Le Syrphe ceinturé

Syrphe ceinturé en vol stationnaire.

Un inlassable butineur et des larves siphonneuses de pucerons : autant de bonnes raisons d’apprécier la présence du Syrphe ceinturé au jardin !

Syrphe ceinturé sur rosier grimpant.Son allure de petite guêpe le met (un peu) à l’abri de la convoitise des prédateurs. On aurait cependant tort de redouter le Syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus). Non seulement il ne pique pas mais c’est sans doute l’un des plus efficaces auxiliaires du jardin !

Comme tous les syrphes, c’est Syrphe ceinturé sur inflorescence de Pimprenelle.d’abord un infatigable butineur. On le repère assez facilement à son vol stationnaire au dessus des fleurs qu’il semble choisir avec soin. Les yeux bordeaux, la face blanche, il est surtout remarquable par son abdomen étroit ceinturé de noir et de jaune orangé.

Mais ce n’est pas tout. Comme le Syrphe des corolles par exemple, sa présence au jardin est tout bénéfice pour lutter contre les pucerons. D’autant plus que la femelle est peu regardante. Elle pond ainsi à proximité des colonies, aussi bien sur les rosiers que les haricots verts ou les tomates ! Qu’importe la couleur des pucerons… Une seule larve, estime-t-on, peut en dévorer un bon millier. Ou plutôt les « siphonner » puisqu’elles en aspirent les liquides internes. Sans craindre les fourmis. Qui dit mieux ?

Syrphe ceinturé sur inflorescence de Crépis.

Début juin. Du pollen en veux-tu en voilà, devant la forêt d’étamines d’une fleur de ronce.

Mi mai. Dégustation de pollen sur fleur de fraisier.

Fin mai. Madame Syrphe ceinturé en ponte sur une tête d’artichaut. Dans quelques jours, une armée de larves sera à pied d’oeuvre. Les pucerons noirs n’ont qu’à bien se tenir !

Où la Sauge farineuse cache-t-elle ses petits sacs de pollen ? Le Syrphe ceinturé les a vite trouvés. Au creux de l’étroite lèvre supérieure de la corolle.

Début octobre. À l’approche de la Phacélie et de ses anthères violacés.

Début mai. À l’approche des étamines de l’Ancolie.

Fin mai. Dégustation de pollen sur les étamines du coquelicot.

Début juin. Sur les premiers épis fleuris de la Salicaire.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

L’Éristale opiniâtre

L’Éristale opiniâtre n’est pas seulement précieux pour ses qualités de butineur. Ses larves participent aussi à l’assainissement des eaux stagnantes.

Taille maxi : 13 mm. Visible de mars à novembre.

Dans une dominante brun foncé, rehaussée de deux taches triangulaires orangées à l’avant de l’abdomen, l’Éristale opiniâtre (Eristalis pertinax) se donne des allures d’abeille.

Les reflets roussâtres du thorax velu se diffusent sur le fin duvet de l’abdomen conique et sur les ailes légèrement fumées. Seuls les tarses des pattes avant et médianes se distinguent par leur couleur jaune orangé. Voilà d’ailleurs un des détails les plus caractéristiques pour le distinguer de son très proche cousin, l’Éristale tenace.

Délicat lorsqu’il butine, l’Éristale opiniâtre l’est un peu moins pour l’installation de ses larves. Comme toutes les Éristales, il pond en effet dans les eaux stagnantes les plus « chargées ». Et même dans le purin. Il contribue du même coup à leur épuration. Les fameux « vers à queue de rat » (ladite queue leur permet de respirer à la manière d’un tuba) s’y nourrissent en effet des matières organiques en décomposition. Aussi utile que peu ragoutant ! 

Les marques triangulaire jaune orangé dessinent un sablier sur le deuxième segment abdominal.

Un cousin tenace

L’Éristale tenace, : face claire et  tarses avant et médians sombres, en automne sur une inflorescence de lierre.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Éristale opiniâtre avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

La Mégachile du rosier

Mégachile du rosier sur fleur de bourrache.

Minutieuse Mégachile du rosier ! À l’image des feuilles soigneusement découpées pour tapisser le nid de ses larves.

Mégachile du rosier sur inflorescence de crépis.

Taille maxi : 11 mm. Visible de juin à août.

Pas de brosse collectrice de pollen aux pattes arrière des mégachiles.  Mais sur l’abdomen ! C’est d’ailleurs ce qui frappe tout d’abord chez la Mégachile du rosier (M. centuncularis) : un ventre rebondi, jaune vif, à force de poussière d’or accrochée aux longs poils, raides et orangés, de sa brosse collectrice.

Les précieuses provisions sont réparties dans les cellules des futures larves qui s’en nourriront. Au creux d’un bambou par exemple où la nurserie est soigneusement aménagée. Avec des feuilles, notamment de rosier. D’où son nom.

Elle y découpe de petits confettis dont elle tapisse les parois du nid. Sans véritable dommage pour le rosier. Sinon esthétique peut-être en cas de prélèvement massif. Cela dit, mieux vaut quelques mégachiles qu’une attaque de rouille, d’oïdium, de mildiou ou de taches noires !

La Mégachile du rosier, ici sur inflorescence de Crépis,  l’abdomen relevé dans une posture caractéristique lorsqu’elle butine le nectar.

Au bord de la Sèvre sur les petites corolles fripées de la salicaire.

Début octobre. Tant qu’il y a du soleil ! Ici sur le massif d’asters.

Pluie, vent, ciel gris : un temps à… patienter, ici sur une feuille de coqueret du Pérou.

Vous avez dit « du rosier » ?

Si les rosiers n’ont pas grand chose à craindre de la petite mégachile, il en va autrement de la Tenthrède du même nom qui en incise les jeunes pousses pour y installer sa progéniture : des « psuedo chenilles » particulièrement goulues !

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Megachile centuncularis avec la galerie du site insecte.org
  • Les mégachiles avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza