Le Mouron rouge

Mouron rouge / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le Mouron rouge ou des champs passerait inaperçu. N’étaient ses petites fleurs. Prudence, la petite sauvageonne est aussi charmante que toxique.

Il rampe discrètement dans les prairies comme au bord des chemins. Le Mouron rouge (Anagallis arvensis) parvient parfois à se dresser à la faveur des graminées qui lui servent de support. Au jardin, il peut vite devenir envahissant. Sans risque toutefois de concurrence et d’étouffement pour les légumes. Il est si gracile !

Feuilles ovales, revers parsemé de petits points noirs / Un jardin dans le Marais poitevin.Son port rameux et léger évoque le Mouron des oiseaux. Mais gare ! Si celui-ci est comestible, et même savoureux, avec de petites feuilles au goût de noisette ajoutées à la salade, le Mouron rouge, lui, est toxique. Y compris pour les oiseaux qui d’ailleurs en boudent les graines.

Cela dit, il n’y a guère de confusion possible. Surtout lorsqu’il est en fleurs : de charmantes petites étoiles rouge-orangé, au coeur pourpre et aux étamines jaunes bien saillantes. Rien de comparable avec les minuscules corolles du Mouron des oiseaux, blanches, aux pétales profondément échancrés.

Et puisqu’il s’agit de consommer (ou non ) les feuilles, il suffit de les retourner : celles du Mouron rouge ont un revers immédiatement reconnaissable, parsemé de petits points noirs. Mieux vaut s’abstenir.

Les fleurs du Mouron rouge ne durent qu'une journée, aussitôt remplacées par l'éclosion de nombreux boutons / Un jardin dans le Marais poitevin.

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Photos JF Irastorza

La générosité même

Roses Pierre-de-Ronsard / Un jardin dans le Marais poitevin.

Quelle vitalité ! Malmenées cet hiver par une invasion de cochenilles et de fumagine, les roses Pierre-de-Ronsard font à nouveau merveille.

Ce ne sont pas les fleurs les plus sophistiquées du jardin et de la maison. Ni les plus parfumées. Mais, en ce jour de la Fête des mères, voilà assurément une des plus  généreuses !

Cette année encore, les roses Pierre-de-Ronsard n’ont pas failli à leur réputation. Avec leur feuillage d’un vert intense, finement denté, et leur innombrables boutons blanc-crème ourlés de rouge. Et quelles fleurs ! Un ravissement à tous les stades de leur épanouissement. Jusqu’à ce que, ultime gracieuse révérence, elles s’évanouissent dans une pluie de pétales rosés.

Certes, gorgées d’eau, elles baissent un peu la tête sous l’averse. C’est leur point faible. Un après-midi de soleil suffit cependant à les redresser avec une vitalité renouvelée.

Les superbes rosiers grimpants ont pourtant vécu une difficile fin d’hiver. À la faveur d’un janvier trop doux, à proximité des mahonias, ils ont en effet « profité » de leur invasion de cochenille et de fumagine. Toutes les feuilles plus ou moins atteintes étant supprimées, plusieurs toilettages successifs au savon noir ont assaini les branches charpentières. Et la magie du printemps a fait le reste.

Roses Pierre-de-Ronsard / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

A chacun sa gourmandise

Abeille sur inflorescence de Cornouiller sanguin / Un jardin dans le Marais poitevin.

Des constellations de petites étoiles blanches dans les haies : les inflorescences du Cornouiller sanguin ne séduisent pas que les abeilles !

Cétoine dorée sur fleur de Cornouillé sanguin / Un jardin dans le Marais poitevin.En ce début mai, un peu partout dans les haies, la floraison du Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea) succède notamment à celles du prunellier, du merisier et de l’aubépine. En compétition avec les grandes ombelles du sureau, elle se taille malgré tout un joli succès auprès des abeilles. Mais pas seulement.

Trichie commune (Trichius zonatus) / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle n’a pourtant pas une odeur particulièrement agréable. Qu’importe. Comment résister à ces petites étoiles d’un blanc si pur ? Du moins n’y a-t-il pas trop à se poser de questions pour trouver le chemin du nectar. Et encore moins pour le pollen dont les quatre petits sacs sont dressés bien en évidence. Il n’y a qu’à se servir !  

Hélophile suspendu sur inflorescence de cornouiller sanguin / Un jardin dans le Marais poitevin.La Cétoine dorée ne s’en prive pas. La Trichie commune (Trichius zonatus), sa cousine au thorax velu roussâtre, non plus. Pas de détail avec elles : tout est bon à brouter. L’Hélophile suspendu est plus délicat. Amateur de nectar, bien-sûr, il n’en prend pas moins ici une étamine pour une sucette. À chacun sa gourmandise. 

En savoir plus sur le Cornouiller sanguin, plante mellifère, avec le site apiculture.net

D'un vert franc, avec ses nervures arquées caractéristiques, le feuillage du Cornouiller sanguin rougit en fin d'été et en automne : Un jardin dans le Marais poitevin.

La Cétoine dorée, vert métallique, avec des reflets bronze, les élytres ornés de macules transverses blanchâtres.

Mai 2020. Le Syrphe du groseillier invité du Cornouiller sanguin.