Mouches parasites au jardin

Les mouches parasites jouent un rôle important contre la prolifération intempestive de certaines espèces au jardin.

L’équilibre du jardin ne doit rien au hasard. Quand trop, c’est trop, face à la prolifération indésirable de certaines espèces, leurs prédateurs carnassiers s’en donnent à coeur vie : hérissons, musaraignes, carabes, réduves, guêpes… Ils ne sont pas les seuls.

Les mouches parasites redoublent également d’activités, trouvant davantage de cibles à qui confier leur progéniture. Soit en pondant dans ou à proximité du nid convoité, soit en déposant un oeuf sur chaque futur « garde manger » de leurs larves.

Cela concerne notamment les punaises et les chenilles dont celles des noctuelles, mais les abeilles sauvages elles-aussi, comme les bourdons, font l’objet de régulation. Il s’agit d’en adapter les populations aux ressources, de sorte que chaque commensal dispose d’une part convenable de nectar et de pollen.

En complément d’autres parasites, comme Méloés, Sténorias analis, Sitaris des murailles, abeilles-coucous et bourdons-coucous, les mouches auxiliaires sont ainsi les bienvenues au jardin.

Auprès des abeilles sauvages

Le Grand bombyle en vol stationnaire au dessus d’un capitule de pissenlit.

Petit bombyle sur inflorescence de crépis.

Madame Petit bombyle longue trompe en avant. Elle pond à l’entrée des nids d’abeilles sauvages : ses larves trouvent vite le chemin du couvain.

Bombyle noir sur pâquerette / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le vol stationnaire du Bombyle noir, pour butiner et… larguer ses oeufs à l’entrée des terriers d’abeilles sauvages. Ses larves n’auront qu’à se servir.

Auprès des bourdons

Le Sicus ferrugineux : la femelle largue un oeuf en vol sur la fourrure des bourdons de rencontre.

Conops à pattes jaunes sur feuille de marguerite.

Même mode opératoire pour le Conops à pattes jaunes.

Myopa picta sur phacélie.

Étrange physique pour la Myope peinte aux bajoues blanches tachées de noir.

Mouche bourdon, mâle, forme 'Bourdon des pierres" / Un jardin dans le Marais poitevin.

La Volucelle bourdon prend l’allure de ses cibles pour mieux s’approcher de leur nid.

Auprès des frelons

Volucelle zonée sur Menthe aquatique.

La Volucelle zonée est plus téméraire : elle n’hésite pas à pondre dans le nid des frelons !

Auprès des punaises

Mouche coccinelle sur Aster lancéolé.

La Mouche coccinelle cible plus particulièrement les Punaises vertes.

Pas de cible privilégiée pour Madame Phasie crassipenne, pourvu que ce soit une punaise !

Trichopoda pennipes : une brosse de soies noires sur les tibias arrière /un jardin dans le Marais poitevin.

La Punaise verte ponctuée parmi les cible privilégiées de mouche Trichopoda pennipes.

La mouche Cylindromyia brassicaria.

Noire et rouge orangé, hérissée de soie raides : la Cylindromyia brassicaria est la bienvenue au jardin où elle parasite les punaises.

Auprès des criquets

Mouche des criquets, femelle, sur capitule de Bident feuillé.

Les larves de la Mouche des criquets sont prédatrices d’oeufs de criquets : la femelle pont directement sur les oothèques.

Après des chenilles

Aussi trapue que tranquille butineuse. La Tachinaire corpulente, assurément la mouche la plus impressionnante du jardin !

La Peleteria rubescens, encore une mouche auxiliaire qui gagne à être (re)connue !

Comme la plupart des membres de la famille, les larves de la Tachinaire à pieds roux ont une spécialité qui la rend bigrement utile au potager : les noctuelles !

Bombyle ottentot sur fleurs de lierre.

La femelle du Bombyle hottentot enterre ses oeufs, à charge pour les futures larves de trouver leur pitance : des chenilles terricoles de noctuelles.

Auprès des mouches tachinaires

Anthacine morio sur feuille de Picride fausse vipérine.

Ailes à demi-noires, l’Anthracine morio a une allure d’avion de chasse. Sa cible favorite ? Les larves de tachinaires !

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza 

 

Punaises du jardin

Des insectes piqueurs-suceurs à la mauvaise réputation : sauf prolifération exceptionnelle, les dommages des punaises restent toutefois limités.

Pommes et poires déformés, finalement inconsommables… Il est vrai que les vergers peuvent être sérieusement malmenés par les piqûres de populations excessives de certaines punaises. Notamment la Punaise diabolique. Celle-là même qui, l’automne venu, cherche (et parvient !) à entrer dans les maisons.

Et que dire des petits fruits (mûres et framboises notamment) qui gardent le souvenir (mal) odorant de leurs visiteuses au point de devenir immangeables ? Sans parler de la rhubarbe dont les tiges infestées de Corées marginées perdent leur texture juteuse !

Reste que, le plus souvent, les punaises trouvent leur ordinaire dans et au bord les haies. En automne avec les baies de l’aubépine notamment. Au printemps, comme la Punaise arlequin, elles n’aiment rien tant que les graines fraîches et juteuses sur les inflorescences à maturité. Notamment de Cerfeuil des bois.

La surveillance en facilite le contrôle dans les jardins, surtout au moment où les colonies de sujets encore immatures sont encore grégaires, simples à repérer et à collecter avant leur dispersion. Et tant pis pour l’odeur.

Enfin, certaines punaises sont carnassières. Actives chasseuses, comme la Réduve pirate ou la Miride rouge, leur solide rostre percent la cuticule de leurs proies pour en aspirer les fluides internes. De précieux auxiliaires !

Les rouges et noires

Le Pyrrhocore, alias le Gendarme, sans doute la punaise la plus répandue. Son goût pour le soleil lui vaut le surnom de cherche-midi.

Des dessins noirs sur fond rouge. Vous y trouvez deux petits coeurs ou un crabe pinces en avant ? Alors, c’est la Punaise de la Jusquiame !

La Viole rouge. Joli nom pour une punaise. Le potager n’a pas grand chose à en craindre. Tant qu’elle y vient en touriste. Et en solitaire.

Les couleurs de la Punaise ornée peuvent varier d’un individu l’autre. Pas de problème pour autant pour l’accouplement !

Les graines de la Sauge de Jérusalem à portée de rostre pour la Punaise des baies.

Les graines fraîches et juteuses du Cerfeuil des bois : le péché mignon du graphosome italien.

Les vertes

Une ligne de points blancs et noirs caractéristiques : la Punaise verte ponctuée, pas forcément bienvenue au potager !

La Punaise verte « ordinaire » fréquente plutôt arbres et haies. Mais égaleme nt le verger.

Vert clair avec deux points noirs à l’avant du thorax : la Capside de la pomme de terre fréquente aussi les platebandes fleuries.

Les grises

Commet distinguer la Punaise diabolique et sa cousine Nébuleuse ?

Punaise nébuleuse / Une jardin dans le Marais poitevin.

Première sortie printanière au pied d’une haie pour la Punaise nébuleuse. Mais est-ce vraiment elle ?

Les brunes

Corée marginée sur feuille de rhumex.

Physique ingrat et mauvaise réputation pour la Corée marginée. Mais, en dehors de l’oseille et la rhubarbe, le potager ne craint pas grand chose.

Malgré son nom, la petite Punaise dentée est bien une piqueuse-suceuse. Amatrice de sève de légumineuses.

C’est la saison des amours pour la Punaise des noisettes. La nouvelle génération émergera en fin d’été. Comme les noisettes fraîches !

Une punaise aux « épaulettes » noires bien marquées : le Pentatome méridional, amateur de pollen et de graines fraîches.

Les carnassières

Carnassière, la Miride rouge chasse petites mouches, pucerons, larves et acariens. Heureux de la voir au potager !

Chasseur au sol, toujours en mouvement, le Réduve pirate participe à la régulation des populations d’insectes ravageurs.

Mouches auxiliaires

Trichopoda pennipes : une brosse de soies noires sur les tibias arrière /un jardin dans le Marais poitevin.

Parmi les mouches parasites des punaises, la Trichopoda pennipes cible essentiellement la Punaise verte ponctuée.

Une autre mouche parasite des punaises, moins spécialisée, la Phasie crassipenne. Ici un mâle avec son abdomen plat caractéristique, orangé rayé de noir.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Les punaises avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

Le Micrommate de Ligurie

Micromatte de Ligurie

Le Micrommate de Ligurie présente des tarses bruns qui lui valent parfois le surnom d’araignée verte « à chaussettes » !

Taille maxi : 14 mm. Visible d’avril à juin pour les mâles, jusqu’en octobre pour les femelles.

Un vert fluo pour Madame Micrommate de Ligurie (Micrommata ligurina). Plus brun et variable pour le mâle. Avec une telle livrée, Madame n’a pas besoin de construire de toile pour chasser. Ni d’escalader les fleurs pour s’y camoufler à l’affût. Il lui suffit de se tapir ou de courir dans la végétation basse du jardin comme dans le feuillage des haies. Le mimétisme y est parfait.

Petite fantaisie : tarses et métatarses sont franchement bruns. Ce qui vaut parfois au Micrommate de Lugurie le surnom d’araignée verte « à chaussettes » ! C’est un des critères d’identification de l’espèce, avec un point noir à l’arrière du thorax. Un de ses cousins, le Micrommate émeraude (Micrommata virescens)  est en dépourvu.

Un point noir à l’arrière du thorax (flèche). À l’avant de l’abdomen, l’étroite bande lancéolée (dite « tache cardiaque ») est d’un vert plus mat.

En savoir plus : 

  • Araignées de France et d’Europe, Michael J. Robert, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 1997, Delachaux & Niestlé.
  • Micrommata ligurina avec le site quelqestcetanimal
  • Micrommata ligurina avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza