Robert le Diable

Robert le Diable, comme la silhouette d'une tête de sorcière dans la découpe des ailes postérieures... / Un jardin dans le Marais poitevin.

À ne plus savoir où donner de la trompe ! Dans sa flamboyante livrée, Robert le Diable se gorge de nectar dans les prunelliers en fleurs.

Robert le Diable, un "C" blanc au revers des ailes postérieures.

Envergure maxi : 55 mm. Visible de février à décembre.

L’origine de son nom s’est perdue. Robert le Diable ! Peut-être faut-il y voire une allusion au découpage très particulier de ses ailes. Avec un peu d’imagination, on peut en effet y deviner la silhouette de quelque sorcier. Et qui d’autre que le Diable a pu frapper ce « C » majuscule, énigmatique signe blanc au revers de ses ailes ?

Robert le Diable, une marge postérieure brun-cendré, comme si les ailes s'étaient consumées / Un jardin dans le Marais poitevin. Enfin, cette marge brune cendrée ne donne-t-elle pas l’impression que les ailes rougeoyantes ont échappé in extremis aux flammes du bûcher ? Pourquoi dès lors ne pas songer à la rédemption du héros légendaire médiéval, Robert le Diable, né dit-on des oeuvres de Satan pour terminer sa vie en ermite… 

Tant d’édifiantes supputations indiffèrent notre papillon ! A vrai dire, s’il apprécie fourrés et marais boisés les plus reculés, il aime bien aussi la compagnie. Surtout en cette saison. Il pousse ainsi souvent jusqu’au jardin où il fréquente volontiers prunelliers puis pruniers et pommiers en fleurs. Gourmand en diable au sortir de l’hiver.

Robert le Diable / Un jardin dans le Marais poitevin.

Au fil des saisons

Mi-février. Avec la Ficaire et Robert-le-Diable au pied des haies pour annoncer le printemps… au milieu de l’hiver !

Au printemps

Début avril. Une étrange marque blanche, en forme de C majuscule, au revers des ailes.

Mi juin. La génération printanière, moins rougeoyante, vient d’émerger pour une courte transition. Sa progéniture émergera en juillet et c’est elle qui passera l’hiver.

L’été et l’automne

Mi septembre. Robert-le-Diable a retrouvé sa livrée de braises !

Mi septembre. C’est cette seconde génération, émergée au coeur de l’été, qui passera l’hiver, à l’abri d’une haie ou sous une litière de feuilles mortes, pour réapparaître aux premiers beaux jours de février-mars.

Début octobre. Eu pause au bord d’une haie.

Au sortir de l’hiver

Mi novembre. En attendant de se calfeutrer aux premiers vrais froids, bain de soleil l’après-midi sur une feuille de pommier.

Fin janvier. Soleil et douceur hivernale pour une de ses premières sorties de l’année, ici sur le laurier tin.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Robert le Diable avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

Le Carabe purpurin

Carabe purpurin.

Noir, marginé de violet et de bleu, le Carabe purpurin compte parmi les auxiliaires les plus précieux du jardin. Ses larves également.

Carabe purpurin.

Taille maxi : 35 mm. Visible d’avril à octobre.

Coléoptère de belle taille, le Carabe purpurin (Carabus purpurascens) frise les trois centimètres et demi ! Entièrement noir, les élytres finement striés, on le distingue surtout à ses marges violacées et aux reflets bleutés de son pronotum. S’il ne vole pas, il est particulièrement vif lorsqu’il se faufile parmi les herbes et les légumes du jardin.

Comme tous les carabes, il est plutôt discret et passe ses journées d’été à l’abri, dans la fraicheur des haies. Voire sous une pierre. Il part en chasse à la nuit tombée. Quand sortent également ses proies favorites : limaces et escargots.

Ses larves sont tout aussi voraces et traquent pucerons, acariens, petites chenilles… Et même le fameux ver « fil de fer » du taupin ! Essentiellement carnivore, le Carabe purpurin varie ses menus en dévorant les graines d’adventices trouvées au sol. Il n’en est que plus précieux au potager.

Un autre précieux coléoptère jardin. Le Staphylin noir est également de moeurs plutôt nocturnes. Mais, comme le Carabe purpurin, il n’hésite pas à sortir le jour, surtout en été, lorsqu’une averse fait sortir limaces et escargots de leur léthargie…

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le carabe avec le site aramel.free.fr
  • Le carabe avec le site insectes-net.fr

Photos JF Irastorza

 

La Noctuelle en deuil

Noctuelle en deuil sur inflorescence de Cirse des marais.

Pluies interminables, vent et, déjà, premières gelées… Qui mieux que la Noctuelle en deuil pour sonner le glas des beaux jours ?

Noctuelle en deuil sur inflorescence de Cirse des marais.Quelques taches blanches éclatantes certes. Et une frange grise. Mais c’est le noir et de multiples nuances de brun qui dominent. Avec une telle livrée, la Noctuelle en deuil (Tyta luctuosa), il est vrai, n’est pas bien gaie. Au point qu’un de ses noms vernaculaires enfonce le clou : la funèbre ! 

Nocturne, comme la plupart des noctuelles, il n’est cependant pas rare de la voir  butiner au soleil. Elle sirote ici le nectar d’une des dernières inflorescences de Cirse des marais. Mais il lui faut se faire une raison : c’est bientôt la fin.

En attendant le prochain printemps, la relève patientera tout l’hiver sous terre. Rien à craindre cependant de ces chenilles de noctuelles là au potager ! Elles se développent plutôt aux dépens de nombreuses plantes sauvages. Comme celles du Ptérophore blanc, elles apprécient tout particulièrement le liseron. Mais aussi la mauve et le plantain.

Noctuelle en deuil sur inflorescence de Cirse des marais.

En pause sur une feuille de liseron, une des plantes hôtes favorites de ses chenilles.

Sur une inflorescence de centaurée.

La livrée de la funèbre est un peu tristounette mais, sous le soleil, la Gaillarde fait ce qu’elle peut pour la réchauffer !

Un autre insecte dont la lugubre livrée inspire un nom vernaculaire qui ne l’est pas moins : le Drap mortuaire, cousin de la Cétoine dorée.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Noctuelle en deuil en le site quelestcetanimal.com
  • La Noctuelle en deuil avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza