Monsieur Sympétrum strié

Monsieur Sympétrum strié à l'affût.

Rouge délavé nuancé d’orangé : sauf sur le thorax où de vifs contrastes animent la marqueterie emblématique de Monsieur Sympétrum strié.

L’élagueuse de haie est passée par là. Au bord du halage, la branche de frêne devenue moignon fait cependant très bien l’affaire pour Monsieur Sympétrum strié (Sympetrum striolatum). Il y revient sans cesse, rarement bredouille, après chaque raid de sa chasse à l’affût.

Libellule de taille moyenne, il se distingue par sa livrée rouge assez terne nuancée d’orangé. Et surtout par une marqueterie thoracique très contrastée. Comme Madame, en effet, il présente une série de plaques latérales, jaunes, rouges, brunes, aux sutures noires bien marquées.

Il en va différemment sur l’abdomen. Chez Madame, sur un fond brun-jaune et gris-bleu, les segments sont solidement rythmés. Mais traits, lignes et points se dissipent ici dans une dominante rougeâtre délavée. À noter toutefois deux taches dorsales noires bien franches à la pointe de l’abdomen.

Chasseur inlassable, Monsieur Sympétrum strié sait aussi prendre le temps de longs bains de soleil. On le rencontre alors sur une feuille morte, au pied d’une haie. Immobile. Mais toujours aux aguets. 

Sources : 

Monsieur Sympétrum strié à l'affût.

Assez vif sur le thorax et à l’attache des ailes, le rouge devient délavé sur l’abdomen, avec des nuances latérales orangées. Le rythme des traits et des lignes, bien lisible chez la femelle, est davantage estompé chez le mâle.

Madame Sympétrum strié à l'affût.

Madame Sympétrum strié. Mêmes plaques latérales aux sutures noires fortement marquées (le rouge en moins). Même dessus des yeux marron. Mais une dominante dorsale brun-jaune, plutôt gris-bleu dessous. Avec un jeu de traits, de lignes et de points pour scander les segments.

Bain de soleil sur une feuille morte. Les deux taches dorsales noires  à la pointe de l’abdomen sont ici bien visibles.

 

Please follow and like us:

L’araignée Xystique

Araignée Xystique et Punaise arlequin.

Fatale rencontre pour le Graphosome italien, familier des ombellifères.

La sombre et sobre livrée de l’araignée Xystique : sans les couleurs et la fantaisie de la plupart des araignées-crabes.

Araignée Xystique et Téléphore moine.

Le Téléphore moine surpris en pleine escalade d’une graminée.

Avec les deux longues paires de pattes avant écartées lorsqu’elle est l’affût. Puis vivement rabattues pour enserrer la proie. Voilà une araignée-crabe de la famille des Thomises. Mais l’araignée Xystique n’a pas l’éclat laiteux du Thomise variable. Ni l’originalité du décor de son cousin le Thomise Napoléon !

À vrai dire, le genre Xysticus rassemble plusieurs espèces bien difficiles à distinguer. Sauf quelques points communs. Ainsi une dominante plutôt sombre. Notamment sur le dessus de l’abdomen où une ligne, voire des pointillés brun foncé marquent la lisière de flancs généralement fauves. 

Sur cette base, le décor minimaliste se résume à quelques lignes ou chevrons clairs, parfois à peine perceptibles. Enfin, sur le dessus du thorax, un triangle plus ou moins foncé s’inscrit dans un rectangle clair, la pointe généralement bien visible orientée vers l’abdomen.

Coléoptères, syrphes, abeilles ou papillons… La visite des ombellifères notamment peut ainsi être fatale. Tant l’araignée Xystique a l’art du patient camouflage. Et, surtout, la détente infaillible pour tout ce qui passe à sa portée.

Sources :

Araignée Xystique et Cétoine à tarière.

La petite Cétoine à tarière n’a même pas eu le temps de réagir.

Araignée Xystique et Chloromyie agréable.

Les deux pattes avant enserrent la Chloromyie agréable pour l’imparable baiser de la mort.

Quelques autres “araignées-crabes” du jardin. Ici le Thomise Napoléon avec le dessin de la silhouette impériale sur l’abdomen….

Le Thomise variable peut être d’un éclatant blanc laiteux …

… ou d’un vif jaune citron.

Le Thomise enflé. Blanc, vert, rose violacé, il est reconnaissable à la forme anguleuse de l’abdomen. La tête présente également deux tubercules portant les yeux latéraux.

 

Please follow and like us:

La parade nuptiale de l’Éristale

Parade nuptiale de l'Éristale interrompu.

En vol stationnaire. De fleur en fleur ! Quand Messieurs Éristale interrompu poursuivent Madame de leurs assiduités…

Éristale interrompu, femelle.

Yeux disjoints et marques triangulaires jaunes estompées pour la femelle.

Pas toujours facile de distinguer les syrphes entre eux. Notamment l’Éristale des arbustes (Eristalis arbustorum) et l’Éristale interrompu (Eristalis interrupta). L’un et l’autre sont de taille moyenne (environ 1 cm) et leur silhouette peut aisément se confondre.

Éristale interrompu, mâle.

Yeux joints et marques triangulaires jaunes plus présentes pour le mâle.

Thorax doré, ailes hyalines, abdomen noir rayé de blanc avec les fameuses marques jaunes triangulaires, discrètes chez la femelle, plus présentes chez le mâle. Alors comment les distinguer ?

Le plus sûr moyen est d’être là au bon moment ! Monsieur Éristale interrompu se livre en effet à une parade nuptiale à nulle autre pareille dans la famille des Éristales. Une application originale pour la grande virtuosité des syrphes en matière de vol stationnaire !

Ainsi, lorsqu’un mâle rencontre une éventuelle partenaire, il lui colle aux basques, de fleur en fleur, quelques centimètres au dessus d’elle. Plusieurs mâles peuvent même voler à l’aplomb d’une seule femelle. Deux, trois quatre… Difficile de savoir comment elle fait son choix. Mais, s’ils finissent par se chamailler, elle les plante là, tout penauds, et disparaît comme elle est venue. Relous !

Sources :

Parade nuptiale de l'Éristale interrompu.

Y-a-t-il une règle du jeu, un ordre de préséance entre les mâles volant au dessus de celle qui continue à butiner comme si de rien n’était ? Ils s’étagent sans difficulté à l’aplomb de celle-ci tant qu’ils restent deux voire trois. Mais, au-delà, vient vite la foire d’empoigne et… la fuite de la belle. Quand c’est trop, c’est trop.

Très proche cousin, l’Éristale des arbustes se distingue notamment par le premier article des tarses arrière épais, bien visible ici, plus large que l’apex des tibias. Femelle (yeux disjoints) butinant sur une planche de moutarde blanche.

Eristale horticole, mâle.

Même taille, même silhouette. Un autre proche cousin : l’Éristale horticole, assez facile à distinguer avec ses lignes rousses sur les ailes.

 

Please follow and like us: