Prise de tête automnale

Aeschne bleue, accouplement.

Il n’y a pas que le printemps ou l’été pour les acrobaties amoureuses ! Témoin l’Aeschne bleue ici aux abords de la Toussaint…

C’est, avec le Sympétrum rayé notamment, une des libellules les plus tardives du marais. Bien sûr, le gros de la troupe de l’Aeschne bleue (Aeshna cyanea) est estival, mais quelques individus font ainsi de la résistance jusqu’à la mi-novembre…  Et, jusqu’au bout, ils n’ont de cesse que de trouver l’âme soeur. Plutôt deux fois qu’une !

L’accouplement débute en vol. Puis, si le tandem est compatible, les amours se poursuivent, longuement, à l’accroche ici d’une branche de charme. 

Sacrée gymnastique. Le mâle saisit fermement la femelle par la nuque à l’aide de ses solides pinces anales. Consentante, Madame replie alors son abdomen jusqu’à toucher le deuxième segment de Monsieur. Bingo ! Car c’est au prix de cette inconfortable contorsion que les deux acrobates peuvent mettre en contact leurs pièces copulatrices…

La femelle ira pondre, seule, dans un fossé envasé où ses larves se développeront pendant un à deux ans. Les amours automnales ne sont pas terminées pour autant… Au hasard de nouvelles rencontres. Jusqu’aux gelées !

Sources : 

  • Libellules du Poitou-Charentes – Poitou-Charentes Nature, Fontaine-le-Comte, 2009.
  • nature22.com
Aeschne bleue, accouplement.

Par définition, les deux sexes sont ici rassemblés et facilement identifiables : trois couleurs pour la femelle (vert-pomme, marron, noir) et quatre pour le mâle (les mêmes plus le bleu-ciel).

 

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La Lucilie soyeuse

Lucilie soyeuse sur Bident feuillé.

Elle est plutôt jolie. Mais les habitudes alimentaires de la Lucilie soyeuse, notamment autour de de la viande, lui valent une sale réputation !

Lucilie soyeuse sur Bident feuillé.Il faut bien avouer que son véritable nom est plus avenant que la plupart de ses sobriquets… Lucilie soyeuse (Lucilia seritacata), c’est quand même plus sexy que Mouche verte, Mouche à viande ou Mouche des cadavres ! 

À vrai dire, il existe une vingtaine de “mouches vertes” plus ou moins différentes. Celle-ci est une des plus communes. Elle se distingue notamment, d’où son  nom, par ses longues soies noires. Avec une disposition thoracique caractéristique : en deux lignes transversales à l’avant de la suture et trois à l’arrière. À noter encore, outre sa couleur vert métallique emblématique, de grands yeux rouge-bordeaux sur une face blanc-argenté.

Reste que si ladite mouche apprécie nectar, pollen et fruits blets, elle se régale aussi de jus de viande plus ou moins décomposée ! Elle y installe d’ailleurs sa progéniture. Dans la nature, les larves font ainsi utilement le ménage sur la carcasse des animaux morts. Revers de la médaille, cette fréquentation des charognes – et des excréments – lui vaut la réputation de véhiculer divers agents pathogènes. Jusque sur les tables de pique-nique !

Sources :

Lucilie soyeuse sur Bident feuillé.

Éristale bronzé sur Bident feuillé.

À ne pas confondre avec l’Éristale bronzé dont l’abdomen présente une couleur métallique vert-bronze légèrement cuivrée.

Avec un look très différent, surtout pour le mâle ici,  la Stercoraire est affublée de noms vernaculaires encore moins ragoûtants : la Mouche du fumier mais aussi la Mouche à merde !

 

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La Xanthie paillée

Xantihe paillée sur feuille morte de peuplier.

Inféodée aux zones humides, la Xanthie paillée est assez fréquente dans le Marais poitevin où ses chenilles se développent dans les chatons des peupliers.

Xantihe paillée sur feuille morte de peuplier.Une seule génération par an. Pour quelques semaines seulement. Et en automne !  La Xanthie paillée (Xanthia ocellaris) apparaît fin août, début septembre, mais le gros de la troupe se concentre plutôt en octobre. 

Comme la plupart des membres de la famille Noctuelle, la Xanthie présente une livrée aux couleurs un peu éteintes, hésitant ici entre l’ocre et le roux, avec des nuances vieux-rose. Le dessin est par contre assez sophistiqué, mêlant un double réseaux de lignes droites rayonnantes et de bandes transversales festonnées. On y remarquera notamment deux taches réniformes pointées de blanc.

Pluie, vent, froid, fichue saison pour un papillon… Pas de temps de batifoler. Tout juste celui de s’accoupler et de pondre. Les oeufs passeront l’hiver à l’abri du lichen, de la mousse ou au creux d’une écorce. Au printemps, les petites chenilles se gaveront des chatons des peupliers puis descendront pour parfaire leur maturation dans la végétation basse. Nymphose estivale au sol puis émergence automnale. Et c’est reparti pour un tour.

Source :

Xantihe paillée sur feuille morte de peuplier.

Xanthie paillée sur feuille de ronce.

Les quatre saisons de la Xanthie paillée : les oeufs passent l’hiver à l’abri d’un repli d’écorce ; au printemps, les chenilles dévorent les chatons du peuplier ; les chrysalides patientent tout l’été au sol ; émergence des adultes en automne…

Mousse, lichen, anfractuosités de l’écorce des peupliers : autant d’abris où les oeufs de la Xanthie paillée pourront passer l’hiver… Et un garde-manger pour les oiseaux ! Ici le petit Grimpereau.

 

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