Le double jeu de la Clématite sauvage

Clématite sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.

On lui donnerait le Bon Dieu sans confession avec les charmantes peluches blanches de ses fruits. Mais gare ! La Clématite sauvage est d’une brûlante toxicité.

Les "cheveux de la Vierge" de la Clématite sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle a le bon goût d’attendre le flétrissement des belles guirlandes du houblon avant de libérer les siennes ! La Clématite sauvage a beau être « l’Herbe aux gueux », elle ne manque pas d’un certain raffinement dans la déco automnale des haies du halage. Et plus encore des buttes calcaires alentour. 

Sa floraison est passée depuis belle lurette. Ce sont ses fruits exubérants qui explosent ici en boules duveteuses : les « Cheveux de la vierge » ! Le vent d’hiver se chargera d’en porter loin les petites graines aigrettées comme il dispersera celles de l’Epilobe.

Herbe aux gueux et en même temps Cheveux de la vierge ?  C’est que la grande volubile cache bien son double jeu. Sous des dehors aériens et diaphanes, elle recèle une sève particulièrement irritante. Les mendiants s’en frictionnaient jadis la peau, dit-on, pour mieux apitoyer le chaland. Quoiqu’il en soit, le bétail a appris depuis longtemps à ne pas y toucher. On se défend comme on peut.

Les fruits exubérants de la Clématite sauvage s'apprêtent à exploser en boules duveteuses / Un jardin dans le Marais poitevin.

Graines à longue aigrette de l'Épilobe velu.

Les fruits secs de l’Épilobe libèrent des centaines de graines échevelées qui seront elles aussi dispersées par le vent.

Photos Fernand ©

 

La soupe d’ortie d’Halloween

Comme autant de vampires qui attendent la nuit d'Halloween pour se réveiller / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une soupe d’ortie pour Halloween ? Avec du potiron bien-sûr. Un duo original et savoureux. Avec un peu de crème fraiche. En toute simplicité.

Uniquement la pointe terminale pour la soupe d'ortie.

Uniquement la pointe terminale pour la soupe d’ortie.

Dans le coin du jardin, les grandes feuilles mortes des potirons et potimarrons pendent à la structure de bambou. Elles évoquent autant de vampires qui attendent la nuit d’Halloween pour se réveiller. Tradition oblige, un des potirons deviendra lanterne dans quelques jours. Et la chair récupérée accompagnera la dernière soupe d’ortie de l’année….

Jamais la nuit d'Halloween n'aura été aussi douce... / Un jardin dans le marais poitevin.Pourquoi ne pas oser en effet cet original duo ? Attention, il s’agit bien des orties fauchées en fin d’été et qui, l’humidité revenue, tentent actuellement une nouvelle pousse. On prendra soin de cueillir uniquement la pointe terminale. En supprimant ce qu’il reste des bouts de tige. On fait ainsi fondre les seules petites feuilles tendres dans du beurre.

Une belle tranche de potiron, une pomme de terre, la fondue d’ortie, une cuiller de crème fraiche, sel, poivre, piment d’Espelette, coriandre fraîche ciselée… Jamais la nuit d’Halloween n’aura été aussi douce.

Potiron et ortie : le savoureux duo d'halloween / un jardin dans le Marais poitevin.

Et si vous profitiez de cette récolte automnale pour faire l’expérience du purin d’ortie ? Une cueillette et une recette évidemment moins minutieuses que pour la soupe ! Mais tout aussi simple. Du purin d’ortie pour quoi faire au jardin ? 

Photos Fernand ©

 

Tulipes : le grand mélange

Tulipes : les bulbes disposés en quinconce sur quatre rangs, pour les bouquets du printemps prochain.

Les tulipes manquaient au jardin pour accompagner jonquilles, iris, primevères et muguet. Pour fleurir la maison surtout.

Tulipes : un jeu d'enfant avec le plantoir à bulbes dans la terre fraichement ameublie.Quand on aime les bouquets, l’important n’est pas de concocter de savantes compositions au jardin… Mais de pouvoir disposer de fleurs à couper, nombreuses, variées et faciles d’accès, le moment venu. À commencer par les tulipes.

La fête des plantes du Domaine du Péré (Deux-Sèvres), le week-end dernier, a ainsi été l’occasion de se projeter au printemps prochain. Et de faire en conséquence, auprès d’un producteur spécialisé, provision de bulbes d’une grande diversité. Pour finalement tout mélanger dans un grand panier ! 

Sur une longue plate-bande fraichement ameublie, quatre rangs de bulbes disposés en quinconce, tous les 10 centimètres en tous sens, ont épuisé le stock. Les tulipes y voisineront avec les jonquilles et le muguet, en place depuis plusieurs années sur deux planches toutes proches. Le hasard du mélange décidera de l’effet général. Il devrait y avoir matière à quelques superbes bouquets. Si taupins et mulots ne s’en mêlent pas.

Promesses tenues quelques mois plus tard. Avec une première salve rouge orangé. Les différentes variétés ont eu le bon coup d’échelonner leurs floraisons également blanches, jaunes, panachées… Pour quelques semaines de bouquets.

Leurs rhizomes courent non loin de là : les iris sont également bien adaptés aux bouquets et peuvent « tenir » en vase une bonne semaine.

Évidemment, ce n’est pas une fleur à couper ! L’Orphrys abeille pousse spontanément à deux pas de la planche des tulipes, parmi jonquilles et brins de muguet…