Amours printanières

Andrènes cendrés, accouplement sur mirabellier en fleurs.

Chez les Andrènes cendrés, c’est le petit Monsieur qui fait le premier pas mais c’est Madame qui mène la danse. Sans ménagement dans les deux cas.

Andrènes cendrés, accouplement sur mirabellier en fleurs.Y-a-t-il plus bel endroit qu’un mirabellier au printemps pour conter fleurette ? Ces deux Andrènes cendrés (Andrena cineraria) n’y ont pas résisté. Il faut dire qu’à défaut d’être romantique, Monsieur a su se montrer persuasif. Pour ne pas dire expéditif. Sans crier gare. Simple question de phéromones.

Contrairement à l’Anthidie septemspinosum, le mâle n’a pourtant rien d’une brute épaisse. Il est d’ailleurs d’une taille nettement en dessous de la femelle. C’est pourquoi celle-ci a vite fait de s’en débarrasser lorsqu’elle reprend ses esprits !

Sitôt la copulation proprement dite, Madame repasse donc rapidement en mode butinage. Sans effusion excessive envers son Roméo qu’elle traîne quelque temps à la pointe de son abdomen. Mais le fardeau semble bientôt l’indisposer. Un coup de rein et le voilà qui valse… Les choses sérieuses commencent. Creuser un nid en terre, y aménager des cellules, pondre, amasser des réserves de pollen et de nectar pour les futures larves. Le mirabellier y contribuera largement.

Andrènes cendrés, accouplement sur mirabellier en fleurs.

Andrène cendré sur fleur de mirabellier, mars 2019 / Un jardin dans le Marais poitevin.

Solide femelle de l’Andrène cinéraire : une dominante noire et deux larges bandes thoraciques grises.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions / Métive.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • L’Andrène cendré, alias l’Abeille des sables, avec le site quelestcetanmal.com

Photos JF Irastorza

 

L’Hélophile suspendu

Hélophile suspendu sur fleur de mirabellier / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une superbe mouche ! Sur fond noir, l’Hélophile suspendu décline toutes les nuances les plus chaudes du jaune.

Hélophile suspendu sur fleur de mirabellier / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 13 mm. Visible d’avril à octobre.

Dans la cohorte des Éristales du jardin,  voilà « la » mouche des prairies humides. Le nom même de l’Hélophile suspendu évoque cet attachement aux zones de marais où ses larves prospèrent dans les fossés. Oui mais, pourquoi « suspendu » ? Tout bonnement en écho à sa grande maîtrise dans l’art du vol stationnaire !

Les prairies humides d’accord mais aussi le jardin. Elle ne résiste pas actuellement au nectar du mirabellier, des cerisiers et des poiriers. Moins à l’aise toutefois avec les fleurs de petits-pois et de fèves, elle les abandonne volontiers aux abeilles et aux bourdons.

Outre la fameuse nervure alaire en V propre aux Éristales, l’Hélophile suspendu se distingue évidement par les rayures jaune clair de son thorax et le double décor de son abdomen. Deux paires de triangles jaune ocre à l’avant. Puis trois paires de lunules jaune crème à l’arrière. Avec un chevauchement des deux motifs au centre.

Cette livrée rayée en « jaune et noir » lui vaut Outre-Manche le surnom de « Footballeur ». Ici, elle évoquerait plutôt le ballon ovale. Et le Stade rochelais !

Hélophile suspendu sur fleur de poirier / Un jardin dans le Marais poitevin.

Du printemps jusqu’en automne

Printemps. Sur un des pommiers en fleurs du jardin.

Été. Butinage sur une inflorescence d’achillée.

Automne. En pause sur une feuille de noisetier.

Automne. Sur un capitule de Picride fausse épervière.

Automne. Parmi les commensaux du lierre en fleurs.

L’autre syrphe des marais

À ne pas confondre avec son cousin, l’Hélophile à bandes grises, qui, outre les rayures thoraciques grisâtres, s’en distingue surtout par les taches abdominales jaune citron.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Hélophile suspendu avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

Les 4 saisons du Vulcain

Vulcain, bandes orangées délavées / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les prunelliers en fleurs ont donné le top départ. Le Vulcain est de retour. Familier du jardin jusqu’au bout de l’automne.

Vulcain, bandes orangées délavées / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 65 mm. Visible de février à novembre.

Le nom donné aux insectes par les entomologistes du XVIIIe siècle témoignent de leur imprégnation des cultures grecques et latines, notamment de la mythologie. Ainsi, le Vulcain fait allusion au dieu romain du feu, de la forge et des volcans.

L’allusion vise les ailes grandes ouvertes. Vues dans leur ensemble, les bandes rouge orangé des antérieures et des postérieures évoquent tout à la fois le front d’un vaste incendie de forêt, la gueule rougeoyante d’une forge ou des coulées de lave sur la périphérie d’un volcan. Au centre de cette fournaise, le brun lui-même est nuancé d’orangé, surtout en marge costale des antérieures où apparaissent deux petites stries rougeoyantes.

Immuablement, la génération nouvelle nait au printemps, en mars-avril, et butine toute la belle saison de façon très éclectique : toutes fleurs, sève, fruits mûrs. Avec un pic en juin-juillet. Une seconde génération peut s’intercaler et prendre le relais en été. Les chenilles mettent alors à profit le regain des nappes environnantes d’orties.

En automne, le Vulcain se calfeutre sur place (grenier, cabane, cavité d’un vieil arbre) et reparaît avec les premiers beaux jours. Lorsque les prunelliers sont en fleurs. Certains ns migrent vers le sud pour hiverner sous des cieux plus cléments.

Mais, selon la météo, il n’est pas rare de le voir encore profiter des ultimes après-midi de douceur en novembre voire décembre. Cosmos, zinnias, sédum, chrysanthèmes, dahlias et scabieuses font alors ce qu’ils peuvent pour le rassasier.

En fin d’hiver

Pour le Vulcain, la belle saison commence avec la floraison des pruneliers dans les haies.

Début mars. Parmi les premiers papillons de l’année. Du nectar et du soleil pour se requinquer au sortir de l’hiver !

Au printemps

Fin mars. L’incontournable du printemps : le mirabellier en fleurs !

Mi avril. Sur les pommiers en fleurs.

Début juin. Sur un capitule de scabieuse.

En été

Mi août. Sur une inflorescence d’Eupatoire à feuilles de chanvre.

Fin août. Dans une prairie voisine, sur la menthe aquatique en fleurs.

Début août. Les prunes blettes tombées au sol ne sont pas perdues pour tout le monde !

Mi-septembre. La pomme blette a en grande partie été évidée par les frelons asiatiques. Mais il reste assez de jus sucré à se mettre sous la trompe !

En automne

Octobre. Sur le lierre en fleurs. Le revers des ailes est plus discret, avec un patchwork de noir, de blanc, de bleu et de rouge aux antérieures ; une assez terne marbrure brunâtre rehaussés de quelques reflets bleutés aux postérieures,

Fin octobre. Au bord d’une haie.

Début octobre. La petite table bleue du jardin est un peu rouillée. Mais parfaite pour un bain de soleil automnal !

Mi octobre. Bain de soleil toujours. Sur le manche de la binette !

Mi-octobre. Les ailes malmenées par un prédateur sans doute ! Un peu de réconfort avec la phacélie.

Début novembre. Sur la litière de feuilles mortes au pied d’une haie.

Début novembre. Soleil et cosmos en fleurs : vive l’été de la Saint-Martin !

Fin novembre. Toujours en vadrouille sous le soleil de l’après-midi, malgré une première offensive du froid.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Vulcain avec le site quelestcetanimal.com
  • La migration du Vulcain avec le site 7.inra.fr

Photos JF Irastorza