Madame Osmie cornue

Madame Osmie cornue sur fleur de romarin.

À peine émergée et déjà au travail. Madame Osmie cornue n’aura pas trop du printemps pour aménager son nid et y installer sa progéniture.

Madame Osmie cornue à l'approche d'une fleur de bourrache.

Taille maxi : 15 mm. Visible de mars à juin.

Deux semaines après ces messieurs, Madame Osmie cornue vient de faire son apparition au jardin. Pas de houppette blanche mais une face velue entièrement noire d’où émergent deux petites cornes, entre antennes et mandibules. À peine émergée et déjà un travail !

Car, chez les osmies, le temps est compté et rien n’est laissé au hasard. Dès l’éclosion, les femelles sont ainsi assaillies par les mâles alentour qui piaffent d’impatience depuis une quinzaine de jours. Sitôt fécondée, chacune aménage alors son propre nid. Dans un tube de bambou par exemple.

Un peu de boue pour y façonner une dizaine de cellules. Beaucoup de nectar et de pollen pour approvisionner la future nurserie. Un oeuf par cellule et une boulette de « miel » pour chacun. Peut-être un second nid si les conditions météo s’y prêtent. Quoiqu’il en soit, fin juin au plus tard tout sera terminé. Pour une longue maturation jusqu’au sortir de l’hiver prochain. Mais par quel mystère les premiers oeufs installés au fond du tube s’avéreront ceux des femelles, les derniers à éclore ?

Des reflets bleutés sur tête et thorax noirs : le contraste est saisissant avec le roux vif de l’abdomen.

Egalement roux vif, la brosse ventrale prend ici la couleur jaune du pollen collecté.

Début avril. Sur une fleur de pommier. Les petites cornes de Madame sont ici bien visibles sous les antennes.

Le petit mâle

Émergé une quinzaine de jours avant ces dames, Monsieur Osmie cornue se distingue par un toupet gris frontal, en lieu et place des petites cornes, apanage de Madame.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions / Métive.
  • L’Osmie cornue avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza 

 

L’Anthophore à pattes plumeuses

Anthophore plumeuse, mâle, longues soies plumeuses sur les pattes médianes / Un jardin dans le Marais poitevin.Ce n’est pas à sa fourrure mais aux longues soies des pattes médianes, apanage de Monsieur, que l’Anthophore plumeuse doit son qualificatif.

Anthophore plumeuse sur fleur de romarin / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 16 mm. Visible de mars à juin.

S’il fallait désigner la « chouchou » du jardin, ce serait assurément l’Anthophore à pattes plumeuses (Anthophora plumipes). D’abord parce que la solide abeille sauvage est une butineuse hors pair. Elle était déjà là fin février et, depuis, elle n’arrête jamais. Par tous les temps.

Et comment résister au charme de cette petite peluche ? Son abondante fourrure, jusque sur la face, mêle blanc crème, gris cendré, fauve et brun roux. Trapue, avec ses petits yeux noirs, luisants, elle ne manque pas d’allure.

Et quelle vivacité… C’est peut-être le seul défaut de l’Anthophore à pattes plumeuses. Du moins au regard du photographe. Difficile en effet de la suivre. Dans ses brusques allées et venues naturellement. Mais aussi lorsqu’elle butine. On la voit partout, sur le romarin, les fruitiers, la phacélie, les fleurs sauvages, les arbustes d’ornement, les primevères et les violettes, La « stakhano » n’a pas de temps à perdre. Elle prépare donc sa très longue langue avant même d’arriver sur la fleur. Droit au but. C’est l’affaire deux à trois secondes. Et vite à la suivante.

Omniprésente dans le cortège des arbres bruiteurs, du cerisier…

… aux pommiers ! On voit bien ici les longues soies des pattes médianes de ce mâle.

Pas si fréquent de pouvoir approcher une Anthophore pendant son bain de soleil !

Heureusement, il y a les fleurs sauvages au sortir de l’hiver pour l’accueillir. Ici le Lamier pourpre.

Sur la généreuse floraison de la bourrache.

Sur un épi de Bugle rampante.

Au pied des haies, à l’appel du Grémil bleu-pourpre.

Dans les allées du jardin, sur les inflorescences du Trèfle du prés.

Chaque début mars, les premières Anthophores plumeuses (mâles) ne manquent pas le rendez-vous du romarin. Deux à trois secondes par fleur suffisent avec pareille langue !

Et voilà Madame ! 

Pas de pattes médianes frangées de longues soies pour la femelle mais une brosse de collecte aux postérieures.

Le plus souvent, la brosse de collecte est à l’unisson de la fourrure brun-gris de l’anthophore…

… avec une variante rouge-orangée, plus rare, du moins en Poitou. Ici sur la Consoude officinale.

Gare à l’abeille-coucou !

Dominante noire, mèches blanches sur les pattes et les flancs : la Mélecte commune, abeille-coucou attitrée de l’Anthophore à pattes plumeuses. Ici sur le Grémil pourpre bleu.

La noire Mélecte fréquente les mêmes sites de butinage que sa cible. Instinctivement, l’anthophore sent bien que cela ne présage rien de bon. Elle lui fait donc la chasse. Elle se présente ainsi en vol stationnaire à quelques centimètres. Si l’intimidation ne suffit pas, elle fonce et la percute pour la faire déguerpir !

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • L’Anthophore à pattes plumeuses avec le site quelestcetanimal.com
  • Les anthophores avec le site aramel.free.fr

 Photos JF Irastorza 

 

Le Psithyre des champs

Psithyre des champs à l'approche d'une corolle de Penstémon rouge.

Dans la série des « coucous » du jardin, voici le Psithyre des champs, parasite du Bourdon des champs. Avec ici un mémétisme minimaliste !

Taille maxi : 18 mm. Visible de mars à octobre.

Drôle de bourdon ! Si la famille se distingue habituellement par la densité de sa fourrure, celui-ci est quasi nu. Du moins le dessus du thorax et de l’abdomen. Par contre, hormis une large tonsure thoracique, il présente un hirsute pourpoint gris fauve. Et quelques mèches grisâtres ponctuent latéralement les tergites.

Pas de peigne collecteur sur les tibias arrière mais une forte pilosité noire. On songe à un bourdon coucou. Oui mais lequel ? Après le Psithyre vestale, parasite du Bourdon terrestre, rencontré au jardin l’été dernier, voici donc sans doute le Psithyre des champs (Bombus campestris), parasite du Bourdon des champs.

Son allure est variable d’un individu l’autre. Outre une livrée minimaliste comme ici, il arbore parfois une fourrure plus ou moins fournie, plutôt fauve, y compris sur les derniers segments de l’abdomen. Il se rapproche alors davantage de son hôte. Cela dit, mimétisme réussi ou pas, la femelle profite de l’absence de sa (presque) alter ego pour se faufiler dans son nid. Et y pondre.

Psithyre des champs sur Penstémon rouge.

Vu par dessus, ce spithyre paraît presqu’entièrement nu, loin de l’image habituelle des bourdons.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

 Photos JF Irastorza