuniste. À quoi bon en effet chercher et chercher encore quand il suffit parfois de se servir sur une toile d’araignée ? Facile à dire. Car il faut éviter de se retrouver piégée à son tour dans ses satanés fils élastiques !

Faire vite avant que ne surgisse le monstre. En l’occurrence ici une Épeire diadème. Cachée dans les feuillages, elle sort dès les premiers soubresauts de la toile. Une tipule s’y est empétrée. D’ordinaire, elle aurait été vite « emmaillotée » pour être aussitôt « siphonnée ».

Trop tard cette fois ! La Mouche-scorpion a été plus prompte. Et, curieusement, sans même chercher à défendre son butin, l’araignée abdique et s’éloigne. Une autre mouche-scorpion accourt profiter de l’aubaine. Quand il y en a pour une, il y en a pour deux !

À la pointe de l’abdomen, le bulbe orangé est bien recourbé, à la manière d’un scorpion : il s’agit de deux mâles. Mais pas de piqure à craindre ! Avant tout copulatoires, ces drôles de pinces n’en ont pas moins inspiré le nom populaire de l’espèce.

En quête de proie facile sur un capitule de rudbéckia. On voit bien ici le long rostre broyeur avec lequel les cadavres sont déchiquetés.

En savoir plus : 

  • Guide photo des insectes, Hieko Bellman, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • La Panorpa vulgaris avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

La Poliste stylopisée

Poliste stylopisée.

« Habitée » par de petits insectes parasites, la Poliste stylopisée oublie sa colonie : elle butine et chasse pour ses étranges invités !

Poliste stylopisée.Stylopisée ? Ce n’est pas le nom de cette guêpe aux antennes orangées. Voilà plutôt une Poliste dominula. Autrement dit une Poliste gauloise. Ou « un » puisque le masculin est également en usage. Quoiqu’il en soit, l’étrange qualificatif indique simplement que ladite guêpe est parasitée.

Ainsi, la Poliste stylopisée héberge un ou plusieurs petits insectes, de l’ordre des strepsiptères – les Stylopidae – aux moeurs très étranges. Leurs larves s’insinuent sous les plaques abdominales de leurs hôtes involontaires. Pour s’y incruster et s’y développer en syphonant leurs fluides internes. Au point de déformer et de soulever lesdites plaques. Ce qui est bien visible ici. Cela dit, selon les angles de vue, on ne s’aperçoit de rien.

Les intrus devenus adultes, seuls les mâles quittent la Poliste pour s’envoler en quête de femelles. Lors de l’accouplement, celles-ci ne sortent qu’à demi de leur « chambre d’hôte » pour s’y réfugier à nouveau sitôt la chose faite. Les mâles se laissent alors mourrir. Et les femelles sont bientôt dévorées par leurs propres larves.

Quand à la Poliste, elle retourne au nid qu’elle avait jusqu’alors délaissé. Au contact de ses congénères, elle facilite ainsi la dissémination des jeunes larves parasites qui sautent sur les premières guêpes venues. Pour s’y enfermer. Et ainsi de suite.

Pattes jaunes, antennes orangées, joues et clypéus jaune : parfaitement inoffensive, la Poliste gauloise est un bon auxiliaire au potager où elle participe à la régulation des insectes ravageurs. En temps normale, elle chasse butine et au jardin pour apporter sucre et protéines aux larves de sa colonie. Mais, stylopisée, elle oublie celle-ci

En  savoir plus : 

Photos JF Irastorza