Quelques semaines de bouquets

Platebande de tulipes / Un jardin dans le Marais poitevin.

Enfin des couleurs vives ! Du rouge et encore du rouge. Avec quelques nuances. Des tulipes pour le plaisir du jardin. Et de la maison.

Platebande de tulipes / Un jardin dans le Marais poitevin.Le tempo est plutôt bien cadencé. Jonquilles, primevères et forsythia à peine flétris, les tulipes arrivent ainsi à point nommé pour faire oublier l’overdose jaune de la fin d’hiver. Plantées l’automne dernier, elles commencent à illuminer la platebande des rosiers dont les premiers boutons sont en formation. Leur dominante rouge, nuancée ici et là de rose et d’orangé, est la bienvenue pour donner du tonus au jardin en attendant le réveil des vivaces.

L’exposition à mi-ombre devrait faire durer le plaisir quelques semaines. Pas de cueillette ici pour permettre aux bulbes de se régénérer. Mais, dans un coin du jardin, une dense plate-bande « spéciale bouquets » autorise plusieurs récoltes échelonnées. C’est déjà parti ! Tôt le matin. A peine sortie de la fraîcheur nocturne, la végétation n’a pas eu le temps de s’alanguir au soleil. Les fleurs encore refermées n’ont que quelques minutes à patienter avant le vase d’eau claire.

Platebande de tulipes / Un jardin dans le Marais poitevin.

Photos JF Irastorza

 

Le Moro sphinx

Moro sphinx en vol stationnaire sur mirabellier en fleurs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le Moro sphinx se nourrit sans poser les pattes. En vol stationnaire, avec une précision millimétrique.

Moro sphinx au repos sur feuilles mortes / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 50 mm. Visible de mars à octobre. Ici mimétisme au repos sur feuilles mortes.

Dans le grand bal du mirabellier tout juste en fleurs, le Moro sphinx (Macroglossum stellatarum), alias le papillon colibri, est assez facile à repérer, parmi abeilles, syrphes et bourdons. Son vol stationnaire ne ressemble à aucun autre, flamboyant sous le soleil.

Las ! L’opération ne dure que quelques secondes. Le temps de déployer la longue trompe coudée, avec une étonnante précision, jusqu’au fond de la corolle. Et le voilà déjà parti. Sans aucun doute le papillon le plus vif du jardin !  Il n’est pas du genre à virevolter. Ses trajectoires sont rapides, avec de brusques et imprévisibles changements de cap. A la manière du Grand bombyle. Toute proportion gardée.

Il est beaucoup plus placide lorsqu’il fait la pause dans la haie voisine. Il est alors presqu’invisible. Ailes repliées, l’ensemble devient gris fauve, marbré de brun, dans un mimétisme parfait avec la végétation. Surtout sur fond de feuilles mortes. Les antennes en forme de massue, le haut des pattes plumeux, la pointe de l’abdomen hérissée de longs poils drus, le Moro sphinx ne tarde pas à reprendre du service. L’appel du nectar.

Le tube nectarifère du chèvrefeuille des haies est profond. Pas de problème pour la très longue trompe du Moro-sphinx !

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Macroglossum stellatarum avec le site insectes-net.fr
  • Macroglossum stellatarum avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

L’omelette à l’ail vert

Ail vert : la récolte avant l'omelette / Un jardin dans le Marais poitevin.

C’est peu dire que l’ail n’a pas une réputation de délicatesse. Admettons. Mais l’ail vert… Doucement fondu au beurre, quel parfum !

Pour accompagner l'omelette à l'ail vert, une salade de mâche / un jardin dans le Marais poitevin.Le condiment du printemps par excellence. Pas seulement. En Poitou, l’ail vert est traditionnellement cuisiné avec le chevreau pascal. Plus modestement, quoi que, il relève ici une simple et savoureuse omelette.

Compter deux à trois beaux brins par personne. S’ils sont très frais, laisser un maximum de vert. Les faire fondre très doucement dans du beurre. Ils doivent devenir moelleux, à peine colorés, sans jamais vraiment brunir. Encore moins noircir ! 

Les puristes feront prendre l’omelette sur cette fondue merveilleusement odorante. Rien d’autre. Sinon sel, poivre et piment d’Espelette. Pourquoi pas une ou deux petites pousses nouvelles de thym juste effeuillées en fin de cuisson ? Il est aussi possible d’adoucir un peu les papilles en mariant ail vert et quelques champignons préalablement revenus dans une poêle séparée.

Accompagner d’une salade de mâche. C’est bientôt la fin, profitons-en ! Avec les dernières rosettes de doucette et de cardamine.

C’est en pensant à cette fameuse omelette à l’ail vert, notamment, que les caïeux ont été plantés un peu plus serrés l’automne dernier. Mieux qu’un éclaircissage : une gourmandise printanière à portée de main !

Omelette à l'ail vert / Un jardin dans le Marais poitevin.