L’Andrène humble

Andrène humble, femelle, sur origan en fleurs.

Modeste par la taille comme par l’absence de décor ou de couleur ostentatoires : le petit Andrène humble porte bien son nom. Si c’est bien lui !

Andrène humble, femelle, sur origan en fleurs.

Taille maxi: 12 mm. Visible de mars à juillet.

Parmi les abeilles sauvages du jardin, celle-ci n’est pas facile à identifier. Sinon qu’il s’agit d’un andrène de petite taille. Moins d’un centimètre. Faute de signe distinctif évident, on hésite… Peut-être l’Andrène humble (Andrena humilis). Le nom, en tout cas, lui va comme un gant ! 

Andrène humble, femelle, sur origan en fleurs.Un corps entièrement noir. Des ailes légèrement fumées. Une pilosité discrète. Sauf sur les pattes arrière où – chez les femelles comme ici – une brosse brun-fauve collecte le pollen. Enfin, glabre dans sa moitié avant, l’abdomen présente de timides lignes de poils blanchâtres à l’arrière.

Rien d’ostentatoire donc. Pas de pourpoint roux comme chez l’Andrène thoracique. Pas de colliers gris à l’image de l’Andrène cendré. Ni les ailes métalliques de l’Andrène agile, ni les rayures blanches de l’Andrène à pattes jaunes. Alors, Andrena humilis ?  Il faut se faire une raison : si le jardin est une bonne école d’humilité, l’approche de ses petits hôtes l’est tout autant.

Andrène humble, femelle, sur origan en fleurs.

Et s’il s’agissait d’Andrena pilipes, l’Andrène pieds-poilus comme disent nos amis belges ? Va prudemment pour Andrène sp. !

Trois cellules cubitales (ligne rouge) et une nervure basale à peine arquée (flèche bleue) : une des marques de fabrique des andrènes.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Heiko Bellmann 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Les andrènes avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

Précieux gymnosome !

Gymnosome sur Bident feuillé.

Une jolie et discrète petite mouche auxiliaire : les larves du Gymnosome  parasitent notamment la Punaise verte.

Gymnosome sur Bident feuillé.Chez les Gymnosomes, alias les « Mouches coccinelles », l’abdomen est rebondi, luisant, jaune ou rouge orangé, orné d’un ligne médiane de figures géométriques noires. Des petites taches circulaires le plus souvent. D’où l’allusion aux coccinelles. Parfois comme ici des triangles.

Difficile d’en préciser l’espèce. Quoiqu’il en soit, cet individu ne déroge pas aux caractères dominants du genre. Petite taille (6-8 mm), naissance des ailes jaune, yeux rouge bordeaux, stabilisateurs blanchâtres bien visibles, pattes noires, longues et solides antennes… Par contre, membre de la grande famille des mouches tachinaires, il s’en distingue par l’absence de fortes soies noires tant sur l’abdomen que le thorax.

Reste le plus important : comme les autres tachinaires, les gymnosomes sont de précieux auxiliaires du jardin. Les femelles pondent en effet leurs oeufs un à un en ciblant les punaises. Notamment les Punaises vertes. Les larves y pénètrent et s’y développent aux dépends de leurs fluides internes. Elles y passent l’hiver pour en émerger au printemps et s’enterrer aussitôt en vue de leur pupaison.

Gymnosome sur Bident feuillé.

Pas d’alignement de triangles mais des petites taches circulaires pour ce Gymnosome qui évoque d’autant mieux la coccinelle. Ici sur les petites fleurs blanches de la Lycope d’Europe.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

Un décor minimaliste

Discoellius zonalis sur Renouée poivre d'eau.

Des ailes fumées et un corps presqu’entièrement noir : le Discoellius zonalis, une guêpe solitaire ornée de trois bandes jaune vif. Très discrètement.

Discoellius zonalis sur Renouée poivre d'eau.

Taille maxi : 15 mm. Visible de mai à septembre.

Parmi les guêpes maçonnes du jardin, on se souvient du petit Eumène pomiforme et de son cousin au format XXL, l’impressionnant Eumène unguiculé. Dans une taille intermédiaire, voici le sobre Discoellius zonalis, un euménide plutôt rare. Ici sur la Renouée poivre d’eau.

Comme souvent dans la famille, l’abdomen, d’abord filiforme, présente un premier bourrelet, avant de s’épanouir en un élégant fuseau. Loin d’être massive, la silhouette allongée est alors plutôt harmonieuse : tête, thorax et abdomen s’équivalent ainsi dans leur plus grande largeur.

Discrètement velu et ponctué, surtout sur la tête et le thorax, le corps est à dominante noire. Il s’en faut de peu d’ailleurs qu’il le soit entièrement ! Trois bandes jaune vif font chichement exception. La première souligne l’étranglement abdominal. La plus large – légèrement échancrée – marque le renflement du fuseau. Enfin, immédiatement derrière, la troisième est réduite à une simple ligne. À peine visible. Un décor décidément minimaliste.

Source : 

Discoellius zonalis sur Renouée poivre d'eau.

Pas de confusion possible avec le grand Eumène unguiculé qui se distingue aisément par ses taches rouge-orangé et sa pointe abdominale largement marquée de jaune.

En savoir plus : 

  • Heiko Bellmann, 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux et Niestlé.
  • Les Guêpes avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza