Punaises du jardin

Des insectes piqueurs-suceurs à la mauvaise réputation : sauf prolifération exceptionnelle, les dommages des punaises restent toutefois limités.

Pommes et poires déformés, finalement inconsommables… Il est vrai que les vergers peuvent être sérieusement malmenés par les piqûres de populations excessives de certaines punaises. Notamment la Punaise diabolique. Celle-là même qui, l’automne venu, cherche (et parvient !) à entrer dans les maisons.

Et que dire des petits fruits (mûres et framboises notamment) qui gardent le souvenir (mal) odorant de leurs visiteuses au point de devenir immangeables ? Sans parler de la rhubarbe dont les tiges infestées de Corées marginées perdent leur texture juteuse !

Reste que, le plus souvent, les punaises trouvent leur ordinaire dans et au bord les haies. En automne avec les baies de l’aubépine notamment. Au printemps, comme la Punaise arlequin, elles n’aiment rien tant que les graines fraîches et juteuses sur les inflorescences à maturité. Notamment de Cerfeuil des bois.

La surveillance en facilite le contrôle dans les jardins, surtout au moment où les colonies de sujets encore immatures sont encore grégaires, simples à repérer et à collecter avant leur dispersion. Et tant pis pour l’odeur.

Enfin, certaines punaises sont carnassières. Actives chasseuses, comme la Réduve pirate ou la Miride rouge, leur solide rostre percent la cuticule de leurs proies pour en aspirer les fluides internes. De précieux auxiliaires !

Les rouges et noires

Le Pyrrhocore, alias le Gendarme, sans doute la punaise la plus répandue. Son goût pour le soleil lui vaut le surnom de cherche-midi.

Des dessins noirs sur fond rouge. Vous y trouvez deux petits coeurs ou un crabe pinces en avant ? Alors, c’est la Punaise de la Jusquiame !

La Viole rouge. Joli nom pour une punaise. Le potager n’a pas grand chose à en craindre. Tant qu’elle y vient en touriste. Et en solitaire.

Les couleurs de la Punaise ornée peuvent varier d’un individu l’autre. Pas de problème pour autant pour l’accouplement !

Les graines de la Sauge de Jérusalem à portée de rostre pour la Punaise des baies.

Les graines fraîches et juteuses du Cerfeuil des bois : le péché mignon du graphosome italien.

Les vertes

Une ligne de points blancs et noirs caractéristiques : la Punaise verte ponctuée, pas forcément bienvenue au potager !

La Punaise verte « ordinaire » fréquente plutôt arbres et haies. Mais égaleme nt le verger.

Vert clair avec deux points noirs à l’avant du thorax : la Capside de la pomme de terre fréquente aussi les platebandes fleuries.

Les grises

Commet distinguer la Punaise diabolique et sa cousine Nébuleuse ?

Punaise nébuleuse / Une jardin dans le Marais poitevin.

Première sortie printanière au pied d’une haie pour la Punaise nébuleuse. Mais est-ce vraiment elle ?

Les brunes

Corée marginée sur feuille de rhumex.

Physique ingrat et mauvaise réputation pour la Corée marginée. Mais, en dehors de l’oseille et la rhubarbe, le potager ne craint pas grand chose.

Malgré son nom, la petite Punaise dentée est bien une piqueuse-suceuse. Amatrice de sève de légumineuses.

C’est la saison des amours pour la Punaise des noisettes. La nouvelle génération émergera en fin d’été. Comme les noisettes fraîches !

Une punaise aux « épaulettes » noires bien marquées : le Pentatome méridional, amateur de pollen et de graines fraîches.

Les carnassières

Carnassière, la Miride rouge chasse petites mouches, pucerons, larves et acariens. Heureux de la voir au potager !

Chasseur au sol, toujours en mouvement, le Réduve pirate participe à la régulation des populations d’insectes ravageurs.

Mouches auxiliaires

Trichopoda pennipes : une brosse de soies noires sur les tibias arrière /un jardin dans le Marais poitevin.

Parmi les mouches parasites des punaises, la Trichopoda pennipes cible essentiellement la Punaise verte ponctuée.

Une autre mouche parasite des punaises, moins spécialisée, la Phasie crassipenne. Ici un mâle avec son abdomen plat caractéristique, orangé rayé de noir.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Les punaises avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

Le Micrommate de Ligurie

Micromatte de Ligurie

Le Micrommate de Ligurie présente des tarses bruns qui lui valent parfois le surnom d’araignée verte « à chaussettes » !

Taille maxi : 14 mm. Visible d’avril à juin pour les mâles, jusqu’en octobre pour les femelles.

