Gendarmes : une passade automnale

Gendarmes sur les fruits de l'ibiscus / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les gendarmes adorent les fruits de l’hibiscus. Ils s’y retrouvent en automne pour le suc de leurs graines. Et parfois pour un dernier flirt avant l’hiver.

Chacun son tour. Après les bourdons, gros consommateurs du pollen de l’hibiscus, voici les gendarmes. Pour les fruits et le suc de leurs graines. Ils s’y retrouvent en nombre en ce milieu d’automne. Le plus souvent sans se soucier les uns des autres. Pour ces deux-là, c’est autre chose.

L’un d’entre eux a perdu une patte arrière. Cela ne l’empêche pas de séduire. Ni à son vis-vis d’être entreprenant.

Mais nous sommes bientôt en hiver et le temps des amours gendarmesques est passé. Qu’importe. On se tourne autour. On se titille gentillement. Ça dure et ça dure. Sans jamais conclure. Et puis chacun repart de son côté. Une simple passade automnale.

Les fruits de l'ibiscus : les gendarmes adorent / Un jardin dans le Marais Poitevin.

À ne pas confondre avec la Punaise de la Jusquiame qui s’en distingue notamment avec sa tête en partie rouge et ses taches en forme de coeur sur le pronotum.

Ni avec la Viole rouge qui, outre le point blanc sur les ailes membraneuses, présente un jeu de courbes et contrecourbes évoquant la silhouette de l’instrument de musique au centre du pronotum.

Abeilles et surtout bourdons apprécient les fleurs d’hibiscus où ils prennent de véritables bains de pollen !

Photos Fernand ©

La Consoude officinale

Ses grandes feuilles sont velues, voire rugueuses, mais pas de piqure en vue comme avec l’ortie. Vive le purin de consoude !

Le nectar est tout au fond. Mais le Bourdon des champs est bien équipé. Sa langue est assez longue pour trouver pollen et nectar au creux des corolles les plus profondes.

Familière des prairies humides, la Consoude officinale (Symphytum officinalis)  est évidemment très présente dans le Marais poitevin. De mai à octobre, voire au-delà, elle  offre sa multitude de fleurs aux butineurs, en grappes de clochettes jaune pâle plus ou moins nuancé de taches violacées.

Jadis prisée pour ses vertus cicatrisantes, elle l’est aujourd’hui pour sa capacité à stimuler le jardin, particulièrement sous forme de purin.

Il suffit d’en récolter les larges et longues feuilles velues pour une macération à l’eau de pluie. Comme avec l’ortie ! Mais avec un meilleur rendement puisqu’on a tôt fait de récolter un kilo de feuilles pour dix litres d’eau. Après quelques jours, une très fine filtration est indispensable pour éviter la putréfaction.

Comme stimulant racinaire (dilué à 10%) ou foliaire (5%), l’usage est identique au purin d’ortie. Avec le même coût : la seule peine du glanage.

Pour le Bourdon terrestre, après un vain premier tour exploratoire, il faut se rendre à l’évidence : la langue est bien trop courte.

Qu’à cela ne tienne. Il suffit alors de cisailler la corolle à coup de mandibules, au plus près de la source de nectar.

Macération du purin d'ortie dans une grande bassine.

Pour faciliter la filtration, le plus simple est de tapisser la bassine avec un vieux drap, avant d’y déposer les feuilles et d’y verser l’eau de pluie. Le moment venu, il suffira de retirer le drap ramassé en baluchon… Les feuilles macérées iront au compost. Le drap rincé et séché pourra resservir. Et le purin ainsi filtré pourra se conserver plusieurs mois, dans un bidon remisé au frais et à l’abri de la lumière.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • La Consoude officinale avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

 

La Linaire commune

La Linaire commune, une belle sauvage et invasive, dans les prairies comme au bord des chemins. Parmi les dernières floraisons de la saison.

Linaire commune / Un jardin dans le Marais poitevin.On se souvient de la petite Linaire batarde. Elle rampait encore début octobre en bordure de la planche des scaroles au potager. Voici sa cousine, la Linaire commune, en toute liberté dans une prairie voisine.

La première était discrète, avec ses minuscules fleurs jaune pâle et pourpre foncé au raz du sol. La seconde n’a pas ce genre de pudeur. Linaire commune : de superbes fleurs regroupées en épis / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle se voit de loin. Avec de hauts épis floraux émergeant fièrement du terne fouillis de son feuillage.

Un jaune souffre, largement teinté d’orange sur la lèvre inférieure : les fleurs de la Linaire commune sont d’autant plus superbes qu’elles comptent parmi les toutes dernières de la saison.

Rien d’étonnant à ce qu’elles soient parfois proposées, dans des versions plus ou moins « domestiquées », pour illuminer les massifs fleuris. Attention toutefois. La belle est vite invasive. Ici pas de problème. Le massif fleuri, c’est la prairie voisine.

Le petit Bourdon des champs compte parmi les principaux adeptes de la Linaire commune.

Cette cousine s’invite volontiers au jardin. La Linaire bâtarde rampe autant qu’elle peut sur les planches cultivées. De charmantes et minuscules fleurs aux lèvres jaunes et violacées.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site flore en ligne abiris.snv.jussieu.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza