L’araignée Xystique

Araignée Xystique et Punaise arlequin.

Fatale rencontre pour le Graphosome italien, familier des ombellifères.

La sombre et sobre livrée de l’araignée Xystique : sans les couleurs et la fantaisie de la plupart des araignées-crabes.

Araignée Xystique et Téléphore moine.

Taille maxi : 8 mm. Visible d’avril à septembre.

Avec les deux longues paires de pattes avant écartées lorsqu’elle est l’affût. Puis vivement rabattues pour enserrer la proie. Voilà une araignée-crabe de la famille des Thomises. Mais l’araignée Xystique n’a pas l’éclat laiteux du Thomise variable. Ni l’originalité du décor de son cousin le Thomise Napoléon !

À vrai dire, le genre Xysticus rassemble plusieurs espèces bien difficiles à distinguer. Sauf quelques points communs. Ainsi une dominante plutôt sombre. Notamment sur le dessus de l’abdomen où une ligne, voire des pointillés brun foncé marquent la lisière de flancs généralement fauves. 

Sur cette base, le décor minimaliste se résume à quelques lignes ou chevrons clairs, parfois à peine perceptibles. Enfin, sur le dessus du thorax, un triangle plus ou moins foncé s’inscrit dans un rectangle clair, la pointe généralement bien visible orientée vers l’abdomen.

Coléoptères, syrphes, abeilles ou papillons… La visite des ombellifères notamment peut ainsi être fatale. Tant l’araignée Xystique a l’art du patient camouflage. Et, surtout, la détente infaillible pour tout ce qui passe à sa portée.

Araignée Xystique et Cétoine à tarière.

La petite Cétoine à tarière n’a même pas eu le temps de réagir.

Araignée Xystique et Chloromyie agréable.

Les deux pattes avant enserrent la Chloromyie agréable pour l’imparable baiser de la mort.

En savoir plus : 

  • Araignées de France et d’Europe, Michael J. Robert, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 1997, Delachaux & Niestlé.
  • Le Xystique crêté avec le site de l’Inventaire nationale du patrimoine naturel (INPN)
  • Le Xystique ulmi avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

La parade nuptiale de l’Éristale

Parade nuptiale de l'Éristale interrompu.

En vol stationnaire. De fleur en fleur ! Quand Messieurs Éristale interrompu poursuivent Madame de leurs assiduités…

Éristale interrompu, femelle.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mars à octobre.  Ici yeux disjoints et marques triangulaires jaunes estompées pour la femelle.

Pas toujours facile de distinguer les syrphes entre eux. Notamment l’Éristale des arbustes (Eristalis arbustorum) et l’Éristale interrompu (Eristalis interrupta). L’un et l’autre sont de taille moyenne (environ 1 cm) et leur silhouette peut aisément se confondre.

Éristale interrompu, mâle.

Yeux joints et marques triangulaires jaunes plus présentes pour le mâle.

Thorax doré, ailes hyalines, abdomen noir rayé de blanc avec les fameuses marques triangulaires jaunes, plutôt discrètes chez la femelle, plus présentes chez le mâle. Alors comment les distinguer ?

Le plus sûr moyen est d’être là au bon moment ! Monsieur Éristale interrompu se livre en effet à une parade nuptiale à nulle autre pareille chez les Éristales. Une application originale pour la virtuosité des syrphes en matière de vol stationnaire !

Ainsi, lorsqu’un mâle rencontre une éventuelle partenaire, il lui colle aux basques, de fleur en fleur, quelques centimètres au dessus d’elle. Plusieurs mâles peuvent même voler à l’aplomb d’une seule femelle. Deux, trois quatre… Difficile de savoir comment elle fait son choix. Mais, s’ils finissent par se chamailler, elle les plante là, tout penauds, et disparaît comme elle est venue. Relous !

Parade nuptiale de l'Éristale interrompu.

Y-a-t-il une règle du jeu, un ordre de préséance entre les mâles volant au dessus de celle qui continue à butiner comme si de rien n’était ? Ils s’étagent sans difficulté à l’aplomb de celle-ci tant qu’ils restent deux voire trois. Mais, au-delà, vient vite la foire d’empoigne et… la fuite de la belle. Quand c’est trop, c’est trop.

Parade nuptiale dans une station de menthe sauvage.

Toute à son butinage de la Reine des prés, Madame semble indifférente aux assiduités de Monsieur.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Éristale interrompu avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

Mme Chloromyie agréable

Mme Chloromyie agréable sur inflorescence d'achillée.

Une petite mouche verte et bleue à l’abdomen plat : Mme Chloromyie agréable est familière du jardin. Une aubaine pour le tas de compost.

Mme Chloromyie agréable sur inflorescence d'achillée.Après Monsieur et son abdomen doré il y a quelque temps, voilà Mme Chloromyie agréable (Chloromyia formosa) tout aussi éclatante. Même thorax un peu cabossé, vert métallique jusqu’au scutellumn. Même petite tête noire aux yeux finement velus. Mêmes ailes fumées qui, une fois n’est pas coutume, sont ici bien écartées.

La principale différence avec Monsieur n’en est que plus visible. Pas d’éclats mordorés pour l’abdomen, plat dessous, rebondi dessus, mais un vert-bleu étincelant dont les reflets métalliques deviennent franchement bleutés, voire violacés, en face dorsale.

Et tant mieux si votre potager en accueille quelques unes ! Friandes de matières organiques, leurs larves se développent ordinairement parmi les débris végétaux des sous-bois. Elles collaborent ainsi à la fabrication de l’humus. Mais, à défaut, elle participeront volontiers à la « digestion » de votre tas de compost.

Mme Chloromyie agréable sur inflorescence d'achillée.

À noter, autre caractéristique de l’espèce, des pattes noirs aux « coudes » jaune orangé.

Monsieur et son abdomen doré en pause au bord d’une haie.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • La Chloromyie agréable avec le site quelestcetanimal.com
  • La Chloromyie agréable avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza