L’Azuré de la faucille

Azuré de la faucille

Et un nouveau « Petit bleu » au jardin ! La principale singularité de l’Azuré de la faucille, alias le Rase-queue, ne saute pas aux yeux.

Azuré de la faucilleQuand il passe au jardin, d’un vol rapide et imprévisible, on peut le confondre avec son cousin l’Azuré des nerpruns. Surtout le mâle au dessus bleu vif surligné de noir. Mais il suffit que l’Azuré de la faucille (Cupido alcetas) s’arrête quelques instants dans les allées visiter la Luzerne lupuline. On comprend vite alors son autre nom vernaculaire : l’Argus Rase-queue !

Pour le moins rase en effet. À peine une petite pointe. Sans le filet noir extérieur des postérieures elle passerait inaperçue. Autre indice : un point noir tout à côté, coiffé d’une lunule grise, avec un écho estompé à proximité. Chez certains individus, lesdites lunules sont teintées d’orangé.

D’un sexe l’autre, le revers des ailes hésite entre bleu clair et gris. Le dimorphisme intervient surtout lorsque s’ouvrent les ailes. Avec une dominante brun foncé, pour ne pas dire noire, chez la femelle. Particulièrement lumineux, avec une simple et fine bordure noire, le mâle balance pour sa part entre bleu soutenu et violet.

Azuré de la faucille

Petits bleus : l'Azuré des nerpruns sur la moutarde blanche.

Un revers également gris bleu semé de petites taches noires pour l’Azuré des nerpruns et pas de fin liseré noir. Encore moins de petite queue. Pas même esquissée !

Un autre « Petit bleu » dans les allées du jardin : l’Azuré commun dont le mâle, ici, présente également une livrée bleu vif soulignée d’une fine marge noire.

Riquiqui certes mais pas rases ! Les appendices de l’Azuré porte-queue se réduisent à de fins et courts filaments, signalés par une combinaison de taches orangées et de lunules bleues.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

Le Cercope sanguin

Cercope sanguin.

Champion du saut en hauteur, comme en longueur, le Cercope sanguin est un petit piqueur-suceur sorti d’un « crachat de coucou ».

Cercope sanguin.

Taille maxi : 10 mm. Visible d’avril août.

Comme sa cousine la Cicadelle verte, le Cercope sanguin (Cercopis vulnerata) a une sacrée détente ! Telles de puissants ressorts, ses pattes médianes et arrière le propulsent jusqu’à un mètre de là à la moindre alerte. Et le saut peut se prolonger d’un véritable vol en cas de réel danger.

Autre particularité de la famille : l’écume dont se recouvrent les larves pour se protéger. Les fameux « crachats de coucou ». Le plus souvent, on trouve ces amas spumeux sur la partie aérienne des plantes sauvages. Mais aussi au jardin sur les vivaces et les aromatiques notamment. Plutôt à l’aisselle des feuilles pour éviter le glissement du manchon le long de la tige. Cela dit, certaines larves préfèrent s’établir au niveau du sol. Au plus près des racines. Toujours enveloppées d’écume. Cela semble être le cas pour le Cercope sanguin.

Les ailes rouges et noires en bâtière, voilà un « piqueur-suceur » qui – comme sa progéniture – se nourrit de sève. Sauf infestation massive, il n’y a pas de véritable dégât à craindre. Pas même pour le « crachat » qui s’évanouit très vite après la nymphose.

Cercope sanguin.

Comme les pétales d’une fleur stylisée. Des taches rouges d’abord pointues à la naissance des ailes, puis vaguement rectangulaires, dessinant enfin un grand W sur fond noir.

Un proche cousin, le Cercope intermédiaire (Cercopis intermedia), orné des mêmes marques rouges beaucoup moins prononcées. Se distingue surtout par ses « genoux » rouges. Ses larves se développent également au niveau du sol, près des racines, dans un manchon spumeux.

Les crachats de coucou

Un « crachat de coucou » bien campé dans la ramure d’un pied de lychnis. On y devine la silhouette verte de la larve, au plus près de la tige qu’elle pique pour en sucer la sève.

À l’aisselle d’une feuille d’oseille sauvage. Les crachats du Cercope sanguin sont moins faciles à repérer, au raz du sol, au plus près des racines. D’une manière générale, « fabriqué » par la larve elle-même à partir de ses excrétions, le manchon spumeux assure à la fois la protection et la régulation thermique de son hôte tout en évitant son dessèchement.

Il suffit d’écarter légèrement la « bave » pour découvrir la larve : on distingue bien ici tête et pattes sur une silhouette qui préfigure déjà le futur cercope.

En savoir plus :

  • Vincent Albouy et Denis Richard, 2017, Coléoptères d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Le Cercope sanguin avec le site quelqetscetanimal.com
  • Qui est ce Cercope, identification, avec le site lanaturedepres.fr

Photos JF Irastorza

 

Le Célioxe quatre-dents

Célioxe quatre-dents

Les abeilles Mégachiles coupeuses de feuilles ne devraient plus tarder : voilà déjà le Célioxe quatre-dents, une de leurs abeilles-coucous attitrées !

Célioxe quatre-dentsUn costume en noir et blanc. Pourpoint grisonnant avec rappel facial. Abdomen triangulaire taché et rayé de blanc : une large marque latérale sur le premier segment puis des bandes feutrées rétrécies en leur milieu. Voilà une petite abeille sauvage émergeante chaque année au début du mois de mai. Depuis quelques jours, plutôt précoce, ce Célioxe quatre-dents (Coelioxys quadritentata) a pris ses habitudes ici sur la nappe de sarriette en fleurs.

Quatre dents ? Allusion aux épines qui hérissent la pointe abdominale des mâles. Elles sont six à vrai dire mais bien quatre « grosses » centrales avec une plus petite de part et d’autre. De véritables armes dont usent ces messieurs pour défendre leur territoire.

Les femelles ne semblent pas encore arrivées. Rien ne presse il est vrai. Car, en bonnes abeilles-coucous, elles calquent leur cycle de vie que celui de leurs cibles. En l’occurrence les « coupeuses de feuilles », les Mégachiles, dont les premiers bataillons débarqueront d’ici une quinzaine.

Célioxe quatre-dents

Une large tache blanche latérale sur le premier segment abdominal puis des bandes blanches feutrées rétrécies en leur milieu.

Une autre abeille sauvage dont le mâle est également armé d’épines abdominales : Monsieur Anthidie sept-épines ici endormi et accroché à une herbe sèche à l’aide de ses mandibules. On distingue là assez bien lesdites épines : trois au centre plus deux de part et d’autre.

En savoir pluS :

  • Bellmann 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Les Mégachiles avec le site aramel.free.fr