La Grande sésie du peuplier

Grande sésie du peuplier, accouplement.

Si les papillons évoquent la légèreté, la Grande sésie du peuplier fait exception avec ses petites ailes transparentes et son corps massif…

Le papillon frelon ! Parmi les noms vernaculaires de la Grande sésie du peuplier (Sesia apiformis), celui-ci a le mérite d’être imagé sans trahir la réalité. Car, comme toutes les sésies, il s’agit bien d’un papillon. Mais, noir, jaune et roux, elle ressemble en effet à un gros hyménoptère. Y compris par son vol lourd et bruyant. Est-il besoin de préciser qu’elle ne pique pas ?

Un long et épais abdomen cerclé de jaune, cantonné de petites ailes transparentes aux solides nervures rousses : le corps est finement velu, jusque sur les pattes et la face. Sans oublier le petit toupet de la pointe abdominal.

En ce début juin, c’est la saison des amours. L’accouplement a lieu tête bêche et c’est Madame qui mène la danse ! Le petit Monsieur ne peut pas faire autrement que de suivre le mouvement, parmi les herbes, au pied des peupliers du jardin. Les larves grignoteront l’écorce avant d’y creuser des excavations puis de pénétrer dans le bois où elles séjourneront jusqu’à la nymphose du prochain printemps.

Source :

Grande sésie du peuplier, accouplement.

L’accouplement peut s’éterniser. Et quand Madame se déplace, pour échapper aux importuns par exemple, elle traîne le « petit monsieur » derrière elle ! On perçoit bien ici les petites ailes transparente aux solides nervures rousses. L’abdomen est presqu’entièrement cerclé de jaune. Sauf le segment central qui reste noir.

Sésie de l'oseille sur fleur de ronce commune.

Une cousine : la Sésie de l’oseille sur une fleur de Ronce commune. Beaucoup plus petite mais même silhouette, avec long abdomen massif, longues antennes à la pointe recourbée, ailes hyalines et… petit toupet à la pointe de l’abdomen.

Dans la série des amours disproportionnées : l’Andrène cendrée

Thomises variables, femelle et mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.

… et la Thomise variable à qui revient la palme des amours improbables !

 

Le Sphinx gazé

Sphinx gazé sur Sauge des bois.

Un nouveau « papillon colibri » au jardin. Le Sphinx gazé se laisse assez facilement approcher et admirer. Jamais très longtemps !

Sphinx gazé sur Sauge des bois.Même silhouette fuselée, même vivacité que son cousin le Moro sphinx. Mais les ailes du Sphinx gazé (Hemaris fusiformis) sont transparentes et bordées de rouge-sang. Blanchâtre en face ventrale, l’épaisse fourrure ébouriffée est barrée d’un large ceinture brun-rouge. Sans oublier le toupet noir à la pointe de l’abdomen ! 

La composition de la face dorsale est identique avec une dominante olivâtre. Ce vert brun mat se diffuse sur la naissance des ailes et vient coiffer une petite ronde dominée par deux solides antennes noires en forme de massue.

Champion du vol stationnaire, il aborde ici une fleur de Sauge des bois. La longue trompe coudée va s’insinuer entre les deux lèvres bleu violacé avec une précision millimétrique. Une goutte de nectar sans même poser les pattes ! Et le voilà qui passe déjà à une fleur voisine. Puis une autre. Avant de disparaître comme il est venu. Comme par enchantement.

Source : 

Sphinx gazé sur Sauge des bois.

Le Sphinx gazé est très éclectique dans sa dégustation de nectar. Ses chenilles sont plus sélectives avec une préférence pour les feuilles de chèvrefeuille et de scabieuse.

Moro sphinx en vol stationnaire sur mirabellier en fleurs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le corps fuselé grisâtre, les ailes orangées : le cousin Moro sphinx en vol stationnaire, la longue trombe tendue vers le nectar du mirabellier en fleurs.

 

La Goutte d’argent

 Goutte d'argent sur fleur de Lychnis.

Joli nom pour un papillon de nuit. Pour faire écho à la tache blanche dont la Goutte d’argent, par ailleurs plutôt tristounette, orne ses ailes antérieures.

Goutte d'argent, face ventrale.Encore un papillon réputé « de nuit » dont on peut facilement faire la rencontre sous le soleil. Et pas seulement en cas de malencontreux dérangement ! La Goutte d’argent (Macdunnoughia confusa), alias la Confuse, vole et butine volontiers le jour. Elle semble particulièrement apprécier ici le nectar du Lychnis fleur de coucou. Au point de se laisser approcher au plus près…

Pas trop quand même ! La voilà qui se cache alors parmi les herbes, accrochée à une tige de gratteron. L’occasion d’apercevoir la fourrure fauve de son revers. Une silhouette trapue et de grands yeux rouges.

Ce n’est évidemment pas sous cet angle que la Confuse a acquis sa réputation. Avec mille et une nuances de brun, auxquelles se mêlent gris bleuté, rouille, voire pourpre, l’avers se distingue surtout par une étrange tache blanche aux antérieures. Comme une coulure laiteuse. D’autant plus lumineuse qu’elle intervient sur un fond crépusculaire. La fameuse goutte d’argent !

Source :

Goutte d'argent sur fleur de Lychnis.

Les postérieures hésitent entre grisâtre et brunâtre, loin de la richesse chromatique des antérieures. Encore faut-il bénéficier de la complicité du soleil pour en faire ressortir toutes les nuances.

Début octobre 2021. Dans le marais, sur les dernières fleurs de menthe des champs.

À ne pas confondre avec Autographa gamma, qui lui ressemble beaucoup, n’était la tache blanche au centre des antérieures. Selon son orientation, elle évoque plutôt les lettres grecques Gamma ou Lambda, d’où ses noms vernaculaires.