Le Bourdon des jardins

Bourdon des jardins sur sauge de Jérusalem.

Avec sa très longue langue, aucune corolle ne peut refuser son nectar au Bourdon des jardins. Un butineur hors-pair.

Bourdon des jardins sur sauge de Jérusalem.

Taille maxi : 22 mm (reine). Visible de mars à octobre.

En voilà un qui n’a pas volé son nom. D’avril à septembre-octobre, parfois au-delà, le Bourdon des jardins (Bombus hortorum) y compte en effet parmi les butineurs les plus familiers. On peut le confondre avec le Bourdon terrestre (Bombus terrestris).

Leurs livrées sont presque semblables. Fond noir, collier jaune orangé et « cul blanc ». La différence tient notamment à leur « ceinture ». Également jaune orangé mais étroite, laissant les premiers segments de l’abdomen dégagés chez terrestris, plus ample pour déborder sur le thorax chez hortorum.

Autre différence : la langue ! On la voit ici, pendante, très longue, à l’approche de la Sauge de Jérusalem. Avec un tel équipement, le Bourdon des jardins peut explorer les corolles les plus profondes. Moins bien outillé, le Bourdon terrestre s’oriente lui vers des nectars plus facilement accessibles. À chacun ses spécialités. Ainsi va la rationalisation de la pollinisation au jardin !

Galerie

Bourdon des jardins à l'approche de la sauge de Jérusalem

Sous le « casque » jaune pâle pendent les étamines, prêtes à poudrer la fourrure des bourdons de passage, et le long style bifide qui recevra sa part d’un passage à l’autre.

Le Bourdon des jardins étire ici  sa langue en abordant la capucine. Il en faut une sacrée pour …

Bourdon des jardins sur fleur de capucine.

… explorer l’interminable éperon nectarifère. On le voit bien ici, tout à côté, à l’arrière d’une corolle renversée par la pluie.

don des jardins sur chèvrefeuille.

… tout comme celui du long tube nectarifère du chèvrefeuille dans les haies.

Lèvres fermées, long tube nectarifère : le nectar de la Sauge de Jérusalem se mérite !

À l’entrée du Penstémon digitalis.

Même pas besoin de « s’enfourner » pour atteindre le nectar de la Sauge argentée.

Et pour les concombres, merci (notamment) à la petite ouvrière du Bourdon des jardins !

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Bombus hortorum avec la galerie du site insecte.org

 Photos JF Irastorza

 

L’Andrène agile

Andrène agile en pause sur pétale de tulipe.

Quelques instants magiques auprès de l’Andrène agile. Réputée d’une grande vivacité, elle se laisse ici volontiers approcher. Et photographier.

Andrène agile en pause sur feuille d'hortensia.

Taille maxi : 16 mm. Visible d’avril à août.

En pause sur un pétale de tulipe rouge puis sur une feuille d’hortensia. Par cette matinée frisquette, l’Andrène agile (Andrena agilissima) semble recharger ses batteries au soleil de Pâques. Le temps de se faire admirer. Pas si fréquent pour cette abeille solitaire dont le qualificatif latin suggère à juste titre une hyper activité.

Elle ressemble à sa cousine l’Andrène cinéraire. Mais avec une fourrure thoracique noire et cendrée moins dense. Des touffes grises latérales à la pointe de l’abdomen, des brosses de collecte blanches et, surtout, des ailes fumées aux reflets métalliques bleutés.

L’Andrène agile émerge ordinairement en avril lorsque les arbres fruitiers du jardin amorcent leur floraison. Cela dit, pour garnir généreusement le garde-manger des nids creusés au sol, elle a aussi un faible pour la moutarde blanche. Ne l’appelle-t-on pas parfois l’Andrène des crucifères ?

Andrène agile en pause sur pétale de tulipe.

Andrène agile en pause sur feuille d'hortensia.

À noter le dessus du thorax, nu et granuleux, ainsi que les petits toupets gris faciaux, de part et d’autre des antennes.

Andrène agile, mâle.

Plus petite taille, pas de brosse blanche de collecte : mâle sur un poirier en fleurs.

La Moutarde blanche fait coup triple : couvert hivernal du jardin, engrais vert au printemps et source de nectar pour les premiers butineurs. Notamment pour Andrena agillisima, parfois appelée l’Andrène des crucifères.

L’Andrène agile apprécie talus et vieux murs pour aménager son nid : elle creuse ici un joint de mortier, au parement du mur nord de l’église Sainte-Catherine de Magné (Deux-Sèvres).

Ne pas confondre avec…

L’Andrène cinéraire,  ici une femelle, fourrure thoracique noire et cendrée bien fournie, brosses de collecte noires, ailes  hyalines.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Le Bourdon, Vincent Albouy, 2005, Belin Éveil nature.
  • Les abeilles solitaires avec le site aramel.free.fr
  • Andrena agilissimia avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza 

 

L’Abeille charpentière

On pense d’abord à un bourdon. L’Abeille charpentière est si imposante ! Parfaitement inoffensive, c’est surtout une très active butineuse.

Abeille charpentière / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 28 mm.  Visible de mars à octobre.

Les abeilles sauvages comptent parmi les butineurs les plus hardis au sortir de l’hiver. De la plus petite jusqu’à la plus impressionnante. Dès la fin février, au moindre rayon de soleil, l’Abeille charpentière, alias le Xylocope violacé (Xylocopa violacea), fait ainsi son tour au jardin. Elle ne passe pas inaperçue. Notamment sur le romarin en fleurs.

Un lourd vol bruyant. Une massive silhouette noire. On jurerait un gros bourdon. Mais c’est bien une abeille. La plus volumineuse qui soit. Thorax et abdomen poilus se poudrent de pollen au fil du butinage. Et les reflets électriques de ses ailes bleu violacé rutilent dans le soleil. Il s’agit ici d’un mâle, reconnaissable aux « anneaux d’or » de ses antennes.

Le cycle de l’Abeille charpentière est singulier : les individus des deux sexes qui émergent en fin d’hiver sont nés l’été précédent. Ils ne s’accouplent qu’au printemps suivant. Les mâles meurent alors, laissant les femelles aménager et approvisionner un nid solitaire creusé dans du bois mort. Ou dans un tube de bambou. La nouvelle génération apparaît en juillet-août.

L’abeille charpentière au sortir de l’hiver

Abeille charpentière / Un jardin dans le Marais poitevin.

Fin février. Au sortir d’un long hivernage, il faut prendre des forces. Avant le temps des amours dans quelques semaines…

Fin février. À l’approche des dernières fleurs de bourrache de la saison passée, survivantes d’un hiver trop doux.

Au printemps

Fin mars. Dans le mirabellier en fleurs, le prétendant de l’abeille charpentière se déclare sans ambages. Quitte à commencer ici de façon acrobatique…

Mi avril. Sur les pommiers en fleurs.

Fin avril. Il est temps d’aménager un nid. Ce tube de bambou fera l’affaire. Oh, pardon, la place est déjà prise !

Fin mai. Très assidue sur la planche des petits pois !

Fin mai. Parmi les commensaux de la Sauge des bois.

Fin mai. Sous le « casque » de la Sauge de Jérusalem.

Mi juin. À l’assaut des corolles sur mesure du Penstémon !

Début juin. À l’approche de la Sauge argentée.

Début juin. L’art du raccourci pour atteindre sans peine le nectar de la Sauge « hot lips ».

En été

Fin juin. Des fleurs en tandem, réunies par une large bractée blanc pourpre : le nectar de la Sauge toute-bonne est immanquable pour l’abeille charpentière. Droit devant !

Fin juin. La Sauge argentée, un somptueux feuillage et une abondante source de nectar.

Mi juin. Poudrée du pollen orangé du lupin arbustif.

Mi juin. Impatience. Sans attendre l’épanouissement complet du capitule, l’Abeille charpentière à l’assaut des tout premiers fleurons violets d’artichaut.

Début juillet. Les roses trémières, ce n’est pas que pour les bourdons !

Début juillet. Poudrée de pollen sur les solides capitules des échinacées.

En automne

Fin septembre. La nouvelle génération a pris le relais pour « passer l’hiver » et s’accoupler au printemps prochain.

Mi octobre. Sur le Gattilier, alias l’Arbre au poivre.

Mi octobre. Sur le massif automnal d’asters.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • La charpentière avec le site aramel.free.fr
  • Le Xylocope violacé, alias l’Abeille charpentière, avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza