La Tenthrède du rosier

Tenthrède du rosier, femelle, ponte sur jeune pousse de rosier.

Une cicatrice sur une jeune pousse de rosier ? Madame Tenthrède du rosier est passée par là pour l’inciser et y pondre ses oeufs…

Tenthrède du rosier, femelle, ponte sur jeune pousse de rosier.

Taille maxi : 10 mm. Visible de juin à août.

C’est peu dire qu’elle ressemble à sa cousine, la Tenthrède de la ronce. Même silhouette noire-jaune ramassée, même petite tête aux solides antennes le plus souvent relevées, même thorax aux reflets bleutés creusé de sillons épais… Mais les pattes de la Tenthrède du rosier (Arge pagana) sont entièrement noires. Et ses ailes fortement fumées.

La différence vient surtout de l’abdomen, jaune vif plus qu’orangé, y compris le fourreau de l’ovipositeur de la femelle surprise ici en pleine ponte. Elle vient de commencer l’incision d’une jeune pousse de rosier pour y déposer ses oeufs. 

Une heure plus tard, elle semble ne pas avoir bouger. Voire. Car, à bien y regarder, l’incision a progressé de près d’un centimètre. C’est que, chez les Tenthrèdes, on ne pond pas à la va-vite ! D’autant qu’au fur et à mesure, une sécrétion blanchâtre vient colmater l’entaille. Les oeufs seront ainsi à l’abri le temps de l’incubation… Il en naitra les fameuses (et redoutables) pseudo-chenilles qui ne laisseront du feuillage que pétioles et nervures. Si on les laisse faire !

Tenthèdre du rosier, femelle en ponte sur jeune pousse de rosier.

Une heure plus tard, l’incision a bien progressé. On voit bien ici la sécrétion blanchâtre qui vient colmater l’entaille au fur et à mesure de la ponte.

En début de soirée, ni vue ni connue ! Ou presque. Seule subsiste une discrète cicatrice dans l’écorce de la jeune pousse…

Une dizaine de jours plus tard. Les lèvres de la cicatrice se sont progressivement écartées, laissant apparaître la « couvée », soigneusement alignée, et, déjà, la première petite pseudo-chenille.

À l’assaut du feuillage tout aussitôt !

Début septembre. Un mois après la ponte, les pseudo-chenilles ont déjà une belle taille, la tête orangée et quelques premières taches noires sur le corps.

Fin septembre. Loin de l’invasion, voilà la seule rescapée parmi la progéniture de la Tenthrède du rosier. Sans doute faut-il remercier les prédateurs et notamment les guêpes, pas si regardantes entre chenilles et pseudo-chenilles pour nourrir leurs larves !

La cousine de la ronce

Ne pas confondre avec une proche cousine, la Tenthrède de la ronce dont l’abdomen, jaune orangé, transparait parfaitement à travers des ailes hyalines tachées de noir. À noter également les pattes jaunes.

En savoir plus : 

  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • La famille des Tenthrèdes avec le site aramel.free.fr
  • Les pseudo-chenilles de la Tenthrède du rosier avec le site insectes-net.fr

Photos JF Irastorza 

L’Anthidie sept-épines

Anthidie sept-épines, accouplement sur épi d'Épiaire des marais.

L’histoire a beau se passer sur un épi d’Épiaire, Monsieur Anthidie sept-épines ne prend guère le temps de compter fleurette à Madame !

Taille maxi : 14 mm (mâle). Visible d’avril à juillet.

Autour de cette station d’Épiaire des marais, à quelques pas du halage, Monsieur Anthidie sept-épines (Anthidie septemspinosum) patrouille inlassablement. Concurrents et intrus sont brutalement chassés. Et gare aux fameuses épines s’ils insistent ! Elles arment la pointe de l’abdomen pour mieux lacérer les importuns…

Pas d’épines pour Madame. Plus petite, on la distingue facilement à sa brosse ventrale blanche collectrice de pollen. Et tandis que ces messieurs paradent et se chamaillent, elle butine consciencieusement. 

Évidemment, lorsqu’elle entre sur le territoire de Monsieur, elle ne craint pas d’être chassée. Mais l’accueil est tout aussi brutal. Pas le genre à badiner. Il fond ainsi sur elle. Aussitôt et sans ambages. La tête dans une corolle, elle n’a rien vu venir.  La furtive affaire dure quelques secondes. Puis elle reprend son butinage. Et lui ses patrouilles. La nature manque parfois de romantisme.

Monsieur endormi, accroché à une tige sèche par la seule force de ses mandibules. On devine ici (un peu) ses épines abdominales. Trois au centre et deux, plus petites, de part et d’autre. Il ne s’agit pas de dards mais plutôt de « griffes » avec lesquelles  l’Anthidie tente de lacérer ses  adversaires. Soit à la volée, soit dans de furieux corps à corps. Rassurez-vous, Monsieur ne s’attaque qu’à ses concurrents mâles. Jamais à l’homme qui, même très près, muni d’un appareil photo, l’indiffère complètement !

Sans préliminaires ! 

Anthidie sept-épines, femelle et mâle.

Madame vient d’engouffrer la tête dans une corolle. Monsieur l’a repérée et fond brutalement sur elle. Les deux sexes ont en commun les taches jaunes abdominales. Elles vont par paires avec un écartement qui va s’amenuisant d’avant vers l’arrière, formant ainsi un grand V sur fond noir.

Reconnaissable au clypéus jaune, le mâle est d’une taille plus imposante que la femelle. Prise par surprise, celle-ci a gardé la tête enfournée dans la corolle.

Anthidie septemspinosum, accouplement / Un jardin dans le Marais poitevin.

Pas davantage que l’Épiaire des marais, la Salicaire officinale n’adoucit pas les moeurs des mâles aux sept épines !

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • La famille des anthidies avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

Mme Chloromyie agréable

Mme Chloromyie agréable sur inflorescence d'achillée.

Une petite mouche verte et bleue à l’abdomen plat : Mme Chloromyie agréable est familière du jardin. Une aubaine pour le tas de compost.

Mme Chloromyie agréable sur inflorescence d'achillée.Après Monsieur et son abdomen doré il y a quelque temps, voilà Mme Chloromyie agréable (Chloromyia formosa) tout aussi éclatante. Même thorax un peu cabossé, vert métallique jusqu’au scutellumn. Même petite tête noire aux yeux finement velus. Mêmes ailes fumées qui, une fois n’est pas coutume, sont ici bien écartées.

La principale différence avec Monsieur n’en est que plus visible. Pas d’éclats mordorés pour l’abdomen, plat dessous, rebondi dessus, mais un vert-bleu étincelant dont les reflets métalliques deviennent franchement bleutés, voire violacés, en face dorsale.

Et tant mieux si votre potager en accueille quelques unes ! Friandes de matières organiques, leurs larves se développent ordinairement parmi les débris végétaux des sous-bois. Elles collaborent ainsi à la fabrication de l’humus. Mais, à défaut, elle participeront volontiers à la « digestion » de votre tas de compost.

Mme Chloromyie agréable sur inflorescence d'achillée.

À noter, autre caractéristique de l’espèce, des pattes noirs aux « coudes » jaune orangé.

Monsieur et son abdomen doré en pause au bord d’une haie.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • La Chloromyie agréable avec le site quelestcetanimal.com
  • La Chloromyie agréable avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza