La Chloromyie agréable

Chloromyie agréable, femelle.

Le soleil lui va si bien ! Toute rutilante, la petite Chloromyie agréable aime s’y prélasser. Entre deux dégustations de pollen.

Chloromyie agréable, mâle

Malgré sa petite taille, 7-9 mm, elle ne passe pas inaperçue. Surtout sous le soleil. La Chloromyie agréable (Chloromyia formosa) ne tient pas son nom de son comportement il est vrai tranquille. Elle est avant tout agréable à l’oeil. Pour peu qu’on s’y arrête un peu.

Au repos, les ailes brun clair sont le plus souvent repliées sur l’abdomen. Comme pour mieux attirer l’attention sur le thorax. Vert métallique. Deux petits pincements latéraux y donnent, avec la suture du scutellum, vert lui aussi, une allure de masque énigmatique.

Large et plat, l’abdomen diffère d’un sexe l’autre. Bleuté chez la femelle. Doré voire cuivré chez le mâle. Avec, pour l’une comme pour l’autre, un intense éclat métallique et des reflets à l’unisson sur le thorax selon l’orientation de la lumière.

Active butineuse, familière des milieux boisés, plutôt humides, cette petite mouche abandonne sa progéniture sur le bois mort et le couvert de feuilles mortes. Les larves participent ainsi à l’élaboration de l’humus du sol. Elles sont bienvenues au jardin où elles « travaillent » volontiers dans le tas de compost !

Un abdomen doré et des reflets cuivrés sur le thorax pour le mâle aux yeux velus et jointifs.

Des reflets bleutés jusque sur les yeux (velus et disjoints) pour la femelle.

La visite de ce mâle sur une ombelle de Cerfeuil des bois lui aura été fatale. À l’affut, l’araignée crabe l’a saisi et neutralisé en une fraction de seconde.

Un mâle au petit matin sur un bouton de marguerite.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • La Chloromyie agréable avec le site quelestcetanimal.com
  • Chloromyia formosa avec la galerie sur site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

Le Syrphe porte-plume

Syrphe porte plume sur sauge des bois.

Les générations de Syrphe porte-plume se succèdent sans discontinuer depuis le mois de mars. Jusqu’à la fin de l’automne. Sus aux pucerons !

Syrphe porte-plume, mâle, au repos sur le pétiole d'une feuille morte de peuplier.

Taille maxi : 10 mm. Visible d’avril à octobre.

C’est un des plus petits syrphes du jardin. Moins d’un centimètre. Un des plus assidus aussi. Le Syrphe porte-plume (Sphaerophoria scripta) tient son nom de la silhouette du mâle. Un long abdomen cylindrique et étroit. Le dessin des deux derniers segments évoque une « plume sergent-major » tachée de brun rougeâtre comme au sortir d’un encrier !

La femelle présente des bandes jaunes plus étroites sur un abdomen plus large et plus pointu.

Son décor présente par ailleurs diverses nuances de jaune. Pâle sur la face et les antennes. Citron sur la demi-lune du scutellum et les taches latérales du thorax. Plus orangé sur les larges bandes qui rythment l’abdomen. Du moins pour le mâle. Outre les yeux disjoints, la femelle se distingue en effet par des rayures plus étroites et plus claires sur un abdomen plus ample et pointu.

Comme la plupart des syrphes, c’est un actif butineur au vol stationnaire à l’approche des fleurs. Et ses précieuses petites larves siphonneuses de pucerons sont d’autant plus omniprésentes au potager que le Syrphe porte-plume est très prolifique. Et se développe rapidement. Jusqu’à neuf générations annuelles !

Au sortir de l’hiver

Pour les butineurs aussi précoces (dès fin février, début mars) les pâquerettes sont une bénédiction !

Femelle sur fleurs jaune vif de Ficaire fausse-renoncule.

Au printemps

Comment résister à un nectar si facilement accessible, avec le cerfeuil des bois ?

Les adultes se nourrissent de nectar et de pollen. Un jardin fleuri, c’est une assurance anti pucerons !

Cette femelle ne pond pas ici au hasard. Elle a bien repéré la colonie de pucerons qui commence à s’installer tout à côté entre les « feuilles » de l’artichaut. Les futures larves auront de quoi manger !

En vol stationnaire à l’approche de la Vesce commune en fleurs.

Mâle en pause sur un bouton entrouvert d’Ophrys abeille.

En été

Femelle parmi les commensaux du panicaut.

Sur un capitule jaune de la Picride faute-vipérine.

Il va falloir attendre un peu : les fleurs jaune de la Lysimaque ne sont pas encore ouvertes…

En automne

Sur un capitule de Seneçon de Jacob.

Quand le Syrphe porte-plume fait la chandelle….

Syrphe porte-plume, mâle.

Sur un capitule de cosmos.

Accouplement sur le fil d’une feuille d’artichaut.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Syrphe porte-plume avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

La Trichie du rosier

Trichie du rosier sur lupin arbustif.

Cousine des cétoines, la Trichie du rosier : un superbe coléoptère amateur de pollen. Au jardin comme dans les haies.

Trichie du rosier sur lupin arbustif.

Taille maxi : 15 mm. Visible d’avril à août.

Un petit bijou haut sur pattes. Soulignés d’un liseré noir, avec trois grosses taches latérales noires, les élytres ne recouvrent pas entièrement l’abdomen dont l’abondante pilosité jaune pâle déborde largement. Tout aussi dense, la fourrure thoracique rousse se diffuse jusqu’à la tête.

Cousine des cétoines, la Trichie du rosier, alias la Trichie gauloise (Trichius gallicus ou rosaceus), volent très bien, navigant sans cesse, avec aisance, de fleur en fleur. Elle n’a actuellement que l’embarras du choix. Du cornouiller sanguin à l’aubépine des haies, du lupin arbustif aux marguerites, en passant par les roses bien-sûr et l’inévitable scabieuse.

Elle y grignote les étamines, parfois les pétales, et ne participe guère à la pollinisation. Sauf invasion, ses dégâts restent mineurs. Comparables à celles des hannetons et des cétoines, ses larves ne s’attaquent toutefois pas aux racines. Elles contribuent à la formation l’humus en se développant aux dépens des bois morts en décomposition.

Quand les marguerites lâchent prise,  les échinacées prennent le relais !

Trichie du rosier sur fleur de ronce / Un jardin dans le Marais poitevin.

Un petit bijou dans la forêt d’étamines de la généreuse ronce des haies.

À l’escalade d’un épi d’Orchis pyramidal.

À la découverte des scabieuses du jardin.

Trichie du rosier du Spirée du Japon.

Du pollen à foison sur la Spirée du Japon.

La belle Trichie du rosier peut rester des heures dans le parfum enivrant de la Reine des prés, passant d’une fleur à l’autre, prenant même le temps d’une somptueuse sieste !

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Trichius rosaceus avec la galerie du site insecte.org
  • La famille des cétoines avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza