La Trichopoda pennipes

Trichopoda pennipes : une brosse de soies noires sur les tibias arrière /un jardin dans le Marais poitevin.

La mouche Trichopoda pennipes est en visite au potager. Bonne nouvelle. Sauf pour la Punaise verte ponctuée !

Trichopoda pennipes : des ailes largement écartées au repos, orangées, noires et blanchâtres / Un jardin dans le marais poitevin.

Taille maxi : 10 mm. Visible d’avril à octobre.

Voilà une mouche bien singulière au jardin ! La Trichopoda pennipes n’a pas de nom vernaculaire français. Son appellation scientifique souligne une de ses particularités : des « pieds plumeux ». Les tibias de ses pattes arrière sont ainsi affublées de longues soies noires.

La belle collectionne bien d’autres distinctions. Des ailes largement écartées au repos, orangées, noires et blanchâtres. Un corselet noir rayé de jaune. Un abdomen paraissant d’autant plus court qu’il est « ramassé » au repos. Des pattes aux pointes jaunes. Et, surtout, deux petites « coquilles » orangées protégeant ses stabilisateurs.

Mais à son mode de vie que la Trichopoda pennipes doit sa célébrité. C’est en effet une parasite très spécialisée. Elle pond ses oeufs sur la Punaise verte ponctuée (Nezara viridula). Et ses larves se développent au dépens de la ravageuse. Originaire d’Outre-Atlantique, elle a d’ailleurs été introduite en Europe pour cela. Notamment pour la protection des cultures de courges. La voici au jardin. Bienvenue.

Trichopoda pennipes : corselet noir rayé de jaune / Un jardin dans le marais poitevin.

Sur inflorescence d’Eupatoire chanvrine.

Endormie à la pointe d’une feuille d’artichaut, en attendant que cesse la pluie.

Cible privilégiée de la mouche  Trichopoda pennipes, la Punaise verte ponctuée (Nezara viridula) se distingue notamment par trois points blancs entre deux points noirs, bien visibles à la limite du pronotum. Egalement par la pointe verte de ses ailes membraneuses.

En savoir plus : 

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Oilivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des Tachinaires et la notamment Trichopoda pennipes avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

Le Leptis pointillé

Leptis pointillé mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Dans la série des auxiliaires du jardin, on dirait le Leptis pointillé monté sur ressorts, prompt à saisir ses proies au vol.

Leptis pointillé femelle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 14 mm. Visible de mai à août.

Dressé sur ses hautes pattes, le Leptis pointillé (Rhagio tringarius) est ici à l’affût. Au bord d’une haie ou sur les légumes du jardin, cette petite mouche orangée apprécie les postes d’observation ensoleillés. 

Ses énormes yeux verts (joints chez le mâle) lui « mangent » toute la tête d’où émerge une une large trompe. Pas de confusion possible au regard de son long abdomen jaune orangé à la pointe noire effilée, marqué de points noirs sur le dessus et d’une ligne pointillée noire sur le côté. D’où son nom.

Avec des ailes fortement nervurées, parfaitement transparentes, le Leptis pointillé n’est guère adepte des longues pérégrinations. Mais il a le vol vif et précis. Toujours prêt à fondre sur les minuscules diptères volant à proximité. Voilà donc un précieux auxiliaire au potager. À bon entendeur…

Leptis pointillé mâle à l'affût / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Oiliver Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Le Leptis pointillé avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

Monsieur et Madame Libellule fauve

Libellule fauve, femelle.

Essentiellement printanière, la Libellule fauve parade au potager. Jaune orangé pour Madame. Bleu clair pour Monsieur.

Longueur maxi : 45 mm. Visible de mai à début août.

C’est une des premières libellules du jardin. Elle y chasse dès la mi mai. Puis la Libellule fauve (Libellule fulva) disparaît progressivement en début d’été. Après la ponte dans un fossé du marais. Une existence assez brève. Essentiellement printanière.

Il s’agit ici d’une femelle. Le thorax roux, l’abdomen orange vif, souligné d’une ligne dorsale brun foncé. Finement nervurées, tachées de noir à leur attache, plus discrètement à leur pointe, les ailes se distinguent surtout par leur bordure jaune.

Le mâle est bien différent. Largement recouvert d’une fine pruine bleu clair. À l’unisson de ses yeux pâles. Principal point de comparaison avec la femelle : l’épais triangle noir à l’attache des ailes, surtout arrière, et, plus ou moins marquée, la petite tache sombre de l’apex. Mais pas de bordure jaune chez l’adulte.

Libellule fauve, femelle.

Une tache triangulaire noir à l’attache des ailes, surtout arrière et, en plus du ptérostigma rectangulaire noir, une tache sombre plus ou moins marquée à l’apex.

Mâle à l’affût sur une fleur fanée d’hémérocalle.

À l’émergence, femelle et mâle immature se ressemblent, avec une lumineuse livrée orangée marquée d’un large ligne dorsale s’amenuisant vers le thorax.

Libellule fauve, mâle.

Pruine abdominale bleue et deux derniers segments noirs : mâle en pause sur un épi de Brunelle commune.

Libellule fauve, mâle.

Fin juillet : la pruine bleu clair s’est largement estompée chez ce mâle vieillissant en pause sur une structure de bambou du jardin. Les yeux sont restés bleus mais la dominante vire peu à peu au brun.

En savoir plus :

  • Guide des libellules de France et d’Europe,2007, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux et Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, Laurent Pressigout, Éd. Poitou-Charentes nature, Fontaine-le-Comte, pp 176-177.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Libellule fauve avec le site nature22.com

Photos JF Irastorza