Vrai et faux parasites

Epi floral de l'Orobanche du lierre / Un jardin dans le Marais poitevin.

Que faire quand on ne dispose pas de chlorophylle par soi-même ? L’Orobanche du lierre tient son énergie de ses suçoirs. Au dépens du lierre.

Injustement considéré comme parasite, le lierre utilise surtout arbres et vieilles bâtisses comme supports. Ainsi le cabanon près de la maison ou le tas de bois du hérisson au jardin où ses racines courent au sol. C’est là que le faux parasite se fait parasiter par un vrai : une drôle de fleur, l’Orobanche du lierre (Orobanche hederae).

De hautes et solides tiges poilues, sans feuille et donc sans chlorophylle. La sournoise puise sa nourriture grâce à des suçoirs en prise directe sur les racines du lierre. Extérieurement, elle se résume à ses épis floraux d’allure un peu terne mais qui gagnent à être vus d’un peu plus près.

Les fleurs et leurs bractées mêlent ainsi des nuances de blanc-crème, de jaune, de bleu et surtout de rose violacé. Le long tube des corolles se termine en deux lèvres lobées et chiffonnées ouvrant sur étamines brunes et stigmate jaunâtre. Les graines prendront le temps de germer. Jusqu’à ce qu’une racine de lierre passe à proximité !

En savoir plus sur l’Orobanche du lierre avec le site abiris.snv.jussieu.fr

Fleurs de l'Orobanche du lierre / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

La Trichopoda pennipes

Trichopoda pennipes : une brosse de soies noires sur les tibias arrière /un jardin dans le Marais poitevin.

La mouche Trichopoda pennipes est en visite au potager. Bonne nouvelle. Sauf pour la Punaise verte ponctuée !

Trichopoda pennipes : des ailes largement écartées au repos, orangées, noires et blanchâtres / Un jardin dans le marais poitevin.

Taille maxi : 10 mm. Visible d’avril à octobre.

Voilà une mouche bien singulière au jardin ! La Trichopoda pennipes n’a pas de nom vernaculaire français. Son appellation scientifique souligne une de ses particularités : des « pieds plumeux ». Les tibias de ses pattes arrière sont ainsi affublées de longues soies noires.

La belle collectionne bien d’autres distinctions. Des ailes largement écartées au repos, orangées, noires et blanchâtres. Un corselet noir rayé de jaune. Un abdomen paraissant d’autant plus court qu’il est « ramassé » au repos. Des pattes aux pointes jaunes. Et, surtout, deux petites « coquilles » orangées protégeant ses stabilisateurs.

Mais à son mode de vie que la Trichopoda pennipes doit sa célébrité. C’est en effet une parasite très spécialisée. Elle pond ses oeufs sur la Punaise verte ponctuée (Nezara viridula). Et ses larves se développent au dépens de la ravageuse. Originaire d’Outre-Atlantique, elle a d’ailleurs été introduite en Europe pour cela. Notamment pour la protection des cultures de courges. La voici au jardin. Bienvenue.

Trichopoda pennipes : corselet noir rayé de jaune / Un jardin dans le marais poitevin.

Sur inflorescence d’Eupatoire chanvrine.

Endormie à la pointe d’une feuille d’artichaut, en attendant que cesse la pluie.

Cible privilégiée de la mouche  Trichopoda pennipes, la Punaise verte ponctuée (Nezara viridula) se distingue notamment par trois points blancs entre deux points noirs, bien visibles à la limite du pronotum. Egalement par la pointe verte de ses ailes membraneuses.

En savoir plus : 

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Oilivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des Tachinaires et la notamment Trichopoda pennipes avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

Un longicorne bien tranquille

Agapanthie à pilosité verdâtre sur feuille d'ortie / Un jardin dans le Marais poitevin.

Des antennes plus longues que le corps lui-même ! L’Agapanthie à la pilosité verdâtre a ses habitudes sur les orties et ombellifères des fourrés humides.

Corps noir ponctué de jaune sur les élytres, rayé de jaune plus franc sur le corselet, très longues antennes annelées bleutées et noires. / Un jardin dans le Marais poitevin.Malgré son nom, ne nous attardez pas trop sur la couleur des poils de l’Agapanthie à pilosité verdâtre (Agapanthia villosoviridescens). Difficile d’y déceler le vert ! Qu’importe. Ce n’est pas vraiment ce qui frappe quand on rencontre ce spectaculaire longicorne. Mais ses très longues antennes annelée, dans une alternance bleutée et noire.

La ponctuation jaune de ses étroits élytres noirs fait écho aux lignes d’un jaune plus franc qui marquent son corselet. Pour parachever l’harmonie, ses solides pattes font une synthèse colorée de l’ensemble, avec des nuances noires, jaunes et bleues.

S’il donne parfois l’impression de piaffer et de vouloir foncer tête baissée, « cornes » en avant, il est plutôt d’un naturel paisible. Familier des milieux humides, il fréquente discrètement prairies et buissons.

Il est ici sur une feuille d’ortie. Comme ses larves, il en apprécie la floraison pourtant a priori peu amène. Mais l’Agapanthie à pilosité verdâtre visite aussi des inflorescences plus avenantes. Encore un amateur de pollen ! 

En savoir plus sur l’Agapanthia villosoviridescens avec les Carnets nature de Jessica

L'Agapanthie à pilosité verdâtre donne l'impression de vouloir foncer tête en avant. Mais il est d'un naturel paisible / Un jardin dans le marais poitevin.

Une cousine : la petite Agapanthie du chardon (agapanthia cardui), plus sombre, avec une ligne blanche depuis le thorax puis suivant le suture des élytres. Antennes annelées noires et gris bleu. La femelle creuse les tiges de chardons pour y pondre. 

Un autre longicorne du jardin : le Petit capricorne escalade ici une tige de marguerite.