Le Psithyre vestale

Bourdon vestale sur origan en fleurs.

Le Psithyre vestale ne collecte ni nectar ni pollen : il confie sa progéniture aux bons soins des ouvrières du Bourdon terrestre.

Bourdon vestale sur origan en fleurs.

Taille maxi : 22 mm. Visible d’avril à septembre.

Il ressemble à un Bourdon terrestre qui aurait oublié sa ceinture dorée… La fourrure du Psithyre vestale (Bombus vestalis) est ainsi à dominante noire. Entre cul blanc et collier jaune. Autres caractéristiques distinctives : des ailes davantage fumées et – bien visibles ici – des métatarses postérieurs aussi larges que les tibias. 

Voilà un bourdon-coucou adepte du coup d’état ! Ainsi, lorsque la femelle s’introduit dans son terrier cible, généralement celui du Bourdon terrestre, son premier objectif est d’en tuer ou d’en chasser la reine. Encore lui faut-il intervenir au bon moment. La colonie émergente doit être suffisamment organisée. Mais pas trop. Sinon les ouvrières aguerries risquent de repousser l’intruse.

Il suffit alors de détruire les premières cellules d’élevage. Puis de pondre en lieu et place de la reine déchue. Les ouvrières encore novices n’y verront que du feu et prendront soin de la progéniture de l’usurpatrice.

Bourdon vestale sur origan en fleurs.

Élevées par les ouvrières du Bourdon terrestre, les femelles n’ont pas de brosse de collecte. À quoi bon ? Elles butinent seulement pour leur propre consommation. Émergeant à la fin du printemps ou au début de l’été, elles iront bientôt à leur tour, après fécondation, à la recherche d’un nid à parasiter.

Bourdon vestale sur origan en fleurs.

Vestale ! Baptiser un bourdon-coucou en référence à la déesse romaine protectrice du foyer familial et de ses prêtresses : les entomologistes ne manquent pas d’humour…

Sur la Sauge des bois. Ici avec un liseré jaune juste avant le « cul blanc ».

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Psithyre vestale avec la site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza 

 

Le Bourdon grisé

Bourdon grisé sur épi de Brunelle commune.Impression générale hirsute pour le Bourdon grisé. Une abondante fourrure grise mêlée de noir, avec une pointe abdominale rouge orangé.

Bourdon grisé sur épi de Brunelle commune.

Taille maxi : 18 mm (reine). Visible de mars à octobre.

Parmi les plantes sauvages du jardin, la Brunelle commune est décidément irrésistible pour les bourdons de tous poils ! Terrestre, des pierres, des champs… Pour compléter l’inventaire des aficionados des épis bleu violacé, voici l’actif petit Bourdon grisé (B. sylvarum), alias le Bourdon forestier.

Sans surprise, la dominante est donc grise. Jusque sur la face. Avec des nuances jaunâtres notamment l’avant du thorax. Celui-ci présente entre les ailes une large plage noire à laquelle font écho les bandes noires des trois premiers segments de l’abdomen. Perdues, il est vrai ici, dans la broussaille grise. Enfin, la pointe abdominale s’illumine de roux.

Au regard de ses qualificatifs latin et vernaculaire (sylvarum/forestier), le Bourdon grisé pourrait sembler déraciné ici. Le marais alentour est certes réputé boisé mais, en dehors d’alignements de frênes et de peupleraies, il est surtout constitué de prairies humides. Et de jardins. Un milieu semi-ouvert qui, avec sa grande diversité florale, semble parfaitement lui convenir.

Une fourrure à dominante grise. Un gris sale sinon jaunâtre. Ici dans les haies sur les fleurs de ronce commune.

Lorsque la broussaille se fait plus sage, on perçoit un peu mieux quelques traits caractéristiques du Bourdon grisé, alias le Bourdon forestier : le dessus du thorax bien noir et les premiers segments de l’abdomen, également noirs, frangés de bandes grises.

En savoir plus  : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Bourdon grisé avec le site apicool.org

 Photos JF Irastorza 

 

Le Bourdon des prés

Bourdon des prés, ouvrière, boulettes de pollen accrochés aux pattes arrière, sur fleur de romarin / Un jardin dans le marais poitevin.

Le petit bourdon du jardin. Cul roux et collier jaune, le Bourdon des prés n’en est pas moins industrieux. Et toujours plus précoce.

Taille maxi : 17 mm (reine). Visible de mars à octobre.

Comment amasser et façonner pareilles boulettes de pollen ? Accrochées aux pattes arrière. Presque cubiques. Un art bien mystérieux que maîtrisent parfaitement la reine puis les ouvrières du petit Bourdon des prés (Bombus pratorum). Dès la fin de l’hiver.

Outre leurs impressionnantes « sacoches », elles se distinguent aisément à leur « cul roux » et leur collier jaune vif sur fond de fourrure noire. Avec parfois une fine ceinture d’un jaune plus ou moins marqué.

Les kékés

Pour leur part, les mâles ne s’encombrent de provision ! Ni de la sobriété de ces dames. On les remarquent ainsi à leur mise un peu excentrique. Foin d’un simple collier ! Plutôt une large écharpe et parfois même une envahissante cagoule jaune. Certains de ces messieurs vont jusqu’à adopter une sorte de sweat à capuche ! Au point de masquer presqu’entièrement la fourrure noire.

Les kékés apparaissent très tôt. Dès le début de l’été. Les jeunes femelles également. Pas forcément bon signe pour la colonie qui, dès lors, ne produit plus d’ouvrières. Inéluctable déclin. Même les mâles ne verront guère l’automne. Seules survivront leurs belles. Fécondées, voilà les futures reines du printemps prochain !

Du verger au potager

Mi-mars. Nouvelle reine sur grappe florale de cassis-fleur.

Début avril. Jeune reine plongée dans la corolle d’un poirier en fleurs.

Mi-avril. Émergence des premières petites (très petites) ouvrières. Ici dans un pommier en fleurs.

Début mai. Exploration d’une campanule des murailles. Le façonnage d’une nouvelle « sacoche » de pollen débute sur les fémurs arrière.

Fin juin. Émergence des premiers mâles. Ici sur la planche des petits pois.

Début juillet. Cul roux et « sweat à capuche » jaune pour ce mâle sur un épi de Sauge des bois. À peine l’été et déjà le début de la fin pour la colonie…

SOURCES : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Bourdon des prés avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza