Le Coelioxys inermis

Coelioxys inermis sur fleur de cosmos.

Une mégachile sans brosse abdominale : à quoi bon ! La Coelioxys inermis ne collecte pas de pollen. Elle confie ses larves à ses industrieuses cousines…

Coelioxys inermis sur fleur de cosmos.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mai à septembre.

Voilà donc une petite abeille sauvage qui rappelle l’Epeolus fallax rencontré récemment sur la même bordure de cosmos. À plus d’un titre.

Même taille (environ un centimètre), même dominante noire marquée de blanc. Mais ici pas d’alignement de tâches claires sur l’abdomen. La Coelioxys inermis présente plutôt une série de barres blanches latérales qui vont s’amenuisant vers une pointe abdominale noire et nettement conique.

Le thorax est uniformément noir, là où l’Epeolus fallax présente quatre fins triangles blancs à l’avant du corselet. Enfin, les yeux sont sombres et non bruns ocelés.

Mais comme son voisin de butinage, la Coelioxys inermis est une « abeille coucou ». La femelle pond ainsi ses oeufs dans le nid d’une « travailleuse » dont les provisions nourriront ses larves. Pour ce faire, elle cible celui, soigneusement tapissé, d’une de ses cousines mégachiles. Avant que l’hôtesse involontaire ne le referme d’un ultime morceau de feuille découpé sur un rosier par exemple. Quitte à squatter, autant que sa progéniture profite d’un appartement sûr et confortable !

Coelioxys inermis sur fleur de cosmos.

Quitte à abandonner sa progéniture, autant le faire auprès d’une mégachile. Ça reste en famille !

Mâle au repos, armé de six épines à la pointe de l’abdomen.

Une proche cousine, Ceolioxys argentea, à la fine toison blanche, y compris sur les pattes. Et même sur les yeux. Le dessin très particulier des « bandes » abdominales est caractéristique. Il s’agit ici d’une femelle à l’abdomen pointu. Également parasite des mégachiles.

Ne pas confondre avec…

Epeolus fallax sur fleur de cosmos.

L’Epeolus fallax, parasite de la Collète du lierre, dont l’abdomen, orné de taches blanches, est moins effilé.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Les mégachiles avec le site aramel.free.fr
  • Coelioxys inermis avec la galerie du Monde des insectes.

Photos JF Irastorza 

 

La Mégachile du rosier

Mégachile du rosier sur fleur de bourrache.

Minutieuse Mégachile du rosier ! À l’image des feuilles soigneusement découpées pour tapisser le nid de ses larves.

Mégachile du rosier sur inflorescence de crépis.

Taille maxi : 11 mm. Visible de juin à août.

Pas de brosse collectrice de pollen aux pattes arrière des mégachiles.  Mais sur l’abdomen ! C’est d’ailleurs ce qui frappe tout d’abord chez la Mégachile du rosier (M. centuncularis) : un ventre rebondi, jaune vif, à force de poussière d’or accrochée aux longs poils, raides et orangés, de sa brosse collectrice.

Les précieuses provisions sont réparties dans les cellules des futures larves qui s’en nourriront. Au creux d’un bambou par exemple où la nurserie est soigneusement aménagée. Avec des feuilles, notamment de rosier. D’où son nom.

Elle y découpe de petits confettis dont elle tapisse les parois du nid. Sans véritable dommage pour le rosier. Sinon esthétique peut-être en cas de prélèvement massif. Cela dit, mieux vaut quelques mégachiles qu’une attaque de rouille, d’oïdium, de mildiou ou de taches noires !

La Mégachile du rosier, ici sur inflorescence de Crépis,  l’abdomen relevé dans une posture caractéristique lorsqu’elle butine le nectar.

Au bord de la Sèvre sur les petites corolles fripées de la salicaire.

Début octobre. Tant qu’il y a du soleil ! Ici sur le massif d’asters.

Pluie, vent, ciel gris : un temps à… patienter, ici sur une feuille de coqueret du Pérou.

Vous avez dit « du rosier » ?

Si les rosiers n’ont pas grand chose à craindre de la petite mégachile, il en va autrement de la Tenthrède du même nom qui en incise les jeunes pousses pour y installer sa progéniture : des « psuedo chenilles » particulièrement goulues !

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Megachile centuncularis avec la galerie du site insecte.org
  • Les mégachiles avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

Monsieur Halicte de la Scabieuse

Halicte de la Scabieuse sur fleur de cosmos.

Élancé dans son costume rayé, Monsieur Halicte de la Scabieuse ne manque pas d’allure. Une silhouette longiligne qu’accentuent ses hautes antennes.

Pas si petit que cela ! Monsieur Halicte de la scabieuse (Halictus scabiosae) frise tout de même le centimètre et demi. Il n’en parait pas moins fluet. Au regard notamment de l’étroitesse de son long abdomen plat. D’autant que, loin d’être hirsutes, les bandes grises de celui-ci sont délicatement feutrées.

Certes, le thorax est davantage velu. La nuque et la face également. Mais, brune, voire roussâtre, parfois grisâtre, la fourrure y est à la fois fine et harmonieusement répartie. D’où cette impression de mise soignée qu’accentuent les étroites ailes, légèrement fumées, sagement repliées sur l’abdomen au repos.

Mais se sont évidemment ses superbes antennes qui le distinguent entre tous les butineurs du jardin. Fièrement dressées lorsqu’il butine, elles affectent une élégante courbure, avec, subtile raffinement, une pointe en forme de crochet.

Lorsqu’il passe au jardin, Monsieur Halicte de la scabieuse ne manque jamais de visiter les cosmos. Peut-être est-il sensible à l’harmonie des couleurs…. Fémurs noirs, tibias et tarses jaune paille : ses pattes sont en effet au diapason des petits fleurons qu’il butine avec tant d’assiduité !

Au repos sur une feuille de dahlia. Ne comptez pas apercevoir Monsieur Halicte de la scabieuse au printemps. Seules les femelles, fécondées l’été précédent, passe en effet l’hiver. Les mâles émergent bien plus tard. En coeur de l’été. L’existence de ces messieurs se résume ainsi à la belle saison. Pour copuler et mourir.

Le profil longiligne caractéristique de Monsieur Halicte de la scabieuse, ici sur une inflorescence de bardane au bord du halage.

Sur une inflorescence de Menthe aquatique.

Deux mâles, les rayures abdominales grisâtres pour l’un, plutôt fauves pour l’autre.

En automne jusqu’aux premières gelées, ici avec la complicité de la centaurée.

Exploration des délicates coroles de Cataleptique.

Sur la floraison constamment renouvelée de Verveine de Buenos aires.

Les pattes jaunes se confondent avec les fleurons de l’Aster lancéolé.

Et voici Madame !

Madame Halicte de la scabieuse lisse ici ses antennes, sur un capitule d’Échinacée. Des antennes plus courtes, coudées  et non « crochetées ». L’abdomen, également plus court, présente des bandes doubles, ocres et jaune clair.

En savoir plus :

  • Bellmann 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Les halictes avec le site aramel.free.fr
  • Halictus scabiosae avec la galerie du Monde des insectes

 Photos JF Irastorza