La Melline des champs

Melline des champs sur inflorescence d'achillée.

Amatrice de pollen et carnassière, la Melline des champs participe à la régulation des mouches pour nourrir ses larves.

Melline des champs sur inflorescence d'achillée.

Taille maxi 12 mm. Visible surtout en automne.

Toujours en mouvement, la Melline des champs (Mellinus arvensis) prend aussi le temps du butinage. Ici sur une inflorescence d’achillée, cette guêpe de taille moyenne (1,5 cm pour la femelle) ne rechigne pas devant pollen et nectar. Cela dit, c’est aussi une redoutable chasseuse de mouches !

Bien entendu, ses larves se partageront l’essentiel du butin. Anesthésiées, les proies sont ainsi traînées vivantes jusqu’au terrier et réparties dans les différentes cellules. Les adultes se régalent aussi volontiers d’un broyat de mouche dont ils aspirent les sucs ! De quoi se requinquer en cas de mauvais temps prolongé.

La Melline des champs se reconnaît facilement à son pétiole court mais nettement marqué. Autres signes distinctifs : quatre bandes jaunes abdominales, la seconde parfois échancrée, la troisième toujours interrompue. Des pattes jaune orangé aux fémurs tachés de noir. Enfin, des marques jaunes sur le pourtour du thorax, la naissance des antennes et l’encadrement de la face. Sans oublier les mandibules également soulignés de jaune. Le comble du raffinement pour une chasseuse.

Melline des champs sur inflorescence d'achillée.

Quatre bandes jaunes abdominales : la seconde est ici fortement échancrée, la troisième, plus fine, est interrompue. À noter également les pattes jaunes aux jointures orangées, avec des fémurs largement tachés de noir.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Les guêpes fouisseuses, dont la Melline des champs, sur le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

Le Gastéruption à javelot

Aussi redoutable qu’apparemment fragile : le Gastéruption à javelot parasite les abeilles sauvages. Avec pareille tarière, aucun nid ne lui résiste !

Dans la famille des Ichneumons, je demande… Celui-ci butine une inflorescence d’achillée. Il n’est pas bien gros. Plutôt filiforme et long. Très long. C’est évidemment la tarière de la femelle qui en accentue l’impression. Et comme pour mieux souligner la démesure, une tache blanche en marque la pointe.

À l’opposé, sur une dominante noire luisante, l’abdomen est en partie taché de rouge. Souvent dressé, il émerge haut à l’arrière du thorax. D’où cette silhouette caractéristique qui lui vaut son nom imagé : le Gastéruption à javelot (Gasteruption jaculator).

Las ! Si nombre d’Ichneumons traquent chenilles et larves de ravageurs pour installer leur progéniture, la cible ici fait moins l’unanimité des jardiniers : les abeilles sauvages ! La longue tarière a ainsi raison des nids les plus profonds et les mieux calfeutrés. Un oeuf par nid. Au plus près du couvain. Chaque intrus dévorera ses concurrents et se développera au dépens de leur garde-manger. C’est aussi ça la biodiversité !

Sur une inflorescence d’achillée, en compagnie d’un Lepture fauve. La comparaison entre les deux amateurs de pollen renforce le côté filiforme du Gastéruption à javelot.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Les Ichneumons sur le site aramel.free.fr
  • Gasteruption jaculator avec la galerie du Monde des insectes

Photos JF Irastorza 

 

La Scolie hirsute

La Scolie hirsute sur origan en fleurs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Qui a connu les ravages du vers blanc sur les racines des légumes appréciera la présence de la Scolie hirsute au potager !

Scolie hirsute : deux large bandes jaune vif sur l'abdomen / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 22 mm. Visible de juillet à septembre.

Dans la série des guêpes solitaires utiles au jardin, voici la Scolie hirsute (Scolia hirta). Elle est immédiatement repérable lorsqu’elle butine. Ici sur l’origan en fleurs. Grâce à sa taille respectable mais surtout aux deux larges bandes jaune vif qui barrent son abdomen. Les ailes fumées, elle se distingue encore, d’où son qualificatif, à la pilosité dense qui brille Scolie hirsute : solides antennes et ailes fumées / Un jardin dans le Marais poitevin.au soleil sur l’ensemble du corps.

Butineuse assidue, la Scolie est surtout la bienvenue au potager pour le met de choix qu’elle réserve à sa progéniture. Non pas des sauterelles comme l’Isodonte mexicaine ou des grillons comme le Sphex gryllivore, mais des larves de coléoptères, amatrices de racines, dont celles du hanneton : les trop fameux vers blancs.

Ses solides antennes les repèrent sous terre. Elle creuse alors jusqu’à les trouver. Pour les anesthésier et pondre un oeuf sur chacun d’eux. On devine la suite. Certes, elle peut aussi faire de même avec les larves de la Cétoine dorée, utiles à la décomposition du compost. Du moins permet-elle d’en réguler les populations.

Scolie hirsute : une pilosité dense sur l'ensemble du corps à dominante noire / un jardin dans le Marais poitevin.

Larve de hanneton.

La Scolie hirsute parasite la larve du hanneton : le vers blanc, un sacré ravageur !

Toujours fidèle à l’origan en fleurs !

Parmi les commensaux de la phacélie.

Plus petit que Madame, Monsieur lui fait sa cour. Il tourne autour, la titille, ose parfois des avances plus explicites. Mais elle continue à butiner en toute indifférence…

Sur inflorescence d’Eupatoire à feuilles de chanvre.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Scolie hirsute avec le site quelestcetanimal.com
  • La Scolie hirsute avec les Carnets nature de Jessica

 Photos JF Irastorza