L’Araignée-crabe

Araignée crabe, Thomise variable (Misumena vatia) "saignant" sa proie / Une jardin dans le Marais poitevin.

Ses pattes et sa démarche lui valent le surnom d’araignée-crabe. Le Thomise variable est surtout un redoutable chasseur à l’affût.

Araignée crabe, Thomise variable (Misumena vatia) passant l'obstacle des pétales de cosmos / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mai à juillet.

C’est là-haut que cela se passe. Pour le Thomise variable (Misumena vatia), tout commence donc par une séance d’escalade. Parvenu au coeur de la fleur, ou caché parmi les pétales, il lui suffit alors de beaucoup de patience. En digne membre de la famille des « araignées-crabes », il n’en manque pas.

Thomise variable (Misumena vatia) à l'affût au coeur d'une fleur de cosmos / Un jardin dans le Marais poitevin.Ainsi figée pendant des lustres, la petite araignée est étrangement belle. Le corps blanc nacré, barré d’une ligne latérale rouge orangé, le thorax et les « pattes de crabes » presque translucides. Prête à saisir le premier butineur venu.

Bingo ! Voilà un bourdon des prés. Plus gros qu’elle ? Pas de quoi l’intimider pour autant. L’attaque est en effet foudroyante. Les longues pattes avant enserrent la proie. Puis une morsure à la nuque. Et c’est fini. Il n’y a plus qu’à déguster. 

Dans la bataille, la fleur s’est légèrement couchée. Bien campé à l’arrière des pétales, l’araignée-crabe ne perd pas de temps. Elle « saigne » aussitôt le bourdon en commençant par l’abdomen. Cela va durer des heures.

Ton sur ton avec les pétales de marguerite. Le Thomise variable « siphonne » sa proie, une abeille venue butiner. On perçoit bien ici les deux lignes vertes marquant habituellement le thorax de « l’araignée-crabe des fleurs ».

Le Thomise dans tous ses états..

Thomise variable, mâle, sur feuille de Sauge de Jérusalem.

Le mâle du Thomise variable est du genre gringalet…

Thomises variables, femelle et mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.

… mais cela ne l’empêche pas de jouer son rôle, dans un couple à la Dubout !

Les pattes avant relevées et écartées, dans l’attitude caractéristique des araignées crabes à l’affût, sur l’inflorescence d’une scabieuse.

Dans sa forme jaune citron, le thomise vient de capturer un syrphe.

Un cousin : le Thomise enflé (Thomisus onustus) reconnaissable à la forme anguleuse de l’abdomen (plus globuleux chez le variable). La tête présente également deux tubercules portant les yeux latéraux.

Au bord d’une fleur de lys. Sortie de nulle part, la Thomise variable n’a laissé aucune chance au syrphe venu se régaler de pollen…

Telle est prise qui croyait prendre…

La Pélopée maçonne vient de capturer, piquer et anesthésier l’araignée-crabe à l’affût sur l’Eupatoire à feuilles de chanvre.. C’est sa spécialité : l’élégante guêpe chasse les araignées pour garnir le garde-manger de sa progéniture.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza 

 

Le Gomphe à pinces

Gomphe à pinces, mâle.

Canicule oblige, Monsieur Gomphe à pinces chasse plutôt au petit matin. Avant que le jardin ne suffoque sous la chape brûlante.

La « pince à sucre » !

Fondu dans les couleurs déjà jaunissantes de ce coin de jardin, Monsieur Gomphe à pinces (Onychogomphus forcipatus), alias le Gomphe à forceps, est ici à l’affût. Ailes transparentes, yeux verts nettement séparés, face, thorax et abdomen en jaune et noir…. Il se laisse volontier approcher.

Le Gomphe à pinces.

Longueur maxi : 50 mm. Visible de mai à septembre.

L’espèce doit son nom aux « appendices anaux » du mâle. Rien à voir avec la fonction digestive des libellules. C’est plutôt lors de leurs acrobatiques accouplements que les dits-appendices sont utiles. Pour s’accrocher l’un l’autre. Ils sont ici assez spectaculaires. Trois crochets forment ainsi une véritable petite « pince à sucre ». On imagine l’efficacité du dispositif. Agripper l’arrière de la tête de Madame. Puis l’immobiliser pendant toute la durée de l’opération qui peut s’éterniser… Bonjour la tendresse ! 

Gomphe à pinces, mâle.

Le Gomphes à pinces.

Un très proche cousin

Le Gomphe à crochets (Onychogomphus uncatus) se distingue notamment par ses yeux franchement bleus.

En savoir plus :

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, K.-D.B. Dijkstra, Asmus Schröter, Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellule de Poitou-Charentes, 2009, Nicolas Cotrel (pages 148-149), Éd. Poitou-Charentes nature
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Gomphe à pinces avec le site nature22.com
  • Le Gomphe à crochets avec la site nature22.com

 Photos JF Irastorza 

 

Le Lepture tacheté

Lepture tacheté sur marguerite.

Silhouette effilée, dominante noire et ocre : l’élégant Lepture tacheté participe, par ses larves, à la décomposition des bois morts.

Lepture tacheté sur marguerite.

Taille maxi : 20 mm. Visible surtout de juin à août.

Comme ses cousins, le Lepture fauve ou le Lepture porte-coeur, c’est un grand amateur de pollen facilement accessibles. Actuellement, au jardin, on rencontre le Lepture tacheté (Rutpela maculata) sur les marguerites récemment épanouies mais aussi au bord des haies, sur les ronces en fleurs.

Plus grand que le fauve, il frise les 20 mm. Hors antennes naturellement. Celles-ci, noires, les articulations marquées de jaune, sont d’ailleurs plus longues que le corps. Ainsi affublé, haut sur pattes, la silhouette fuselée, il ne manque pas d’élégance. Outre une barre et deux grosses taches noires, il tient son qualificatif d’une ligne de points plus ou moins prononcés à l’avant de ses élytres jaune ocre.

Si vous rencontrez un Lepture tacheté dans votre jardin, tant mieux. Sans doute y-a-t-il dans les environs quelque arbre mort ou moribond. C’est là, parmi tant d’autres organismes, que se développent ses larves, friandes de fibres en décomposition.

Lepture tacheté (Rutpela maculata) sur fleur de mûrier .

Galerie

Lepture tacheté (Rutpela maculata) sur fleur de Ronce commune / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

Lepture tacheté sur scabieuse.

Lepture tacheté sur marguerite.

Lepture tacheté sur belle-de-jour.

Quelques cousins

Dans la forêt d’étamines de la Reine des prés, le Vrai lepture noir.

À l’escalade d’une tige de marguerite, le Lepture écussonné.

Sur la Spirée du Japon, le Lepture fauve.

Lepture porte-coeur sur bouton de marguerite.

Sur un bouton de marguerite, le Lepture porte-coeur.

Lepture couleur d'or, femelle, sur feuille desséchée de Sauge argentée.

Au revers d’une feuille desséchée de Sauge argentée, le Lepture couleur d’or.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Lepture tacheté avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza