Le sommeil de l’Anthidie

Le sommeil de l'Anthidie / Un jardin dans le Marais poitevin.

Insolite le sommeil de l’Anthidie ! Pour la nuit ou une simple sieste, l’abeille sauvage s’accroche à une haute tige sèche. Sans les pattes !

On a vu voilà peu l’Anthidie septemspinosum affairée sur les hautes salicaires du bord de Sèvre. Dans la famille, on est du genre hyper-actif. Mais une petite sieste n’a jamais fait de mal ! Surtout chez les mâles. Alors, il n’est pas rare de surprendre le sommeil de l’Anthidie. Même en pleine journée. Plutôt à mi ombre.

Bien-sûr, comme tout un chacun, il lui arrive de faire une pause sur la première feuille venue. Voire de s’assoupir sur une fleur. Mais là, rien de vraiment sérieux. Non, pour dormir, vraiment, sa position favorite est plus étonnante.

Elle choisit d’extrémité d’une haute tige sèche. Comme beaucoup d’insectes sans doute. Certes… Mais sans les pattes ! Comment tient-elle ? Ce sont ses puissantes mandibules qui s’accrochent à la tige. Et lui permettent alors de se détendre. À l’horizontale. Les antennes relâchées. Les pattes ramenées en arrière. Ou tout simplement pendantes. Benaise, comme on dit en Poitou !

Fin juin 2020. Trop de nuages, de fraîcheur et de vent. Accrochée par ses seules mandibules, l’Anthidie sp. endormie attend le retour du soleil…

Mi juillet 2021. Chut, grasse matinée sous un ciel couvert. Toutes pattes repliées,simplement accroché à quelques fleurons d’artichaut, par la seule force de ses mandibules.

En savoir plus : 

  • Bellmann 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Les Anthidiies avec le site aramel.free.fr

 Photos JF Irastorza 

 

 

L’Arum d’Italie passe à l’orange

Dernière ligne droite avant le repos automnal pour l’Arum d’Italie. Les hauts épis prennent des couleurs. Mais s’égrainent déjà avant de mûrir vraiment.

Feuillage de l'Arum d'Italie mi décembre / Un jardin dans le Maraids poitevin.Tout a commencé en début d’hiver pour l’Arum d’Italie (Arum italicum). Au bord des haies et des fourrés. Avec un superbe feuillage sagitté au vert profond, veiné et marbré de blanc crème.

La floraison printanière a fait pâle figure en comparaison. Les larges feuilles commençaient déjà à s’étioler quand les souches ont dressé puis ouvert leurs étranges « antennes paraboliques ». Jaune vert, diaphanes, éphémères. Nul besoin de durer, il est vrai, avec un dispositif aussi diaboliquement efficace !

Quand d’autres distillent du nectar pour attirer les butineurs, l’Arum d’Italie diffuse en effet une odeur… d’excrément et d’urine. Les mouches n’y résistent pas et trouvent vite l’origine de ces suaves effluves. À la base de la « parabole ». Forçant le passage, elles n’y découvrent rien de bon mais se retrouvent piégées. À force d’y tourner en rond, elles se chargent de pollen. Jusqu’à ce que les cils qui leur faisait barrage se flétrissent et les libèrent enfin. Pour transporter le pollen vers une nouvelle inflorescence.

Avec l’été, feuilles et « paraboles » ont disparu. Place désormais aux hauts épis de baies vertes. Est-ce un contre-coup de la canicule ? La plupart des épis perdent en effet leurs baies avant même de virer au rouge. Elles tombent au sol une à une, encore orangées. Cela dit, gare ! Quelle que soit la couleur, elles sont très toxiques. D’ailleurs, même les oiseaux n’en veulent pas.

En savoir plus sur l’Arum d’Italie avec le site abiris.snv.jussieu.fr

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La Cylindromyia bicolor

Cylindromyia bicolor sur inflorescence de Menthe des champs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Dans la série des mouches auxiliaires du jardin : la Cylindromyia bicolor, une tachinaire butineuse et parasite de la Punaise nébuleuse.

Elle n’a pas de nom populaire. Dommage. Elle l’aurait bien mérité. Son allure n’est en effet pas si banale. Et, surtout, sa présence est bien utile au potager ! 

Outre ses yeux rouge foncé, la Cylindromyia bicolor se distingue d’abord par son long abdomen. Cylindrique et légèrement arqué. Rouge et orné d’un triangle noir dans sa partie antérieure. Hérissé enfin d’épaisses soies noires : la marque de fabrique des mouches tachinaires.

Avec deux petits stabilisateurs bien visibles à la naissances des ailes fortement nervurées, c’est une butineuse assidue. Ici sur la Menthe aquatique qu’elle explore du haut de ses très longues pattes noires. Est-il besoin de préciser qu’elle ne pique pas et reste parfaitement inoffensive en toute circonstance ?

Sauf pour les punaises. Et plus particulièrement la Punaise nébuleuse (Rhaphigaster nebulisa) qu’elle cible pour installer sa progéniture. Certes, ladite punaise, piqueuse de légumes et suceuse de sève, n’est pas une calamité tant qu’elle reste en petit nombre. Mais c’est un peu grâce à la Cylindromyia bicolor que l’on doit sa régulation.

En savoir plus sur la Cylindromyia bicolor avec le site quelestcetanimal.com

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Cylindromyia bicolor sur inflorescence de Menthe des champs / Un jardin dans le Marais poitevin.