Le Sphinx du liseron

Sphinx du liseron sur rudbeckias.

Une douzaine de centimètres d’envergure ! Brève rencontre avec le Sphinx du liseron au petit matin. Un des plus grands papillons du jardin.

Sphinx du liseron sur rudbeckias.

Envergure maxi : 60 mm. Visible d’avril à août.

Et dire qu’à la nuit tombée, champion de vol stationnaire, voilà un butineur aussi vif et rapide que son cousin le Moro sphinx !  Mais en « mode jour », le Sphinx du liseron (Agrius convolvuli) devient tout pataud. Pour ne pas dire inerte. Sa meilleure défense contre les prédateurs : rester immobile, ailes repliées, fondu dans la broussaille, avec des allures d’écorce ou de feuille morte.

Pour l’heure, au petit matin, il n’a pas encore trouvé son gîte pour la journée. A-t-il l’intention de s’enfoncer dans la touffe de rudbekias ? Importuné par le jardinier-photographe, il filera plutôt au creux de la haie toute proche. 

Les fleurs donnent ici l’échelle : sacrée bête ! Avec 12 cm d’envergure, il surprend son monde lorsqu’il ouvre les ailes. Il dévoile alors les postérieures rayées de lignes sinueuses noires, et surtout un abdomen fuselé au décor étonnant. Sur fond gris chiné, il alterne ainsi les bandes noires, blanches et vieux rose. Avec deux gros « yeux » rouges cerclés de noir à l’arrière du thorax. 

Sphinx du liseron sur rudbeckias.

Ailes refermées,  les « yeux » rouges disparaissent. Plus discrets, globuleux et noirs, les « vrais yeux » trahissent à peine une petite tête engoncée dans le puissant thorax bossu. Sinon, sous cet angle, ne dirait-on pas un morceau d’écorce ?

Comme son nom le suggère, la femelle confie sa progéniture aux liserons.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Sphinx du liseron avec le site insectes-net.fr

Photos JF Irastorza

 

L’Épiaire des marais

Inféodées aux zones humides, l’Épiaire des marais et ses délicates petites fleurs rose pourpre ne manquent pas d’atouts pour séduire abeilles et bourdons.

Graines et godets : on trouve assez facilement cette belle vivace sauvage en jardinerie ou en ligne. N’espérez cependant pas son développement harmonieux si votre jardin est naturellement trop sec. Comme son nom l’indique en effet, l’Épiaire des marais (Stachys palustris) est plutôt familière des bords de fossés et des prairies humides. 

Rhizomes aidant, les stations sont généralement généreuses, comme ici dans une peupleraie proche du jardin. Solides tiges ramifiées d’un bon mètre de hauteur. Feuillage lancéolé et gauffré. L’ensemble vaut surtout pour ses épis de somptueuses petites fleurs rose pourpre. 

La corolle tubulaire s’ouvre en deux lèvres superposées. En forme de casque étroit, celle du dessus protège les quatre étamines aux anthères noirâtres et le fin style bifide violacé. Plus spectaculaire, la lèvre inférieure étale largement ses quatre lobes au décor délicatement contrasté de rose et de blanc. Le subtil dessin s’organise de part et d’autre d’une ligne centrale filant vers l’entrée du tube. Comme une invitation aux butineurs.

Brosse de collecte blanche, marques abdominales jaunes sur fond noir : Madame Anthidie sept-épines prête à s’engouffrer dans une corolle d’épiaire.

Quand Monsieur Anthidie sept-épines surveille sont territoire, c’est avec un accouplement furtif à la clé.

La longue langue du Bourdon des champs est idéale pour le fin tube de l’Épiaire des marais, sans trop enfourner le corps dans la corolle.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • L’Épiaire des marais avec l’herbier numérique flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza 

 

La Ficaire fausse-renoncule

Éristale sur fleur de la Ficaire fausse-renoncule

Éristale tenace.

Feuilles en coeur et coroles jaune d’or, la Ficaire fausse-renoncule accueille généreusement les premiers butineurs du jardin.

Robert-le-Diable sur fleur de la Ficaire fausse-renoncule

Robert-le-diable.

Comme la belle et discrète Violette odorante, la Ficaire fausse-renoncule ( (Ficaria verna) est réputée « messagère du printemps » … Chaque année un peu plus tôt, à vrai dire, pour s’épanouir désormais au coeur de l’hiver. La voilà donc, précoce parmi les précoces, formant un éclatant comité d’accueil pour les premiers butineurs.

Ses jolies feuilles en coeur forment de délicats coussins au pied des haies, piquetés de corolles jaune d’or. Le nombre de pétales varie d’une fleur l’autre. Celui des étamines aussi. Jusqu’à une quarantaine…  Nectar et pollen, pour le premier généreux open bar de l’année ! 

Brun, taché de jaune orangé, le solide Éristale tenace n’y résiste pas, léchant longuement la naissance sucrée des pétales. Le Syrphe des corolles et le Syrphe porte-plume non plus. La ficaire leur en souligne le chemin par un subtile jeu de couleurs : très luisante en périphérie, la corole devient plus mate en son coeur nectarifère.

Le Paon du jour, le Tircis et Robert-le-Diable s’y régalent également. Sans oublier l’Andrène à pattes jaunes et son cousin l’Andrène limpide, parmi les toutes abeilles sauvages de l’année.

Déjà à pied d’oeuvre, Madame Syrphe porte-plume n’attend plus que les premières salves de pucerons pour pondre !

Le jardin pourra également compter sur les larves du Syrphe des corolles

Paon du jour.

Tircis.

Piéride de la rave.

Andrène à pattes jaunes.

Andrène limpide.

Un superbe feuillage, idéale pour les petites pauses du Grand bombyle.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza