Le Charançon de la Salicaire

Charançon de la Salicaire sur sa plante hôte.

Comme ses larves, le Charançon de la Salicaire a un goût exclusif pour sa plante hôte dont il contient ainsi un peu les ardeurs invasives.

Charançon de la Salicaire sur sa plante hôte.Une silhouette sans surprise. Trapue, ovoïde, avec une petite tête incrustée dans un thorax rond. Gros yeux et long « nez » recourbé : comme un masque carnavalesque affublé de solides antennes coudées. Bref, c’est bien un charançon. Assez semblable à la plupart de ses cousins et pourtant reconnaissable au premier coup d’oeil.

Le Charançon de la Salicaire (Hylobius transversovittatus) n’a en effet pas son pareil ! Par la couleur tout d’abord. Entre brun cramoisi et rouge vénitien. L’ensemble est ensuite très fortement ponctué, des élytres au rostre en passant par le thorax. À noter enfin des fémurs enflés et deux lignes de petites taches jaune clair sur les élytres.

C’est peu dire que ce charançon-ci est inféodé aux zones humides. En fait, comme son nom le suggère, il est surtout inséparable de sa plante hôte. Les adultes en grignotent les feuilles. Plus insidieuses, les larves se développent dans les racines ligneuses de la souche. Ainsi, le petit coléoptère participe discrètement à la régulation de la Salicaire réputée envahissante.

Le Charançon de la Salicaire ne présente pas toujours cette dominante cramoisie, le brun foncé étant souvent alors de rigueur. Les mouchetures jaune clair – en fait de petites touffes de poils – trouvent un discret écho à l’arrière du thorax et à la base des élytres.

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Le Criquet noir-ébène

Criquet noir-ébène sur Sauge officinale.

Comme son nom le suggère, la dominante du Criquet noir-ébène est noire, contrastant avec la pointe rouge orangé de l’abdomen. Du moins chez le mâle.

Criquet noir-ébène sur touffe de mélisse.

Posté sur le feuillage fané de la mélisse, Roméo se laisse aller au langoureux vibrato de ses fémurs frottés contre les ailes.

Mimétisme aidant, le Criquet noir-ébène (Omocestus rufipes) passe quasi inaperçu lorsqu’il prend position sur le feuillage fané de la mélisse. Il se détache mieux, tout à côté, sur celui bien vert de la Sauge officinale.

Le contraste saute alors aux yeux entre la dominante noire (d’où son nom) et la pointe rougeoyante de l’abdomen. Il s’agit ici d’un mâle dont le dessus est café-au-lait quand celui de la femelle est vert.

Il n’est pas là pour manger. Comme la plupart des criquets, il fait en effet son ordinaire de graminées et de plantes herbacées. Il suffit de s’éloigner un peu pour comprendre : ses fémurs se redressent bientôt et se mettent à vibrer, frottant contre le bord des ailes à la manière d’un archet. Sur les aromatiques du jardin, il prend ainsi simplement un peu de hauteur pour « chanter » et mieux se faire entendre des belles alentour !

Criquet noir-ébène sur feuille de sauge officinale.

Un liseré beige souligne la sinuosité des carènes en bordure du thorax.

Autres signes distinctifs : une tache blanche sur l’extrémité noire des ailes ; les deux tiers avant de l’abdomen noirs rayés de blanc ; extrémités des palpes blanches (pièces buccales bien visibles ici).

Carènes également flexueuses, avant de l’abdomen noir rayé de clair… Pour le reste, le dimorphisme est important avec le mâle qui seul justifie de la qualificatif « noir-ébène » de l’espèce. À noter le dessus vert clair : Madame est d’autant plus difficile à distinguer dans l’herbe des allées du jardin…

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Le Citron nouveau est arrivé !

Citron sur Salicaire.

D’un été à l’autre ! Chez le spectaculaire Citron, le passage de relai a lieu actuellement, avec la Salicaire et la Menthe aquatique pour témoins.

La vieille garde lâche prise progressivement depuis le début d’été. Après avoir traverser quatre saisons. Sacré exploit. Le Citron (Goneptryx rhamni) est en effet un des rares papillons à vivre une année complète en une seule génération. Mais tout a une fin. Le Citron nouveau vient donc d’arriver !

Fin juillet, début août. Au bord des fossés du marais, la Salicaine et la Menthe aquatique lui font bon accueil. Il s’y repaît longuement de nectar, les ailes toujours refermées. L’exception confirmant la règle, elles sont ici légèrement entrouvertes, laissant (un peu) entrevoir leur avers jaune vif pointé d’orange. 

Le revers est moins voyant. Jaune vert, fortement nervuré, avec une découpe évoquant une feuille, il pousse le mimétisme jusqu’à présenter des taches roussâtres, à la manière de quelque maladie foliaire. 

Camouflage aidant, le Citron a intérêt à se ménager, avec la faculté de se mettre « en pause » en cas de trop forte canicule puis, bien-sûr, pendant l’hiver. Car il ne s’accouplera qu’au printemps prochain pour passer le relai au milieu de l’été. Sacré bail !

Spectaculaire en vol, le Citron est souvent beaucoup plus discret dès qu’il se pose. Une manière toute personnelle de se fondre dans la végétation.

Les quatre saisons du Citron : au sortir de l’hiver

Après la longue dormance hivernale, dès les premiers beaux jours de février, bain de soleil revigorant pour le Citron au pied d’une haie du jardin.

Début mars 2022. Heureusement, quand tout semble endormis par ailleurs, on peut toujours compter sur les pissenlits !

Le printemps

Mi-juin 2020. Très pâle sous le soleil, Madame butine les petites fleurs mauves de la Brunelle sauvage.

Mi-juin 2020. La face dorsale de Madame est très claire, blanc verdâtre. Le cliché n’est pas d’une grande netteté mais c’est si rare de saisir le Citron les ailes grandes ouvertes !

Fin mai 2021. Sur une inflorescence de Scabieuse.

Mi juin 2022. Première marguerite pour Madame…

L’été

Fin juin 2024. Sur la généreuse Verveine de Buenos Aires.

Fin juin 2024. Une valeur sûre tout l’été ou presque : les hauts épis de la Salicaire.

Fin juillet 2021. Sur une inflorescence de cardère.

Début juillet 2023. Sur un capitule de Cirse commun.

L’automne

Mi septembre 2021. Le jaune citron transparaît un peu dans le contre-jour.

Début octobre 2022. Feuilles parmi les feuilles, plus que jamais !

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