Un vert fluo pour Madame Micrommate de Ligurie (Micrommata ligurina). Plus brun et variable pour le mâle. Avec une telle livrée, Madame n’a pas besoin de construire de toile pour chasser. Ni d’escalader les fleurs pour s’y camoufler à l’affût. Il lui suffit de se tapir ou de courir dans la végétation basse du jardin comme dans le feuillage des haies. Le mimétisme y est parfait.

Petite fantaisie : tarses et métatarses sont franchement bruns. Ce qui vaut parfois au Micrommate de Lugurie le surnom d’araignée verte « à chaussettes » ! C’est un des critères d’identification de l’espèce, avec un point noir à l’arrière du thorax. Un de ses cousins, le Micrommate émeraude (Micrommata virescens)  est en dépourvu.

Un point noir à l’arrière du thorax (flèche). À l’avant de l’abdomen, l’étroite bande lancéolée (dite « tache cardiaque ») est d’un vert plus mat.

En savoir plus : 

  • Araignées de France et d’Europe, Michael J. Robert, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 1997, Delachaux & Niestlé.
  • Micrommata ligurina avec le site quelqestcetanimal
  • Micrommata ligurina avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza

 

Les quatre saisons du Paon du jour

Avec quatre gros « yeux » irisés pour assurance-vie, le Paon du jour illumine le jardin en toutes saisons. Et hiverne à l’état adulte.

Envergure : 65 mm. Visible de fin janvier à décembre.

Sans doute le plus spectaculaire, sinon le plus bluffant, parmi les grands voiliers du jardin. Le Paon du jour (Aglais io) n’a en effet pas son pareil pour surprendre son monde. Quel saisissant contraste entre son ténébreux profil brunâtre et l’éclat rougeoyant de ses larges ailes déployées !

Paon du jour sur lierre en fleurs.

Bien sûr, ce sont ses quatre gros « yeux » qui retiennent d’abord l’attention. À l’apex de chaque aile, leur pupille irisée joue avec le noir, le blanc, le rouge orangé et le bleu. On songe aux ocelles moirés du paon dont il tire son nom vernaculaire.

De quoi intriguer, voire effrayer les éventuels prédateurs ? En tout cas, si d’aventure les plus belliqueux donnent du bec contre ces étranges « regards », le Paon du jour sauvera l’essentiel : une aile esquintée peut-être mais sans dommage pour les organes vitaux.

Une seule génération

Il ne sera jamais trop prudent. Car si la plupart des papillons du jardin ont une espérance de vie limitée, de quelques semaines, lui fait partie des rares espèces au long cours – avec le Vulcain et la Citron notamment – qui traversent les quatre saisons en une seule génération. Né au printemps, quand ses chenilles sont assurées de trouver de généreuses touffes d’ortie, il butine tout l’été et jusqu’au bout de l’automne, pour passer l’hiver calfeutré à l’état adulte. Ce sont donc de « vieux » papillons rescapés qui émergent en février-mars, avec une seule obsession : s’accoupler et passer enfin le relais.

Au sortir de l’hiver

Paon du jour sur capitule de pissenlit.

Vivent les pissenlits et autres plantes sauvages pour ac cueillir les premiers butineurs !

Les arbres fruitiers en fleurs, quelle régalade !

Paon du jour sur laurier tin.

Vous cherchez le Paon du jour un après-midi ensoleillé de février-mars ? Faites un tour auprès du laurier tin  !

Sur les prunelliers en fleurs des haies.

Au printemps

Un des premiers visiteurs de la sarriette en fleurs.

Paon du jour sur ronce en fleurs.

Au bord des haies, sur les fleurs de la ronce commune.

En été

Paon du jour sur épis de buddléia.

Oui bien-sûr, un passage par le buddléia s’impose mais le Paon du jour ne s’y éternise pas. Il y a tant à butiner au jardin en cette saison !

Sur un capitule d’échinacée : après le nectar, le bain de soleil.

 

Précieux cosmos ! Ils seront disponibles jusqu’au bout de l’automne…

En automne

Paon du jour sur menthe aquatique.

Sur la Menthe aquatique, une silhouette brun foncé et soudain…

… dans un éclair rougeoyant, les quatre « yeux » irisés du Paon du jour. De quoi surprendre voire effrayer les éventuels prédateurs.

Parmi les commensaux du lierre en fleurs.

Sur les derniers capitules de la crépide fausse vipérine.

Les chenilles

Chenille du Paon-du-jour sur ortie.

Principalement sur l’ortie : une dominante noire, mouchetée de points blancs et hérissée de soies épineuses (non urticantes).

Ses longues lianes ne manquent pas de supports en bordure de Sèvre niortaise. Familier du Marais poitevin, le houblon sauvage envahit aulnes et frênes, passe d’un arbre à l’autre, se laisse parfois aller à courir sur les berges. C’est, avec l’ortie, une des principales plantes hôtes du Paon du jour.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza