L’oseille en état d’alerte

Mineuse de l'oseille : la larve dévore la "chair" de la feuille entre les deux épidermes / Un jardin dans le Marais poitevin.

Rien de catastrophique encore. Mais il est temps d’y mettre le holà. Attention, pas de feuilles « habitées » par la Mineuse de l’oseille au compost !

Surtout pas de feuilles contaminées au compost : les larves y termineraient leur transformation pour produire bientôt à leur tour de nouvelles mineuses / Un jardin dans le Marais poitevin.Pas de galeries ici comme avec la Mineuse des renoncules. Mais une cloque blanchâtre qui s’élargit inexorablement. Au point d’envahir une feuille en quelques jours. À l’intérieur, un petit vers jaunâtre. La larve d’une Mineuse de l’oseille. A vrai dire, le terme renvoie à plusieurs insectes parasites. Le plus souvent une petite mouche mais aussi un minuscule papillon. Avec un point commun : un oeuf injecté entre les deux épidermes de chaque feuille. En l’occurence, la bestiole a infecté une bonne partie de la platebande.

Il n’y a pas de recette miracle. Sinon cueillir et brûler toutes les feuilles « cloquées ». En fouillant bien au coeur des touffes pour n’en oublier aucune. Finalement, plusieurs dizaines de feuilles sont atteintes. C’est pour l’heure loin d’être une catastrophe. Il en reste suffisamment pour la cuisine !  

Mais il faudra redoubler de vigilance. Car, dans leur dernier stade, les petites larves quittent  généralement leur feuille quasi « vidée » pour s’enterrer et devenir bientôt une nouvelle petite mouche qui à son tour… Mieux vaut donc casser le cycle avant qu’il ne prenne trop d’ampleur.

Cueillir scrupuleusement toutes les feuilles atteintes pour casser le cycle de la Mineuse de l'Oseille / Une jardin dans le Marais poitevin.

Photos JF Irastorza

L’omelette à l’ail vert

Ail vert : la récolte avant l'omelette / Un jardin dans le Marais poitevin.

C’est peu dire que l’ail n’a pas une réputation de délicatesse. Admettons. Mais l’ail vert… Doucement fondu au beurre, quel parfum !

Pour accompagner l'omelette à l'ail vert, une salade de mâche / un jardin dans le Marais poitevin.Le condiment du printemps par excellence. Pas seulement. En Poitou, l’ail vert est traditionnellement cuisiné avec le chevreau pascal. Plus modestement, quoi que, il relève ici une simple et savoureuse omelette.

Compter deux à trois beaux brins par personne. S’ils sont très frais, laisser un maximum de vert. Les faire fondre très doucement dans du beurre. Ils doivent devenir moelleux, à peine colorés, sans jamais vraiment brunir. Encore moins noircir ! 

Les puristes feront prendre l’omelette sur cette fondue merveilleusement odorante. Rien d’autre. Sinon sel, poivre et piment d’Espelette. Pourquoi pas une ou deux petites pousses nouvelles de thym juste effeuillées en fin de cuisson ? Il est aussi possible d’adoucir un peu les papilles en mariant ail vert et quelques champignons préalablement revenus dans une poêle séparée.

Accompagner d’une salade de mâche. C’est bientôt la fin, profitons-en ! Avec les dernières rosettes de doucette et de cardamine.

C’est en pensant à cette fameuse omelette à l’ail vert, notamment, que les caïeux ont été plantés un peu plus serrés l’automne dernier. Mieux qu’un éclaircissage : une gourmandise printanière à portée de main !

Omelette à l'ail vert / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

Choux-fleurs : le relais hivernal

Choux-fleurs / Un jardin dans le Marais poitevin

Couleurs, ombre et lumière, volume… À l’approche de l’hiver, la planche des choux-fleurs prend le relais des massifs fleuris.

Choux-fleurs / Un jardin dans le Marais poitevinLes fleurs s’éteignent une à une au jardin. Seuls les dahlias et les zinnias font encore de la résistance. Mais les premières gelées blanches en sonnent progressivement le glas. Directement de l’été indien à l’hiver ?Sans doute. Alors, le potager fait ce qu’il peut pour tourner la page en douceur. La planche des choux-fleurs donne l’exemple.

A lui-seul, l’exubérant feuillage côtelé est un spectacle réjouissant. Et, enchâssée au creux de ce double camaïeu de vert et de bleu, chaque tête délicatement mamelonnée y explore toutes les nuances du blanc crémeux.

Encore quelques jours. Le jardinier pourra alors céder à une de ses gourmandises favorites. Un éclat blanc croqué sur place au petit matin. Comme avec les févettes du printemps.

Premières gelées blanches, ici sur les choux frisés.

Les choux de Bruxelles non plus ne craignent pas les gelées blanches. Bien au contraire !

Mais il ne faut jurer de rien avec la météo… Quelques gelées blanches ne font pas l’hiver ! Et l’été indien s’est finalement prolongé très tard en cet automne 2018. Au point que les chenilles de la Piéride du chou ont pu éclore et se développer entre Noël et le Jour de l’An !