Mouches, humus et compost

La Mouche soldat noire.

Mouches, humus et compost : quelques précieux diptères pour cultiver la fertilité du sol de votre jardin…

Les larves des syrphes et autres mouches sont plus connues pour leurs capacité à engloutir pucerons et petits insectes que pour leurs rôles dans la maturation de l’humus et du compost. N’empêche. Quelques-unes, à l’image des asticots de la Mouche soldat noir,  mettent les bouchées doubles dans ce travail ingrat et bigrement utile.

Avec un régime alimentaire assez proche, certaines larves de diptères amatrices de matière organiques végétales en décomposition se développent dans des capités d’arbres vieillissants où les fibres pourrissantes s’enrichissent d’écoulements de sève. Celles de la Milésiie faux-frelon  ou du syrphe Ceriana conopsoïdes par exemples.

D’autres enfin, comme les Éristales, de nourrissent dans les eaux dormantes saturées en matières organiques.

Rares finalement sont les mouches qui installent leur progéniture directement sur l’humus en formation et dans les tas de compost. Raison de plus pour leur consacrer une « page spéciale ».

La Mouche soldat noir.

Longues antennes et abdomen rouge orangé : la Mouche soldat noir, ici au repos au bord d’une haie, diffuse ses « bataillons » d’asticots noirs qui participent à la « digestion » les tas de compost..

Dominante cuivrée chez le mâle, bleutée chez la femelle : la Chloromyie agréable pond sur les bois pourrissants et sur le compost…

La Volucelle enflée (Volucella inflata) / Un jardin dans le Marais poitevin.

La Volucelle enflée : inoffensive, vol rapide, butinage des ombelles et larves microphages participant (indirectement) à la maturation de l’humus.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2016, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza 

 


D’autres articles à propos des mouches du jardin :


 

Mouches parasites au jardin

Les mouches parasites jouent un rôle important contre la prolifération intempestive de certaines espèces au jardin.

L’équilibre du jardin ne doit rien au hasard. Quand trop, c’est trop, face à la prolifération indésirable de certaines espèces, leurs prédateurs carnassiers s’en donnent à coeur vie : hérissons, musaraignes, carabes, réduves, guêpes… Ils ne sont pas les seuls.

Les mouches parasites redoublent également d’activités, trouvant davantage de cibles à qui confier leur progéniture. Soit en pondant dans ou à proximité du nid convoité, soit en déposant un oeuf sur chaque futur « garde manger » de leurs larves.

Cela concerne notamment les punaises et les chenilles dont celles des noctuelles, mais les abeilles sauvages elles-aussi, comme les bourdons, font l’objet de régulation. Il s’agit d’en adapter les populations aux ressources, de sorte que chaque commensal dispose d’une part convenable de nectar et de pollen.

En complément d’autres parasites, comme Méloés, Sténorias analis, Sitaris des murailles, abeilles-coucous et bourdons-coucous, les mouches auxiliaires sont ainsi les bienvenues au jardin.

Auprès des abeilles sauvages

Le Grand bombyle en vol stationnaire au dessus d’un capitule de pissenlit.

Petit bombyle sur inflorescence de crépis.

Madame Petit bombyle longue trompe en avant. Elle pond à l’entrée des nids d’abeilles sauvages : ses larves trouvent vite le chemin du couvain.

Bombyle noir sur pâquerette / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le vol stationnaire du Bombyle noir, pour butiner et… larguer ses oeufs à l’entrée des terriers d’abeilles sauvages. Ses larves n’auront qu’à se servir.

Auprès des bourdons

Le Sicus ferrugineux : la femelle largue un oeuf en vol sur la fourrure des bourdons de rencontre.

Conops à pattes jaunes sur feuille de marguerite.

Même mode opératoire pour le Conops à pattes jaunes.

Myopa picta sur phacélie.

Étrange physique pour la Myope peinte aux bajoues blanches tachées de noir.

Mouche bourdon, mâle, forme 'Bourdon des pierres" / Un jardin dans le Marais poitevin.

La Volucelle bourdon prend l’allure de ses cibles pour mieux s’approcher de leur nid.

Auprès des frelons

Volucelle zonée sur Menthe aquatique.

La Volucelle zonée est plus téméraire : elle n’hésite pas à pondre dans le nid des frelons !

Auprès des punaises

Mouche coccinelle sur Aster lancéolé.

La Mouche coccinelle cible plus particulièrement les Punaises vertes.

Pas de cible privilégiée pour Madame Phasie crassipenne, pourvu que ce soit une punaise !

Trichopoda pennipes : une brosse de soies noires sur les tibias arrière /un jardin dans le Marais poitevin.

La Punaise verte ponctuée parmi les cible privilégiées de mouche Trichopoda pennipes.

La mouche Cylindromyia brassicaria.

Noire et rouge orangé, hérissée de soie raides : la Cylindromyia brassicaria est la bienvenue au jardin où elle parasite les punaises.

Auprès des criquets

Mouche des criquets, femelle, sur capitule de Bident feuillé.

Les larves de la Mouche des criquets sont prédatrices d’oeufs de criquets : la femelle pont directement sur les oothèques.

Après des chenilles

Aussi trapue que tranquille butineuse. La Tachinaire corpulente, assurément la mouche la plus impressionnante du jardin !

La Peleteria rubescens, encore une mouche auxiliaire qui gagne à être (re)connue !

Comme la plupart des membres de la famille, les larves de la Tachinaire à pieds roux ont une spécialité qui la rend bigrement utile au potager : les noctuelles !

Bombyle ottentot sur fleurs de lierre.

La femelle du Bombyle hottentot enterre ses oeufs, à charge pour les futures larves de trouver leur pitance : des chenilles terricoles de noctuelles.

Auprès des mouches tachinaires

Anthacine morio sur feuille de Picride fausse vipérine.

Ailes à demi-noires, l’Anthracine morio a une allure d’avion de chasse. Sa cible favorite ? Les larves de tachinaires !

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza 

 

Le Hanneton commun

Scarabée de belle taille aux élytres brun roux : le Hanneton commun fréquente les haies printanières. Et ses larves se nourrissent de racines.

Taille maxi : 30 mm. Visible d’avril à juin.

Cousin des Cétoines, le Hanneton commun (Melolontha melolontha) adulte ne vit guère plus d’un printemps. Il dévore les feuilles de diverses espèces d’arbres et arbustes. Ses larves, les « vers blancs » hantises des jardiniers, sont terricoles. Elles se développent pendant au moins deux ans aux dépens des racines, notamment des légumes, dont les pommes de terre et les betteraves.

Le Hanneton commun a une activité plutôt crépusculaire. Mais on le rencontre aussi en journée, lorsqu’il broute le feuillage des haies, notamment les aubépines. Il se laisse alors assez facilement approcher. Une fine pubescence blanche recouvre élytres roux, tête et thorax noirs. Sur les élytres, des lignes longitudinales sans pilosité peuvent donner l’impression de stries rougeâtres.

Les antennes, dont la pointe se divise en « feuillets » (6 chez la femelle, 7 chez le mâle), sont également rousses. Comme les pattes.

Jadis très commun, le Hanneton l’est beaucoup moins aujourd’hui, à force de pesticides.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Hanneton commun avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza