La Ficaire, messagère du printemps

Robert le diable sur Ficaire fausse-renoncule.

Échanges de bons procédés au pied des haies entre les premiers butineurs de l’année et la Ficaire, lointaine cousine du Bouton d’or.

Syrphe des corolles sur Ficaire fausse-renoncule.

On la voit de loin ! L’éclat de ses premières fleurs tranche au sortir de l’hiver sur les coeurs vert foncé de son feuillage. Syrphes, papillons et abeilles sauvages… Au pied des haies, la Ficaire fausse-renoncule accueille les butineurs les plus précoces.

Certes, elle est productrice de bulbilles qui participent efficacement à sa diffusion, mais elle compte également sur les pollinisateurs : un échange de bons procédés puisqu’en cette saison ces derniers n’ont pas grand chose d’autre à se mettre sous la trompe !

Lire l’article sur la Ficaire fausse renoncule.

Andrène à pattes-jaunes sur Ficaire fausse-renoncule.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

La Pâquerette

Début mars. Le petit mâle de l’Andrène à pattes jaunes passe de pâquerette en pâquerette…

Elle n’est pas très exigeante. Mais il lui faut du soleil. Et surtout pas de pluie. Sinon, boudeuse, la Pâquerette referme ses pétales…

Pâquerette / Un jardin dans le Marais poitevin.La Pâquerette appartient au club très sélect des « sauvageonnes » qui n’arrêtent jamais vraiment de fleurir. Revers de la médaille, elle est si familière, si fidèle, qu’on ne lui prête plus guère attention. Elle reprend vigueur actuellement après un demi-sommeil de quelques semaines.

Un peu partout dans les allées du jardin, ses souches s’élargissent et gonflent sous la poussée d’une multitude de petits boutons impatients. Les premières fleurs prennent un peu de hauteur. Coeur d’or, couronne d’étroits pétales blancs bordés de rose. 

Cette frange rosée se remarque davantage en fin d’après-midi lorsque la Pâquerette se referme lentement pour passer la nuit. La délicate se protège également ainsi le jour à l’approche d’un orage ou d’une averse. D’où sa réputation de baromètre du jardin.

A vrai dire, en ce milieu d’hiver aussi pluvieux que venteux, elle n’a guère l’occasion de s’épanouir longuement au soleil. Patience. Pâques, c’est dans un peu plus de deux mois !

Pâquerette / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les premiers butineurs peuvent toujours compter sur la pâquerette ! Dès début mars avec l’Halicte de la Scabieuse.

La Pâquerette toujours sur le pont au printemps et en été

Abdomen rouge orangé pointé de noir : avec le Grand Sphécode.

Avec le Syrphe porte-plume et son long abdomen cylindrique.

Repu, l’Oedémère noble paré prêt pour l’envol. Un mâle aux pattes arrière bigrement enflées.

Le Syrphe des narcisses et son « costume » de bourdon !

Le petit Bombyle noir, haut sur pattes et taché de blanc.

Avec l’Adèle australe, un minuscule papillon de nuit (également diurne) aux antennes démesurées.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

 

Cueillette à volonté

Mouron des oiseaux et Véronique à feuille de lierre / Un jardin dans le Marais poitevin.

Encore une plante sauvage qui fait coup double au jardin. Le Mouron des oiseaux participe à la couverture hivernale du sol. Et se laisse inviter en cuisine.

Mouron des oiseaux / Un jardin dans le Marais poitevin.Le Mouron des oiseaux fait ici bon ménage avec la petite Véronique à feuille de lierre. Lui aussi a provisoirement le champ libre. Et il ne se fait pas prier. Ses tiges rampantes avancent méthodiquement leurs pions. De proche en proche, l’émergence d’une petite fleur donne également naissance à deux nouveaux rameaux. Et ainsi de suite.

Charmantes corolles autant que minuscules ! On jugerait compter dix étroits pétales. La moitié en vérité, chacun étant très profondément échancré. La promesse de capsules qui, le moment venu, libéreront des milliers de fines graines pour le régal des pinsons.

En attendant de faire place nette, plantations du printemps obligent, il serait dommage de ne pas inviter le Mouron des oiseaux en cuisine ! D’un joli vert tendre, ses abondantes petites feuilles apportent fraicheur et léger goût de noisette aux salades, sauces et veloutés. Sans arracher les pieds. Pas encore ! Il suffit de cueillir les plus belles feuilles. A volonté.

Quelques recettes avec le site cuisinesauvage.org

Mouron des oiseaux / Un jardin dans le Marais poitevin.