Le Bident feuillé

Quand les sources de nectar se raréfient à l’approche de l’automne, le Bident feuillé prend le relais au bord des fossés pour les butineurs du marais.

Abeille sur capitule de Bident feuillé.Originaire d’Amérique du nord, introduit au XIXe siècle, le Bident feuillé (Bidens frondosa L.) s’est bien adapté aux zones humides européennes. Au point d’y devenir invasif. Ses hautes tiges rameuses, rougeâtres, frisent ici les deux mètres en bordure d’un fossé du Marais poitevin.

Sa floraison jaune orangé éclôt en fin d’été et jusqu’en automne. Elle est la bienvenue pour les butineurs à une saison où les sources de nectar commencent à se raréfier. Les petits capitules serrés rassemblent des dizaines de fleurs tubulaires au centre d’une couronne verte caractéristique. Ce sont les bractées extérieures de l’inflorescence qui rayonnent ainsi autour de chaque « bouton ».

Jadis, on en récoltait l’abondant feuillage. Non pas pour l’usage prohibé que son nom populaire de Chanvre d’eau pourrait suggérer… Mais pour les vertus anti-inflammatoires de ces folioles lancéolées et dentées préparées en infusion !

Feuillage à trois folioles du Bident feuillé.

Hélophile à bandes grises sur le feuillage ici à trois folioles du Chanvre d’eau. À noter la tige et les pétioles rougeâtres.

Anthidie sur capitule de Bident feuillé.

La floraison du Trident feuillé arrive à point nommé pour l’Anthidie septemspinosum alors que la Salicaire est déjà un peu partout passée à graines…

Éristale bronze sur capitule de Bident feuillé.

Comme le Bident feuillé, l’Éristale bronzé est inféodé aux zones humides.

La Collète du lierre fait ici, avec le Bident feuillé, quelque infidélité à ses inflorescence fétiches !

Le « Bident » tient son nom des deux petites pointes qui hérissent chacune de ses graines. Finement barbelées, ces « dents » s’accrochent aux poils des animaux de passage. La dispersion des graines en est d’autant facilitée.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

 

La tête au carré !

D’efficaces chasseuses de mouches ! Jaunes et noires, les guêpes Ectemnius arborent une forte tête plus ou moins cubique…

Guêpes Ectemnius : l'Ectemnius continuus au repos.

Taille maxi : 14 mm. Visible de juin à septembre.

Pourtant relativement communes, les guêpes Ectemnius n’ont pas de nom vernaculaire. On les repère facilement lorsqu’elles sont en chasse. Elles patrouillent assez lentement de fleur et fleur pour fondre brutalement sur leurs proies. Des mouches le plus souvent. 

En voici deux espèces très voisines. Avec une semblable grosse tête au carré ! Une particularité de la famille de Crabronidés. Pour le reste, la livrée est noire et jaune bien-sûr. Trois rayures abdominales interrompues chez celle-ci en vol (sans doute Ectemnius continuus). Cinq chez cette autre qui vient de saisir une proie (sans doute Ectemnius lituratus). Sinon, tibias et tarses sont à dominante jaune. Comme le premier segment des antennes.

Les proies ne sont pas pour leur propre consommation. Elles préfèrent en effet le nectar. Mais leurs larves sont carnivores. Les nids sont creusés dans du bois mort. Une dizaine de loges avec une à deux mouches anesthésiées par loge. Leur progéniture ne manquera pas de protéine ! 

Guêpes Ectemnius : l'Ectemnius lituratus et sa proie.

La mouche se reposait sur une feuille au soleil quand la petite guêpe a profité de l’aubaine…

Le syrphe (on en devine ici les pattes et les yeux rouges) est immédiatement anesthésié pour être transporté vers le nid.

En savoir plus : 

  • Heiko Bellmann, 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux et Niestlé.
  • Les Guêpes avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

La Cicadelle verte

Cicadelle verte femelle sur menthe des champs.

Difficile d’approcher ces cigales miniatures et turquoises sur les pâturages du marais… Au saut comme au vol, la Cicadelle verte a une sacrée détente !

Cicadelle verte mâle sur menthe des champs.

Taille maxi : 9 mm. Visible de juin à octobre.

Le langage courant amalgame parfois la Cicadelle verte (Cicadella viridis), famillère des prairies humides, et la Cicadelle des grillures (Empoesca vitis), ravageuse de la vigne. Il est vrai que la seconde est d’un vert bien franc. La confusion n’est cependant pas possible avec la première, verte certes, mais plutôt joliment turquoise, mêlée de jaune-vert.

Pour sa part, le mâle se distingue par ses ailes bleu foncé à l’avant, bleu ciel à l’arrière. Avec une allure de petite cigale (6/9 mm), la Cicadelle verte pullule en cette saison sur les pâturages du marais. Excellente sauteuse, elle vole aussi très bien et se disperse vivement à l’approche des promeneurs.

Comme toutes les cicadelles, c’est un insecte piqueur-suceur qui – ses larves également – pompe la sève de leur plante-hôte. Mais, en l’occurence, foin de la vigne, des arbres fruitiers ou des rhododendrons ! Cette Cicadelle verte ci se contente des graminées, des joncs et autres carex. En cette saison, elle abonde pareillement sur les larges stations de menthe des champs.

Cicadelle verte femelle et mâle sur menthe des champs.

Membracide bison sur une feuille de frêne.

Tout aussi petit, également excellent sauteur, le Membracide bison voisine souvent avec la Cicadelle verte sur les pâturages du marais.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, Romain Garrouste, 2015, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Guide la vie sauvage au jardin, Michael Chiney, 1997, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.

Photos JF Irastorza