L’Andrène cendré

Andrène cendré sur fleur de mirabellier, mars 2019 / Un jardin dans le Marais poitevin.

Pourpoint de fourrure noire et grise sur le dos, l’Andrène cendré n’habite pas loin. Son terrier est à quelques battements d’ailes.

Andrène cendré, pattes arrière chargées de pollen / Un jardin dans le Marais poitevin.Vivent les abeilles sauvages ! Dans l’actuelle effervescence des arbres fruiters, particulièrement des pommiers actuellement, elles sont assurément les plus nombreuses. Et les plus variées.

En voici une parmi les plus actives. Du moins le petit Andrène cendré devient-il vite familier, aisément identifiable à l’abondante fourrure de son thorax. Un large bandeau noir entre deux bandes claires aux nuances gris-cendré. Avec un toupet frontal assorti.

La pilosité est plus clairsemée sur l’abdomen dont les reflets métalliques scintillent au soleil. Et celle des pattes arrières constitue de véritables brosses qui ne tardent pas à se charger de pollen de fleur en fleur.

Réputé être l’abeille “des sables”, l’Andrène cendré n’en creuse pas moins son terrier au jardin. Il n’est pas le seul ! Les abeilles sauvages sont solitaires, certes, mais la plupart voisinent aisément, toutes espèces confondues. Sous les fruitiers, là où la végétation peine à s’installer, et parfois même dans la terre plus meuble des planches cultivées, des dizaines de petits cratères de terre fine signalent autant de dortoirs doublés d’une nurserie. C’est plutôt bon signe. Si on veut des butineurs au jardin.

En savoir plus sur l’Andrée cendré avec le site quelestcetanimal.com

Andrène cendré, pattes arrière chargées de pollen / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

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Tout ça pour ça !

Sialis de la vase, sur le dossier d'une chaise du jardin, début avril 2019 / Un jardin dans le Marais poitevin.

Sitôt la métamorphose et la copulation, le Sialis de la vase se laisse aller. A quoi bon vivre désormais ? Il lui faudrait peut-être un psy.

Sialis de la vase sur feuille d'ortie au bord d'un fossé, avril 2019 / Un jardin dans le Marais poitevin.Il est comme prostré, ici sur le dossier d’une chaise du jardin, là sur une feuille d’ortie. A peine sorti de la Sèvre toute proche et c’est déjà presque la fin pour le Sialis de la vase. Larve encore voilà peu, il s’est métamorphosé en ce bel insecte aux ailes magnifiques. Disposées en toiture. Comme une verrière fumée aux allures Art nouveau.

Las ! Pour être séduisantes, ses deux paires d’ailes semblent plutôt l’encombrer lorsqu’il prend son envol. Piètre voilier bringuebalé au moindre coup de vent ! Il ne vole d’ailleurs jamais bien loin. A quoi bon. Car le seul et unique but de sa courte existence, c’est de trouver l’âme soeur. Au plus vite. Une histoire qui rappelle celle de la Grande éphémère.

L’extase et la ponte ont lieu sur les herbes du rivage. Les larves se mettront bientôt à l’eau pour deux ans. A se repaître de petits invertébrés. Passée la “grande affaire”, sa mission accomplie, le Sialis de la vase n’a alors plus goût à rien. Pas même à manger. Une sorte de profond et fatal spleen. Tout ça pour ça !

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Sialis de la vase sur brin d'herbe au bord d'un fossé, avril 2019 / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

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Le fardeau du Méloé

Méloé agrippé à une tige de Lierre terrestre, courts élytres et volumineux abdomen / Un jardin dans le Marais poitevin.

Sacrée bedaine ! Si le Méloé est bien incapable de voler, ses larves pratiquent un funeste covoiturage pour les abeilles qui les transportent…

Méloé, femelle / Un jardin dans le Marais poitevin.Un coup d’oeil trop rapide peut le faire passer pour un Staphylin, l’équarrisseur du jardin. Mais le Méloé n’en a pas le tonus ! Il serait bien incapable de redresser son abdomen tel un scorpion pour impressionner un importun. C’est plutôt comme un fardeau qu’il traîne. Surtout ici la femelle, chargée de milliers d’oeufs.

Méloé, femelle / Un jardin dans le Marais poitevin.Les petites larves grimperont sur les fleurs sauvages, notamment de pissenlit, non pour s’en repaître mais pour “sauter” sur les abeilles de passage. En particulier les Anthophores dont l’abondante fourrure permet de bien s’accrocher. Jusqu’au nid. Et là, oeufs, miel, pollen… Bombance !

Indolent, le Méloé ne peut guère compter sur la fuite, ni la contre-attaque, en cas de dérangement. Mais il sait très bien faire le mort. Un liquide huileux, toxique et répulsif, suinte alors de certaines de ses articulations. Une dissuasion à peu de frais avant de reprendre tranquillement son chemin.

Le temps d’apprécier ses reflets bleutés, la fine ponctuation de ses courts élytres et de son thorax, ses puissantes mandibules. Et le chapelet de ses antennes.

En savoir plus sur le Méloé avec le site quelestcetanimal.com

Méloé femelle faisant "la morte", avec émission d'une substance huileuse jaunâtre, toxique et répulsive, à l'articulation des pattes médianes / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

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